CHAPITRE XVII. 3l
reaserré depuis quelque temps , et que l'ingénieur Ascanio. Vitozzi avait déjà reconnu ; les forces piémontaises s'étant réunies au village de Riffreddo, le 3i. octobre , Charles s'y rendit le même jour, et l'armée, suivie de ving-huit pièces de gros canon , -s'ébranla le premier novembre sur deux colonnes ; l'une
le duc Emmanuel PhtHbnt attira i son service ; quoique jeune «lors il s'était fait une nfputatioa dans la rucrre de Hongrie , et il reçut en Piémont le grade de capitaine de cavalerie : recherché dans ce temps au service d'Espagne, il s'y refusa ; mais après avoir passé deux fois en France, avec les troupes savoyardes qui marchèrent as secours de Charles IX et de Henri HI, il obtint un congé , pour aller à la guerre qne la république de Vroisc faisait aux Turcs: revenu de celte campagne, il fut nommé naître de camp , et destiné à repasser en France avec les troupes quY conduisait le marquis d'Est'j il reçut â son retour à Turin l'ordre de l'Anoonciade, et la patente de maître de camp général de la cavalerie : Charles Fmmaouel I." en monlaut snr le trône le nomma son écuyer , et lui donna le gouverneneiit de Chivas , alors très-important : Martinengo commanda sous ce règne les armées en Savoie et en Provence , dont il fut liculenant-ge'néral: victime enfin d'une intrigue de cour , il quitta le Piémont en iSg?, et alla cueillir de nouveaux lauriers, et éprouver de plus grandes traverses dans sa jiatrie , oii il mourut en i6ai , âgé de 73 ans II avait épouse à Turin Béatrix de Lan^osc , marquise de PianezEe, veuve du comte du Vesme , et mère de Malhilde , de Béatrii et d'Othon, légitimés d"Em- Kanuel Philibert.
. Lupit. yUa 4et conte Martmeng*.
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3l8 GUEARES nu PI1SM0HT
Aa 1586. investit Rével do côté de la plaine, l'antre se porta sur les roontagnes qui commandent la place : le feu de la garnison \ne ralentit point l'ouvrage des assiégeans, qui animés' par la présence- de leur souverain , traînèrent à force de bras douze pièces de canon sur des rochers , où l'infanterie elle-même gravissait avec peine:
le deux novembre , les batteries commencèrent à tirer, l'artillerie des remparts répondit vivement surtout du côté de la plaine; et pendant plusieurs jours les défenses du château étaient réparées aussitôt que détruites : Charles Emmanuel voyant le siège traîner en longueur, résolut d'ôter au fort les avantages qu'il tirait de la ville , qu'on n'avait pas jusqu'alors attaquée; elle n'était entourée que d'un faible mur : le comte de Martinengo destiné à exécuter le coup de main proposé, se présenta la nuit avec des échelles , et les bourgeois ouvrirent leurs postes aux Fiémontais: la prise de la.
ville facilita la construction d'une nouvelle batterie, qu'on éleva la nuit suivante contre la tour de Brancafame , et contre un ouvrage détaché du château; la brèche y lut ouverte-, malgré les sorties des assiégés, qui abandonnèrent l'un et l'autre poste, après avoir soutenu un assaut: pendant que la forteresse étRit ainsi attaquée du côté de la •plaine , le canon placé sur la montagne
CBAPITRE xvir. 5ig
démonta - celui des assiégés , dont te feu se ralentit considérablement: le dnc de Savoie en profita pour avancer ses travaux , et battit en mine le corps de la place; mais dans le temps où il en pressait les attaques , uti courrier lui apporta la nouvelle, qu'un envoyé extraordinaire de FranceF venait d'arriver à Turin , et comptait se rendre incessamment au camp: Charles Emmanuel ne voulant , ni se désister de son entreprise ^ ni rompre ouvertemtjnt avec la France , se vit dans tin extrême embarras: il prit néanmoins son parti sur le champ; décidé à ne point recevoir le minbtre dn roi dans son quartier, il alla à sa rencontre ; et il fît tant rie diligence qu'il le trouva à Savil- Ikii : l'ambassadeur ayant d'abord demandé -qu'on suspentUt les attaques de la place assiégée, Charles envoya l'ordre de ce»- •ser le feu , et, presse par le ministre français, avec lequel il voulait conserver des ménagemens , persuadé peut-être d'ailleurs qu'on n'accepterait pas son offre , il proposa de lever le siège , et, de rendre les places qu'il avait occupées , si le rM r voulait s'engager à n'en confier la garde' qu'à des catholiques , agréables à la maison de Savoie.
-Quoique Henri' III n'aimât pas plus les protestans que ne les aimait Charries Emmanuel , son ambassadeur refusa -ces-coHditiofls; il ofirit -cependant d'entrer
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SaO GUEJIBBS pu PIÊMQHT lui-ménve dans le château de R«ve} , e^ (la &ufipepdrç les hostilités., jusqu'à L'arrivée des is£tructiqn$ qu'il deipanderaît à sa couc : cette proposition emt^rassa beaucoup le duc de. Savoie : il l'accepta parce qu'il ne pouvait la rc^^ter sans trahir ses vues; ni.ais il regarda comme tin bonheur le refus que fit .monsieur de Vernet d'en céder le commandement :
rambaasadeui;:.s'élani retiré, ^ Tu^in, les opératiofîs.d.u sjège recomniieacèreM : la garnison avait. jM'otîté du .t<^mpSi et re* paré tes hréches : cependant . les, asst^r geans avancèrent leurs batteries, et foudroyèrent la place sur quatre points différens, avec tant de succès,' que les Frappais réduits à ne plus oser sortir dç leurs casernes, deoTapdèrent à çapltulerj le 34 -uovemljre; ils obtinrent de se rer tirer avec les honneurs ;de la guerre ; et le duc se chargea d'iïcquitter les payes qui leur étaient : dues. '
Les Piémontaib ayaiv^i pris possession de Rével , monsieur de..Leyni marcha une seconde .fois cootr« Château-Dauphin: il partit le 26 à U;tê.tq de. quatre mille hommes, et avec quatre pièces de canon: les troupes qui gardaient le fort de Saintrierre. k joignirent, pour occuper dp nouveau les postes dq < La-iChanal et de .Bellin, sous les ordres du comte de Roëro: ou investit la place te .38; et la-bréctie fut puvcrLe^ après. 4eix¥ jourft. de ieu ;