CHAPITRE- XIII
une ligue offensive et défensive avec le 4h 1S57. pape Paul IV: le but de cette alliance etail de chasser les Espagnols du royaume de Naples, qui devait demeurer a la France, sous la déduction des provinces démembrées en faveur des Caraffes ; le vieux pontife, après avoir été porté à attiser le feu de la guerre par l'intriguante ambition de ses neveux, fut aussi surpris qu'irrité de la conclusion d'un traité qui l'exposait à la vengeance de l'empereur : forçant cependant son ?
■caractère ordinairement peu capable de plier, il feignit d'approuver la suspension d'armes, et pendant qu'il envoyait k Bruxelles et à Paris des nonces, chargés de solliciter ces deux cours à la conclusion d'un traité définitif, le cardinal Caraffe travaillait à décider le monarque français à reprendre les armes :
Caraffe ne trouva d'opposition à son projet que daiis la sagesse du connétable de Montmorenci ; mais le crédit de ce ministre tint peu contre l'influence des Guises, et surtout contre celle de Diane de Poitiers : la guerre fut de nouveau résolue, et l'alliance signée entre le roi et le pape. Paul ayant appris la nouvelle de ce traité ne garda plus de mesure : il fit arrêter l'envoyé du roi d'Espagne, qu'il cita à comparaîlre comme vassal du Saint-Siège pour le royaume de Naples. Cependant le duc d'Âlbe
a46 GUERRES DU PlÉMOKT jta iSS?. après avoir vainement essayé d6 ra* mener le pontife aux voies d'accommodement, entra daus leiat de l'église , et- tout pliant devant lui , ses coureurs se monli^rent sous les murs de Rome même: !e pape effrayé consentit à une trêve qui ne dura pas long-temps; car à peine apprit-il la marche du duc de Guise, qu'il Uissa éclater son ressentiment contre le monarque espagnol. L'armée française destinée à passer dans le royaume de Naples franchit en effet les «Ipes, etse réunit en Piémont, malgré les remontrances de monsieur de Brissac, qui s'opposa inutilement à cette expédition^ pour laquelle il voyait que l'on comptait trop sur les Italiens ; ce n'est pas , disait-il, après avoir vu les princes de Melphe et de Salerne , les ducs de la Somme et d'Ottrie , mendier leur pain parmi nous, ^ue nous dorons attendre de nouveaux efforts en notre faveur : ils ont connu de longue main , au prix de leur bien et de leur sang y quelle est notre légèreté (a). Cet avis n'ayant fait aucune impression sur le ministère , Brissac reçut l'ordre d'agir çiHcacement , et de favoriser le passage
(a) Ces remobtraoces, qui n'étaient pas faites pour plaire à la cour , sont rapportées au hnilième ïnrt des mtfmoir«j da Boivin.
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CHAPITftE xrii. a47
éa diic de Guise. La campagne s'ouvrit jtu iSS?. par la prise de Valence , lâchement rendue le 3o de janvier : il en coûta la vie à la plupart des officiers de la garnison; mais l'entrée de la Loinbardie était ou- -vert« , et l'armée française marchant sur 4a live orientale du Pâ, le rendit VReggio , y joignit le duc da Ferrare , qui ne tarda pas lang-tempB k s'tn séparer de nouveau , et suivit oiifin sa route vers la PouillOt Dès que la duo de Guise ;a'approcha de Plaisance , le marquis de Pescare s'ébranla pour traverser cette jnarohe ; mais après la prise de Valence, monsieur de BriMac passa le Pô k la bftte de dix mille hommes , et prit 'la route dé Milan.
Ce mouvement hardi rappela les Im- :périaax vers la capitale de la Lombar- ■die, qui paraissait menacée ; et le maréchal, qui avait rempli son but, se refu- :sant alors à tout engagement décisif, eut sourent l'avantage dans les eomhat& de détail, qui n'eurent cependant aucune suite.
Quelqu'heureux qu'eût été le dé-, but de cette campagne, Briasac essuyait néanmoins de terribles chagrins : sel garnisons avaient refnai de le suivre en campagne, tant qu'elles ne seraient pas ■payées ; et un grand nombre de ses soldats abandonnaient ses drapeaux pour suivre ceux du duc de Guise. Soit que ■le marquis d^ Pescars- eût connaissantje
24« GUERKES DU PIEMONT
An 1557. de ces désortiresj soit qu'il comptât seiilemeot sur la . supériorité de ses forces , il entra dans la LomelUtie aux premiers iours de février, et il' s'ap* procha de Sartirane , où était le quartier général français: Brissac ne l'àttetr-
,dit pas, il repassa le Pô, et prit posi- , tien à Bassignane : Fescare le suivit $ur la droite de ce fleuve, et le mar -réchal, qui voulait encore éviter une bataille , se retira derrière le Tanaro,
. après avoir jeté sept raille hommes dans Valence , et renforcé (es garnisons de Casai et de-. Moncalve-: le .20 février les Impériaux occupèrent la ligne qne leurs ennemis venaient d'abandonner : Pescare ayant formé le projet de reprendre Valence, s'était porte à Saint- Salvador, à dessein de. se préparer à ce siège , quand instruit de L'étal de la place , et de la force de la igarnison , il changea de dessein , et- il s'attacha à rétablir les fortifications de
-Vignal et de Pont-de-Sture. La por
- sition avantageuse de la première < de ces places assurait les communications du Piémont avec la Lombardie: la seconde le rendait maître d'un point important sur le. Pô, et gênait les' plar ces françaises du Monferrat. Brissac le sentit parfaitement : il songea à prévenir les vues de l'ennemi, en ordonnant qu'on .fortifiât .Moucïar , par où il