CHAPITRE XV. aSr
étolent dnes : ce contre-teint» affligea An îSS^. d'autant plQs Brissac , que les partisans des Français ,. auxqtiels il -eut recours , se refusèrent eux-mêmes à des nouveaux emprunts: dans cette circonstance : enfin la nouvelle de la blessure de Henri II mit le' comble aux désordres; le peuple crut pouvoir secouer tOiit-à*fait le )ou^ dans ce moment de crise ; le petit nombre de pionniers qu'on venait de rassembler avec peine, se refusjiit Ji travailler : les communes s'oppodalent au payement des subsides; et les paysans armés se battaient en Piémont et en Monferrat contre les troupes étrangères.
- Les généraux français et espagnols traignirent que la mort du roi n'apportât vpielqnes nouveaux obstacles à l'exéculion de la paix ; ils sursirent au congé des troupes, en attendant de nouveaux ordres, et Brissac ne tarda pas à recevoir celui de suspendre les démolitions: cette mesure, qu'Ënimanuel Philibert obtint par la médiation de la duchesse son épouse) arriva trop tard: dix -Huit de nos places avaient déjà été démolies : le maréchal, qui regardait cet objet comme très-important (a) , ne se conforma qu'avec peine «ux volontés de la cotir.
(a) n fdut ibUt fbfre abattre, disait-il, pbur ne rira laisser qui pulïte de lî prêt oontt-arier Vs T«]eiit£| du roi. ^ Bttitin U». la. ^
n8a GUERBES DU PI^MOPTT ^niSSg. Cependant de nouvelle» difficultés
«'élevaient chaque jour entre les officiers du duc , et les chefs de l'armée française; ceux-ci refusaient de laisser rentrer dans leurs biens les Piémontais qui en avaient été dépouillés pendant la guerre , avant que le gouvernement fût entièrement rétabli (a); le comte de Masin prétendait au contraire qu'ils devaient leur être restitués dès le jour de la publication dn traité: Brissac refusait de remettre Aveillane au capitaine Barge, que le duc en avait nommé commandant; il trouvait eztraonlinaire qu'on eût donné cette place k un officier qui ■ ne pouvait être bien vu par le gouvernement français (b): Masin soutenait qu'il était libre au duc de Savoie de conférer les emplois aux personnes qu'il en jugeait dignes, sans être obligé à aucune sorte de considération ; et la contestation s'échauffa au point, que le général français menaça de se faire lui-même justice de cet homme.
Emmanuel Philibert, &tigné enfin de$
(a) L'OD voulait prolonger par U la ioMisiance dt ces biens jusqu'après les récoltes aux officiers français qui eu avaient élé investis.
(b) On lui reprochait d'aVoir entretenu Aes intdil- ^aces i Turin , pour remettre la ville tous l'obi'u- «ancc. 4u iac de Sawie.
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plaintes dont on l'assiégeait, envoya en ^»'i5^. Piémont le comte de Coconà, qu'il chargea particulièrement de concerter les détails de l'exécution du traité : Brissac ayant reçu les nouveaux ordres de François II relativement à l'évacuation des places de la Lombardie et du Piémont , en écrivit au duc de ta Sessa , et au comte de Masin , qu'Emmanuel Philibert avait destiné à les recevoir, pendant que le maréchal de Challant prenait possession de la Savoie et de la Bresse : à cette occasion naquirent de nouvelles contestations entre Masin et Brissac; ce dernier prétendait que le district des villes réservées au roi devait lui appartenir tout entier , et. Masin voulait en restreindre les limites à un mille autour de chaque place : ce différend s'étant terminé à ('avantage des Piémontais, par la décision de François 11 , le maréchal suscita de nouvelles prétentions sur l'établissement des douanes qui gênaient le commerce des villes, françaises , et sur le licenciement de son armée: l'argent n'étant pas venu pour payer les arrérages dûs aux troupes qu'on voulait réformer, ce général demanda au comte de Coconà l'agrément de distribuer ses soldats dans les villages; et quand une fois ils s'y trouvèrent cantonnés , on prétendit les faire vivre à ta charge des particuliers qui les logeaient : Coconà se
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recria contre cette surprise; il pria même }e maréchal 4^ rappeler ses troupes dans les garnisons; mais on ne réponuit point k sa demande; et les soldats ainsi dispersés s'abandonnaient à des désordres Insupportables: à Savillan les bourgeois armés attaquèrent la garnison , et il y eut quelques hommes de tbés de part et d'autre- Brissac était vivement affecté de l'indiscipline de son armée, qui ne connaissant plus de frein , osa le menScer lui-même : la garnison de Turin s'étanc insurgée, marcha sur le palais royal , où le maréchal était logé, & dessein de le tuer , s'il ne trourait le moyen de loi payer Jes arriérés de ses gages : les Suisses seuls n'entrèrent pas dans cet horrible complot , et rassemblés afJtont du général, ils firent feu sur les mutins, qu'ils forcèrent à s'éloigner : au bruit de cette insurrection , et dans la vue de partager les dépouilles du général et le butin de la ville , les garnisons des places voisines accoufurefit à Tarin; mais les Suisses les empêchèrent d'y entrer : on ne parvint" cependant k ramener enfin au devoir les soldais égafés, qu'après qu'ils eurent feçu leur paye, au tnoyeri d'un emprunt fait Sur les Juifs : Brissac n'était pas homme à laisser sans châtiment un exemple ausst dangereux; il crut néanmoins ne pas pcravoif ou?trtemenl
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