CHAPITRE XVIt. Sog
fleiA mille hommes secrètement arrivés à Ripaille (levaient être introduits dans la ville par le lieutenant Lanche , commandant la porte de Saint-Gervais; suivant cet accord , les Savoyards se rendirent le i3 août à Temié , comptant s'approcher des mors de Genève la nuit suivante : ce[>endant Lanche n'avait paru entrer dans le complot , que pour faire tourner contr'eux-méroes le clessein des Piémontais; et l'on se tenait en armes dans la ville , lorsque le seigneur de Raconis se mit en mouvement: il n'était
Sas loin de Genève , quand son guide isparut ; ta fuite de cet homme donna des soupçons au général piémontais , qui se doutant de quelque surprise, voulut reconnaître lui-même la place, avant d'en ■approcher davantage k la tète des trou-
5 es ; et cette précaution seule |e sauva 'une entière défaite: monsieur de Raconis ayant aperçu le piège qu'on lui ■tendait, reprit la route de Saint-Julien, après avoir inutilement tenté de forcer ie pont d'Arve, pour complaire aux solilats , mécontens de la retraite.
Le mauvais succès de cette tetitativc n'ûta point au duc de Savoie le désir «t l'espoir de s'emparer de Genève ; la protection de la France , et l'alliance des Suisses empêchaient néanmoins le prince - piémontais ' de former seul cette entreprise ; et quand il désespéra d'obtenir de
5(0 GUERRES -DU PÏÉMONT ^>ii588. l'Espagne des secours assez consîdéràbleil pour l'exécuter , il se flatta d'engager la cour de Rome à y prendre part; mais François de Fabri , lequel , quoi<jue Genevois, n'avait pas changé de religion, et que sa naissance autant que ses vertus venaient de porter à l'évêché de Cave, dans le royaume de Naples, se trouvant alors auprès de Sixte V, travailla avec succès à détourner Ce pontife de la détermination qu'il était disrS^%"^'3'."^' posé à prendre , et le projet tomba (i); ainsi la république de Genève, dont les franchises avaient été recueillies et approuvées par un autre Fabri , prince et (0.i.ii>"t*i « éveque de cette ville (2), et qui dès les i'a.^l",^"'^ temps les plus reculés devait de nombreux ùl^p^Ad^ii' services à cette illustre famille, trouva en- *" ^ core dans l'un de ses membres un pro-
tecteur , que son état, sa religion et ses habitudes paraissaient lui avoir ravi.
Depuis i58a l'armée piémontaise ne fut plus rassemblée jusqu'en i5d8, lorsque Charles Emmanuel Conquit le marquisat de Saluces: cette province, qui formaitunétat particulier, vit apporter pendant la guerre du i556 des troubles dans l'ordre naturel de la succession des marquis; et les quatre fils de Marguerite de Foix (a) , après avoir àlterriâtivemefit
(a) Marguerite, sœur du célèbre Gaston de Foiï, nièce de Louis Xll, roi de Frasce, et fenne 4* Louis II , marquis de Saluces.
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