CHAPITRE Vi
d'abattre le courage le plas intrépide; éga- Aa i55i. lement maltraité par l'empereur et par le roi de France (i), il se voyait encore iJ,og«™.p"*" mal obéi de ses propres sujets ; ses ordres n'étaient reçu» qu'autant qu'il plaisait à ses vassaux de les exécuter; l'audace criminelle des factieux augmentait avec leur nombre , et ils se livraient sans réserve au délire de l'insubordination (a); la famine , les tremblemens de terre , les maladies contagieuses , le débordement des eaux, les phénomènes les plus
(a) N'ouï ne cileron» qu'un seul eiemple de la licence de ces temps m^heureux, Charles Fil vou- . lant faire esecuttr quelipies dispositions dans Is marquisat de IMasierart y envoya te capitaÏDe Peccio, gentilhomme verceillais , et cette mesure ayaBt d^plu au marquis , il fit secrètement enfermer Peccio dans le fond d'une tour du château de Gaglbnico ; après bien de recherches inutiles pour le refrouver , l'on soupçonna qu'il pouvait avoir é\é assassine par deux hommes suspects, qui prévenus de ce cnrae, furent emprisonnés ; les tourmens de la question ayant, arraché k ces malheureux l'aveu d'un assassinat qu'ils n'avaient point commis , ils furcut mis à mort, et le marquis de Mas sera n , qui était alors à la cour, vit exécuter ces victimes infortunées avec la tranquillité d'un coupable endurci. £nfin dix-huit ans après, Antoine de Saluées s'étant emparé de Gaglianjco, déterra le malheureux prisonnier nud' et mourant.: Peccio rendu a la vie et à la liberté , trouva en retournant à Verc(!il, sa femme mariée i un autttt ] et son bien dis:iipff par ses «nfans.
Délia Chiesa. Cronîca reale, cap. i5, pagt 309- — Bûivitt ,, Uv. 7.
1 18 GUERBES DU PIEMONT
ÂK i53i. effi-ayans de la jiature aggravaient encore les malheurs ïfu Piémont ; et les étrangers qui avaient des vues sur cette province profitaient de l'erreur et de la misère du peuple pour miner sourdeinent les liens qui l'attachaient à son ancien souverain. Nous avons dit que Charle-Quint désirait l'échange du Piémont contre la Flandre , ou la Bourgogne. François l.^' songeait de son côté à le réunir à sa couronne , et il en fît la proposition au duc ; en lui offrant de le dédommager en Provence et en Dauphiné , de manière à arrondir la Savoie et le comté de Nice; mais au milieu des reproches de faiblesse que l'on fait justement à Charles, on ne peut disconvenir de la fermeté T5«i "ïTîïîf EiT 1"'* montra dans cette occasion (i)'; '"''iÏÏ'r'^'T^ et ce lut en perdant tout espoir de Kiucbi™. suuû réussir dans son dessein , que Ferdinand deGonzague, successeur, du marquis Jju- Guast, proposa à l'empereur de réduire en désert la partie du Piémont qui borde le pied des alpes. Ce prince s'étant refusé avec horreur à ce projet barbare , ses agens , autant que ceux de François I.*', ne négligeaient aucun des moyens que la ruse la plus adroite pouvait leur offrir pour nuire au duc de Savoie j le peuple accablé par les impôts , et par l'entretien des troupes , manqua des - moyens de subsistance »