‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 86 sur 176 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

gouverné , furent entièrement oublié» An i586. à la paix % la Franc? s'étaya de la renonciation forcée de Jean -- Louis; et de plus grands intérêts fixant alors l'attention des autres puissances , le marquisat de Saluces aenieura' «ans opposition réuni à la monarchie française. Cependant la maison de Sa- .voie attendait l'occasion favorable de faire valoir ses droits sur cette province: les troubles qui agitaient la France la firent naître ; et une incursion de monsieur de X.esdiguières dans la vallée de Vraïta , où il brûla les églises (i) , offrait un i./'luS.*rt;'.T.! juste motif de guerre. Les troupes de "™b"Sl.ÎM.H; Charles étant à portée de marcher con- ^"cJ^ltù^t^"* tre Carmagnole et contre Cental , l'artillerie et les provisions nécessaires .partirent de Turm le 28 septembre ; les portes de la ville avaient été fermées pendant vingt-quatre heures, pour cacher les préparatifs de ce convoi, dont les Français n'eurent aucune connaissance: ils se croyaient en parfaite su- ■ .reté , lorsque le comte de Leyni se ■ dirigea de Turin vers Carmagnole : Gaspard Ponte , seigneur de Scarnafis , devait le joindre sous les murs de cette .place , avec une colbnne rassemblée à ;Lombriasque , et attaquer en même temps les deux boulevards de Sainte- Marie et de Saint-Jean, qui n'étaient ni fraisés, ni palissades, et qu'où .savait

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5ia GUERBES nu PIEMONT An i588. Susceptibles d'un coup de main ; lej troupes s étant .mises en marche par une nuit irès-sombre , perdirent leur général, qui s'égara; le comte de Leyni .dut être d'autant plus sensible à ce malheur, que Charles Emmanuel allait en personne diriger les attaques: par son ordre, uh corps d'arquebusiers h cheval se porta avec grand bruit le long des fbssés de la ville sur un point -éloigné de celui qu'on se proposait d'assaillir : la garnison prit te change , accourut sur ce point , et dirigea le iea de son artillerie contre les arquebusiers^ qui ayant perdu quelques hommes , s'abandonnèrent à une fuite précipitée :

cependant monsieur de Scarnafis avait répssi il franchir le fossé , et à gagner ■le haut du rempart, avant d'être reconnu ; né trouvant aucune résistance, il s'y était logé, lorsque les Françafe y accoururent, et engagèrent contre lui un combat très -vif; la tête de la colonne piémontaise , presque entièrement composée d'oflîciers, souffrit quelque

Serte; et l'on regretta surtout la mort u comte de Caris , de Philibert de Solar et d'Horace dé Bagnol , jeunes gentilshommes , qui donnaient de très- ^^ grandes espérances (i) ; les capitaines iT.'i,ti«p. sT- Gastaldo et Pugnetto montrèrent dans ul^™- aMi.w» cette occasion le courage le plus bril- >n^> , «un. "i. lant ; ils entrèrent' des premiers dans

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h ville , et ayant repoussé la gafhison , 'An i5(f Sis s'emparèrent de la porte de Moneda , qu'Us' OQvrirent au reste des troupes ; monsieur de Masses, commandant de la ville , donna à sa garnison l'or* dre de' se retirer au château; mais les sôldat piémontais qui s'y trouvaient ien grand nombre , abandonnèrent leur chef, et passèrent Sous les drapeaux de Savoie (i): Charles Emmanuel ayant pris p,12/'â.''V. les mesures les plus' sévères pour qu'on %^2T"S> respectât les habitâtes, ofl ne commit J^';»""" aucun désordre ; les magistrats furent conservés ; et il laissa à la ville. Ses lois , ses droits et ^sès privilèges ; l'on trouva' dans la place le dépôt de toute Fartilterie, que les Français avaient en deçà des alpeS; mais apparemment <m n'y trouva point do 'munitions , puisque le siège du château lût différé jusqu'à l'arrivée du général Cambiano , qui devait venir de Turin , ■avec quinze pièces de canon et l'atti- Yail nécessaire; ce convoi ayant joint le premier jour d'octobre, on dressa le lendemain deux batteries, l'une sur le tyastien de Sainte-Marie , l'autre sur la •place même de la ville,- pour battre la ^brte du châtfeau ; deux ]ours d'un feu 4rès-vif firent taire le canon de la place, «t ruinèrent les défenses ; l'on avança îes batteries , et l'on poussait les ap- 'proches sur le bord de la contr'esciafpe,

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Sii^ GtTERRSS DU PUéMONT Jorsque le commandant arbora . le dra* peau blanc , et obtint de se retirer libre. La même nuit que les Français perdirent Carmagnole, le comte de Luzerne , gouverneur de Coni , surprit Cental : la garnison de la ville s'étant jetée à la hâte dans le château , se rendit , après avoir essuyé quelques coups -de canon; et cette place iut démolie (i). ' Pendant qu'on faisait ainsi la guerre^ le duc de Savoie cherchait k justifier sa conduite : de retour à Turin , il as^ .sembla le corps diplomatique , en prér sence duquel il déclara au résident de France, qu'il n'occupait le marquisat de Saluces , qu'en vue de le sauver au roi contre les entre,prises des Huguenots .rebelles : monsieur des Allines fit à Paris les mêmes protestations, et' cette cour, ne pouvant alors r(Mnpi%. ouvertement avec le Piémont, éclata en plaintes et en menaces; Charles les avait toutes .prévues; elles ne firent aucune impresr sien sur lui ; et son armée ne cessa pas d'agir depuis la prise' de Carma^ gnole : monsieur de Leyni était parti de cette ville le cinq octobre , avec cimj cents chevaux , quatr« mille hommes d'infanterie , et l'artillerie nécessaire aa siège de Saluces : six mille hommes de la milice royîde le joignirent dans sa marche; et il s'approcha avec toiites «es forces de la capitale du marquisat^

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