CHAPITRE XVf. 5o
n'en est pas moios fanatique ; l'un et l'autre appellent du nom de persécution et de tyrannie là guerre que nous venons de décrire; ils dépeignent comme des massacres les combats qui leur furent livrés ; et cependant Léger voulant prouver comment le Ciel Motégeait la causo des insurgés, nous dit lui-même (i), ^ que cette campagne ne leur coûta que quatorze hommes.
, La paix étant faite, et la forti6cation de la Tour et de Mirabouc commeficée , farmée fut dissoute.
La conduite du comte de La-TrinitI) trouva beaucoup de détracteurs à la cour» oix l'on ne s'était point attendu à taut d^ résistance : l'oo accusait le général de mol? lesse et de lenteur , pour n'avoir pas touj^ours , réussi : le récit des opérations de cette campagne prouve la fausseté de ces inculpations.
. La liberté de conscience accordée au^ Vaudois, le départ des étrangers , £.t ^'expérience des malheurs qu' avaieiU:
enlrainés les derniers troubles , faisaient espérer qu(; la tranquillité ferait rétablie pour toujours ; l'on eût dû sans doute le croire, s'il avait été possible de fermer l'entrée de nos montagnes aux esprits turbulens de tous les pays, qui iiherchaient à s'y réfugier, et dont l'inâuence séduisit encore les Vaudois; ceux- .ci étendirent l'exercice de leur culte hors Tom. II. • 20
3o6 GUERRES DU PIEMONT
Jn i56(. des limites fixées par le dernier accord
0) bh*>(ii. (i) , et refusèrent d'exécuter les ar-
rangeniens convenus entre le colonel
Castracaro, gouverneur de la province,
et leurs députés, qu'ils désavouèrent hau-
(OGiu*>><^r '^''"^"'- (^)- '^^ s'adressaient en même
*'' temps aux princes protestans d'Allema-
gne ; et l'on vit arriver de la part de ces princes un ambassadeur extraordinaire à Turin , pour intercéder en faveur des Vaudois , et demander, que l'exercice de ta religion réformée fût gé; néralement permis en Piémont : le oiic de Savoie était loin d'y consentir , et le ministère ayant appris que le secrétaire de cette légation, monsieur David Chaillot* après avoir parlé avec beaucoup d'audace, tenait des assemblées, et y dogmatisait , crut devoir s'assurer de sa
■ t!) Bii»»i». personne (3) : l'ambassadeur chevalier de Zunio protesta hautement contre cette mesure; il obtint la liberté de son secrétaire ; et le procureur ■ fiscal Barberis, qui s'était saisi de sa personne, fut lui-même emprisonné pendant quelque temps; mais si Emmanuel Philibert consentit à donner cette satisfaction à l'ambassadeur , il ne voulut rien innover sur le fait de la reli^on , et le chevalier de Zunio répartit, n'ayant obtenu que la grâce particulière de queN ques individus en faveur desquels il iu'-
«ï**''^''^" tercéda (4): le gouverneur Casiracaro
- CHAPITRE XVI. 3o7
convaincu d'abus de pouvoir, fut rappelé, An i56i. et condamné à une prison perpétuelle :
]a cour 6tant ainsi tout sujet de plainte aux Vaudois., il ne resta plus de prétexte aux' séducteurs qui voulaient exciter des troubles : ils portèrent ailleurs leur dangereuse influence ; et le calme renaquit.