‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 95 sur 176 · CHAPITRE XVm. 53Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVm. 53Ï

troupes travaiUèrent elles - mêmes aux An iSffg. fortificatioDS , et l'on pressa tellement l'ouvrage , qu'en moins de deux mois la place était en état de défense (i). '(oc*mbu».

Pendant que l'armée s'occupait ainsi , le prince piemontais apprit qu'un corps de Bernois s'approchait de Cluse; il marcha à eux avec une partie de ses forces; Jes Suisses attaqués le i6 juin , se replièrent dans le village d'Escorran , où ils se virent aussitôt resserrés : à cette nouvelle le colonel d'Ërlac accourut pour les dégager ; les Savoyards levèrent le siège , et marchèrent à Filinges, à dessein de protéger la construction dfes petits forts, par lesquels ils se proposaient de resserrer Bonne. Les Benmia avaient réuni Ifeurs troupes sous tes ordres de l'Avoyer de Vatteville , qui offrit de traiter la paix : le comte de Challant fut envoyé vers loi , et les conférences s'ouvrirent le 28 juin : le duc de Savoie y demanda deux millions pour les dommages de la guerre , avec la restitution de Thonon, de Gex et du pays de Vaud: les Suisses se refusèrent à ces propositions; et les députés s'étant séparés, les Piemontais tentèrent le 5 juillet de surprendre Bonne et le pont d'Arve ;- Us échouèrent sur les deux points , ce qui fit conclure le même jour une trêve de trois semaines.

'.• Ce temps étant expiré , dix mille

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553 GVESHES DU Pr^MONT ^tt t59Q. Bernois entrèrent dans le ChaMâis (i) (0 L.d.p.rt.i, et se portèrent directement à Boringe , ''^'*' où il y avait un pont sur l'Arve , qu'ils

espéraient de surprendre, pour se jeter à volonté dans le Genevois ou dans le Faucigny ; mais monsieur de Leyni qui commandait un corps détaché de l'armée savoyarde , jugea du projet des ennemis d'après leurs mouvemens, et rompît le pont de Boringe : les Suisses marchèrent alors vers Saint-Joire , comptant de gagner ainsi une marche sur le iianc des Piémontais et de passer la rivière à Thises , entre Cluse et Bonnevitle :

Lejmi toujours attentif remonta la gauche de l'Arve jusqu'à Ponchi , où il apprit en arrivant que le mai tre-de- camp Sailines avait été hattu à Saint-Joire : cet officier s'étantinconsidéremment porté à attaquer, quand il n'aurait dû que se défendre, risqua d'être enveloppé, et il ne regagna qu'après une grande perte le poste d'où il était parti avec huit cents hommes d'infanterie et trois cents cavaliers : cet échec pouvait amener des conséquences fôcheuses ; les Bernois venaient de mettre le siège devant Saint- Joire , et s'ils se rendaient maîtres de I cette petite place , nen ne les empê-

chait d'exécuter . le plan qu'ils avaient formé : Charles Emmanuel qui le comprit , se porta aussitôt sur les bords de l'Arve , rétablit le pont de Boringe,

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el y 6t passer son armée, forte de quinze Jn iSRj, mille cinq cents hommes , parmi lesquels quinze' cents cavaliers; ce mouvement donnant de justes inquiétudes aux Suisses, ils se retirèrent dans le bailliage de Gaillard.

Les Piémontais campèrent alors entre Lucinge et Arthaf, a6n de couvrir le siège du fort de Bonne : cette place , défendue par quatre cents Genevois , se rendit à discrétion le 33 août, après trois jours de feu; la garnison obtint de se retirer à Genève, et monsieur de Saint- Trivier prit possession du fort ; mais une mine qui éclata au moment de son entrée lui tua' quatre-vingt hommes : soit que ce malheur fût l'etiet du hasard , comme on serait porté à le croire , soit qu'il ait été l'ouvrage de la trahison , ainsi qu'on se le persuada , le duc de Savoie fit poursuivre la garnison avec ordre de la ramener prisonnière; - cependant la fureur du soldat était telle, qu'on ne put en retenir la vengeance, et ils massacrèrent tous les Genevois , à l'exception de quarante, auxquels les officiers sauvèrent la vie avec peine (i); L/dîp™''j'^r Charles Emmanuel, mallre de Bonne , ;i|^j™'™''^'-\ marcha 'a Ville-le-Grand, comptant offrir le combat aux ennemis qui campaient sous les murs de Genève; l'avanl-garde piémonli ise , forte de deux mille hommes d'iofauterie et de trois cents

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AniSQQ. cavaliers, était aux ordres du coeite de Marlinengo ; Charles conduisait luî-mème trois mille hommes d'infanterie et L.Ji.v^tt'd^cortl cinq cents chevaux (i). Les Suisses con- ""**"■*•■ naissaient trop les dangers auxquels Genève serait exposée , si le sort aes armes iiivorisait la hardiesse des Savoyards; ils étaient assez sûrs de leur réputation, pour craindre qu'une retraite utile pût faire tort à leur bravoure; et ils prirent sans balancer la résolution de rappeler les garnisons restées dans le Chablais, pour aller couvrir les pays de Gex et de Vaud : le duc donna le gouvernement du Chablais au baron d'Hermance , qu'il chargea de- fortifier les châteaux de Coudre et d'ÂUinges (s), pendant qu'il allait en personne tenter le ' passage du Khône à l'Ecluse , dont les ennemis occupaient le détroit ; il confia la conduite de son avant -garde au comte de Martinengo , et cet officier ayant reconnu la position , sentit le péril auquel il s'exposait en attaquant avec ses seules forces ; it aurait voulu attendre l'arrivée de l'armée avant que d'engager l'action ; mais le combat s'était insensiblement échauffé, de sorte qu'il aurait été difficile de retirer les têtes de ses colonnes : Marlinengo mit alors sa confiance dans son courage , et chargea lui - même la pique à la .main avec tant de vigueur, qu'il força

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