CHAPITRE V. lo
décharges d'artillerie. La fusillade ayant An i5^4. duré jusqu'à midi sans que le duc fit faire !e moindre mouvement à ses troupes , le général espagnol se décida à l'attaquer. Il ordonna au prince de Salerne de s'ébranler lentement avec ses Italiens, afin d'attirer l'attention des bandes françaises, pendant que les Lansquenets devaient fondre sur les Suisses. Du premier abord monsieur de Thais prit le change ; croyant que l'ennemi marchait à lui, il s'avança à sa rencontre , et découvrit par ce faux mouvement le flanc droit Ae& Suisses qu'il devait appuyer; heureusement il fut encore à temps de réparer cette faute en reprenant sa place avant ffue l'ennemi s'y fût jeté. Le marquis Du-Guast remarqua le mouvement rétrograde que faisait cette troupe pour reprendre son premier terrain , et il divisa les Lansquenets en deux corps, dont l'un devait attaquer les Suisses , l'autre les bandes françaises ; il ordonna en même temps à la cavalerie de son aile gauche de s'avancer à la hauteur des Lansquenets, pour prendre en flanc l'infanterie ennemie aussitôt que le combat des' piquiers serait engagé ; mais à peine les cavaliers toscans s étaient-ils avancés de quelques pas hors de la ligue, que monsieur de Termes les chargea à la tête de ses chevaux légers , et les culbuta Bur l'infanterie du prince de Salerne qu'il
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Afi t544. attaqua sans perte de temps , de sortfl que, quoique repoussa, et fait luUmêina prisonnier , son hardiesse n'en fut pai moins très-utile au succès de la journée, en ce qu'elle empêcha le prince de Saleme de se porter sur le flanc des bandes françaises que les Lansquenets combattaient de front. Nous avons dit que te général espagnol avait divisé cette troupe en deux, pour assaillir à la fois les Français et les Suisses , qui les voyant s'ap' procher, s'avancèrent la pique basse à leur rencontre. Le choc fût terrible , le premier rang de part et d'autre lut entièrement terrassé ; malheureusement pour les Impériaux, un corps de cavalerie qui se retirait en désordre heurta dans leur front, et y apporta la confusion; dans ce moment l'ennemi r^oublanl d'efforts revint à la charge , et le duc d'Enfhien qui avait tiré de ses derniers rangs es soldats pour alonger son front , déborda la masse allemande , pendant que monsieur de Bouttières la chargea avec la petite troupe qu'il commandait; après une résistance courageuse les Lansquenets commencèrent à faiblir; et dans la nécessité où ils se trouvaient de perdre terrain, l'inconvénient de l'ordre profond eut les suites les plus funestes. Pendant que l'on combattait ainsi au rentre des deux armées, Du-Guast marc h i en peiv Sonne contre la gauche des Français .ik