MENTS
MARTACFS '^"''''^ "^ ^"' ^^^^ P^"^ uéccssaire de combattre pour s'ag-randir. Des mariages et des achats lui assurèrent les pays qui lui manquaient pour que son domaine se confondit presque avec le royaume même.
Déjà Philippe Auguste, par son mariage avec Isabelle de Hainaut, avait acquis V Artois et le Vermcindois. Cette politique matrimoniale fut continuée par Blanche de Castille, régente pendant la minorité de son fils Louis IX. En 1229, elle mariait son troisième fils Alphonse de Poitiers à l'héritière du comte de Toulouse. A défaut d'enfants nés de ce mariage, le Comté de Toulouse devait revenir à la couronne. La condition se réalisa, et le comté fut annexé sous Philippe III, fils de Saint Louis. D'autre part. Blanche de Castille acheta les Comtés de Blois et de Chartres. En 1284, Philippe le Bel (i 280- 1314), petit-fils de Saint Louis, épousa la fille de Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne : elle apporta en dot le Comté de Champagne. Dès lors le domaine royal toucha à la .Meuse et atteignit la frontière même du royaume à l'est, comme il l'atteignait au sud et à l'ouest, depuis les conquêtes de Philippe- Auguste et de Louis VIII. Philippe le Bel acquit encore Lille ei Lyon. Alors ce ne fut pas seulement le domaine royal, ce fut le royaume même qui s'agrandit : il commença à déborder sur l'ancienne Lotharingie, c'est-à-dire sur la vallée de la Saône et du Rhône, où le Virarais et le Comté de Valence passèrent sous la suzeraineté du roi de France. Il commença même à s'étendre sur les pays d"entre Meuse et Rhin, qu'il eût été alors facile de conquérir. Par malheur la dynastie Capétienne s'éteignit et les \'alois qui lui succédèrent tournèrent leurs vues d'un autre côté.
Au total, l'œuvre accomplie par les Capétiens se résumait ainsi : à leur avènement, en 917, les terres qui leur étaient immédiatement soumises représentaient à peine deux départements : elles représentaient cinguante-neuf départements, en t328, à la
FORMAI Ion T1:;kKITOI<1AI.1:: bl-.s I-. lAIS ,-,
mort du dernier Capétien, Charles 1\'. Ace moment on ne comptait plus en France que quatre grands fiefs, bien isolés les uns des autres et rejetés aux quatre extrémités du royaume : comte de Flandre au nord, duché de Bretai^ne à l'ouest, duché de Bourgogne à l'est, duché de Guyenne au sud-ouest. Le domaine royal embrassait la plus grande partie du royaume.
Ce remarquable résultat, dû à l'esprit de suue et LES VALOIS de mesure, à la patience, à la prudence et à l'énergie
des Capétiens, fut compromis au quatorzième et au quinzième siècle sous les Valois. Au temps de Philippe VI (i328-i3.5o) de Jean-le-Bon (iSôo-iSôq), de Charles V (i364-i38o), de Charles VI (1.380-1422), de Charles \'II (1422-1461) et de Louis XI (1401-1483), la France traversa deux crises redoutables : sous les cinq premiers de ces rois, la seconde guerre de Cent Ans (i337-i453), sous Louis XI la lutte contre la maison de Bourgogne et la féodalité apanagée. Dans les deux crises, l'unité du royaume fut mise en irrand péril. Il s'en fallut de peu que dans la guerre de Cent Ans la France perdit son indépendance et devint une colonie de l'Angleterre. Dans la lutte contre la maison de Bourgogne, il s'en fallut de peu qu'elle fut démembrée et se retrouvât, par la reconstitution d'une nouvelle féodalité, dans le même état où quatre cents ans auparavant, au [ dixième siècle, l'avaient laissée les Carolingiens finissants.
' La seconde guerre de Cent Ans, commencée trois
L.\ GUERRE quarts de siècle après le traité de Paris, sortit des DE CENT ANS prétentions des rois d'Angleterre descendants d'une fille de Philippe le Bel. à la couronne de France. Sous Philippe VI et Jean le Bon. de i337 à i36o. les Anglais vainqueurs à Crécy (loqO), à Calais (1347), à Poitiers (i355) conquirent presque tout l'ouest de la France. Le traité de Brétigny (i.36o) leur rendit un moment, par la cession du Poitou, la domination complète de l'Aquitaine. Charles V, aidé de Du Guesclin, commença dix ans plus tard à leur reprendre les terres cédées à Brétigny. Quand il mourut (i38o) les Anglais ne possédaient plus en France que quelques ports : Bayonne. Bordeaux. Brest, Cherbourg et Calais. Sous Charles \'I et au début du règne de Charles VII, grâce à la folie du roi, grâce aux haines qui divisaient la famille royale, et mettaient aux prises Armagnacs et Bourguignons, les Anglais conquirent toute la
i(, HISTOIRE MODIiRNE.
l'rancc au nord de la Loire. Leur roi était reconnu roi de France à Paris, et Charles \'II n'était plus un moment que le « roi de Bouryes ».
Alors apparut Jeanne d'Arc. Délivrant Orléans ( 1429), faisant sacrer Charles VII à Reims, elle mit fin aux victoires des Anglais. Après les défaites de Formigny (1450), et de Castillon ( 14.53). ils furent expulsés du royaume (1429-1453). Calais cependant demeura en leur pouvoir. Par contre la Guyenne et Bordeaux, qu'ils possédaient depuis trois siècles, leur étaient enfin arrachés, et le domaine royal atteignit les Pyrénées sur l'Atlantique, comme il les atteignait sur la Méditerranée depuis Louis VIII.
La Guyenne n'était pas du reste la seule acquisition faite pendant cette terrible période. Presqu'au lendemain du désastre de Crécy et de la perte de Calais, Philippe de \'alois avait acheté le Dauphiné (1349) : il avait ainsi élargi le royaume au sudest et porté ses frontières par delà le Rhône, jusqu'aux Alpes.
Mais les accroissements de territoire ne furent pas le plus précieux résultat de cette période. Au milieu des affres de la guerre de Cent Ans, la France prit conscience d'elle-même, et ce fut là l'événement capital. Avant la guerre, il y avait des provinces françaises et point de peuple français. Dans la communauté de la souffrance, les Français se sentirent tous frères : le patriotisme s'éveilla et fut, dès lors, mieux que l'autorité des rois, le principe même de l'unité française.
LUTTE CONTRE "^ pcine sortis de la crise de la guerre de Cent Ans,
L^ les Valois se trouvèrent en face d'un autre péril.
MAISON Louis XI, fils de Charles VII, eut à lutter contre une
DE BOURGOGNE féodalité nouvelle, là féodalité apanagée, imprudemment constituée par les rois eux-mêmes. Les Capétiens, et les Valois après eux, avaient l'habitude de donner à leurs fils cadets des parties du domaine royal; c'est ce qu'on appelait des apanages. Le possesseur de l'apanage, sous la réserve de l'hommage au roi, était, comme les anciens seigneurs féodaux, souverain sur sa terre. A la fin de la guerre de Cent Ans, il y avait dans le royaume, à côté de quelques restes de la vieille féodalité, comme le duché de Bretagne, quatre grandes maisons d'origine royale : la maison d'Anjou qui remontait à Louis VIII, la maison de Bourbon qui remontait à saint Louis,
FORMATION TERRIT0RIAL1-: in:S ÉTATS. ,-7
la maison d'Orléans créée par Charles \', enfin la plus redoutable de toutes, la maison de Bourgogne, créée par Jean le Bon.
La Fraxce sous les Valois, du quatorzième au quin-zième siècle.
A leur primitif domaine de Bourgogne, les ducs avaient ajouté la Franche-Comté, le Comté de Flandre, le Brabant, les Pars- Bas, le Luxembourg, entïn l'Artois et la Picardie, obtenus de Charles MI pour prix de leur concours contre les Anglais. Riches plus qu'aucun seigneur de la Chrétienté, les ducs de Bourgogne auraient disposé d'une force redoutable, si leurs domaines avaient été d'un seul tenant. En fait, ces domaines formaient comme deux États : un État proprement bourguignon sur la Saône, un État flamand sur l'Escaut et la Meuse. Entre les deux, la Lorraine et l'Alsace mettaient une large séparation. Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, à partir de 1467. ^. MALET. — Histoire moderne. 5
,,S IH^TOlRli MODEFiNI::.
entreprit de les occuper pour assurer l'unité de ses domaines et reconstituer à son profit l'ancien royaume de Lotharingie. En même temps, il fut, contre Louis XI, et dans le royaume, l'organisateur d'une série de coalitions, les lignes du Bien Public, où. sous couleur « du soulagement du pauvre peuples! misérable >. les coalisés, seigneurs mécontents et ambitieux, poursuivaient la ruine du pouvoir royal et le démembrement de l'État à leur profit. Après dix ans de lutte (1467-1477), Louis XI, « l'universelle aragne », habile à tendre en tous lieux ses pièges, triompha finalement de Charles le Téméraire. A'aincu à Granson et à Morat par les Suisses, instruments du roi de France, le duc de Bourgogne s'en fut mourir sans gloire sous les murs de Nancy.
De la succession de Charles le Téméraire. Louis XI
ACQUISITIONS recueillit la Bourgogne et la Picardie. Il laissa
DES VALOIS. échapper la Flandre, l'Artois, la Franche-Comté, que
.Marie de Bourgogne fille de Charles le Téméraire.
porta en dot à Maximilien d'Autriche, et qui passèrent plus tard.
par suite de mariage, sous la domination des rois d'Espagne.
Louis XI fut plus heureux avec la maison d'Anjou qu'avec la maison de Bourgogne. Il recueillit tous les biens que lui avait légués par testament René d'Anjou, c'est-à-dire V Anjou, le Maine et la Provence.
Enfin sous le fils de Louis XI, Charles VIII, le dernier grand fief encore indépendant, le duché de Bretagne, fut rattaché au domaine roj'al par le mariage du roi de France avec la duchesse Anne (1491). Le rattachement devint définitif quand Charles VIII. dernier des Valois directs, étant mort sans enfant, son successeur, Louis XII, premier et dernier des Valois-Orléans, eut épousé Anne. D'autre part l'avènement de Louis XII fit rentrer dans le domaine royal VOrléanais (1498).
Ainsi les Valois avaient poursuivi et complété l'œuvre d'unification commencée par les Capétiens; ils laissèrent la France plus forte et plus grande qu'ils ne l'avaient reçue.
L'œuvre accomplie par les Capétiens et les Valois en
LA FRANCE cinq cents ans, de 9H7 à 1498, se résume ainsi : le
EN 1498 royaume de France a été agrandi au sud-est, et ses
frontières ont été portées des Cévennes et du Rhône
aux Alpes par l'acquisition du Vivarais et du Comté de \'alence
sous les Capétiens, du Dauphiné et de la Provence sous les
Valois. Par contre ses frontières ont reculé au sud, où saint
PORWAIION TEKRITOKIALI-: l)i:S I;TA1 S. i.i
Louis a renoncé, en 1.528, k toute souveraineté sur le comté de Barcelone, tandis qu'à l'autre extrémité des Pyrénées, la Navarre a été détachée au profit d'une petite-fille de Philippe le Bel, en i328. lors de l'avènement des Valois.
Le domaine royal équivalant à peine à deux départements à la fin du dixième siècle, occupait à la fin du quinzième siècle la majeure partie du royaume. Alors que les g-rands fiefs étaient à l'avènement de Hug-ues Capet presque toute la France, à peine en comptait-on trois de quelque importance à la mort de Charles VI IL C'étaient : au centre les duchés de Bourbon el d\Aurergne, fiefs de la famille de Bourbon; au sud les terres de la famille i'^/^re/: au nord les comtés de Flandre et d'Artois. fiefs de l'empereur .Maximilien. Encore faut-il remarquer que sur les premiers de ces fiefs, terres des Bourbons et terres des Albrets, la suzeraineté du roi s'exerçait réellement, qu'il y percevait les impôts, levait des soldats, rendait la justice en dernier ressort, comme sur son domaine propre. Si bien que seuls dans le royaume, la Flandre et l'Artois, pareils à la Normandie et à l'Anjou des Plantagenets, échappaient par suite de la puissance du vassal. l'Empereur, à l'action du roi et manquaient à l'unité française. L'unité intérieure étant ainsi presque entièrement achevée, personne n'étant plus en état de contrebalancer l'autorité royale, les rois de France pouvaient désormais regarder hors du royaume. Jusqu'cà la fin du quinzième siècle, leur histoire s'était déroulée en France.: à partir du seizième siècle, elle se déroula en Europe.
L'ASGLETERRE
r-rvr>»f»TT«xT L'histoire de la formation territoriale du royaume
FORMATION , .,,
DU ROYAUME d'Angleterre, considérée a partir du dixième siècle, est plus courte et plus simple que celle de la formation du royaume de France; elle tient tout entière en deux épisodes ; la conquête par les Danois à la fin du dixième siècle, et dans les premières années du onzième: la conquête par les Normands avec Ciuillaume le Bâtard à la fin du onzième siècle.
DANGLETERRE
Conquise avant Tère chrétienne par des Celtes, les Gaels et les Bretons, frères des Gaulois, puis du premier au cinquième siècle partiellement soumise par les Romains, l'île de la Cirande- Bretaij-ne dans le cours du sixième siècle, avait été envahie par des peuples germains, les Ang-les et les Saxons. Ces peuples avaient refoulé les Gaels et les Bretons dans les parties montueuses de l'île, à l'ouest et au nord, dans la Cornoiuilles, le pays de Galles et VÉcosse. Ils avaient conquis précisément la même réirion qu'avaient occupée les Romains, la plaine de l'est et du sud, le long de la Manche et de la mer du Nord. Dans cette plaine qu'on appela dès lors la terre des Angles, l'Angleterre, les envahisseurs avaient constitué sept royaumes. Ces sept royaumes,» l'Heptarchie >, avaient subsisté jusqu'au début du neuvième siècle, époque à laquelle Egbert, l'un des sept rois, partant de son royaume de Wessex, — la Saxe Occidentale — se soumit les sept royaumes, et réalisa pour la première fois l'unité anglaise (827).
Presque aussitôt après commença une invasion nou- LX CONQUÊTE vellc, l'invasion des Dano/s. Ceux-ci vinrent assaillir DANOISE l'Angleterre dans le même temps où leurs frères les
Normands assaillaient le royaume de France.
Les Danois s'en tinrent d'abord au pillage des côtes, puis s'efforcèrent de fonder des établissements permanents, et dans la seconde moitié du neuvième siècle (867-870), ils réussirent à occuper l'un des principaux états de l'ancienne Heptarchie, le Xorthumberlind. c'est-à-dire le pays au nord de l'Humber. Pourtant l'énergique résistance du roi anglo-saxon, Alfred le Grand (871-Q01), et de ses successeurs, suspendit pendant plus d'un siècle les progrès des Danois. Mais à la fin du dixième siècle, presque au moment où Hugues Capet en France était élu roi (.9871. les Danois, conduits par le roi Siienon, reprirent leurs attaques avec un redoublement de vigueur (qqi), si bien qu'après vingt-deux ans d'efforts, ils se trouvèrent maîtres de l'Angleterre (ioi3i. Le roi anglo-saxon Ethelred. vaincu, dut se réfugier en F'rance auprès du duc de Normandie, Richard, dont il avait épousé la fille Emma.
Le successeur de Suenon, son fils Canut le Grand ( ioi7-io35), à la fois roi de Danemark, de Norvège et d'Angleterre, fut un souverain sage et juste, par qui les Anglo-Saxons furent traités non pas en vaincus, mais en sujets, égaux en droits à leurs vain-
FORMATION TERIllTOlUALE DES LIAI S. 21
queurs. Aussi, peu après sa mort, la couronne pul-jlle revenir à un prince ani^do-saxon, au fils même d'Ethelred et d'Emma, Edouard le Confcsseur (104:1.
1 -J RayŒUjne.ATwlo-Sax<my
Les royaumes de l'archipel anglais al dixième siècle.
En 1006, Edouard le Confesseur mourut sans enfant.
LA CONQUÊTE Lesseig-neurs anglais reconnurent pour son héritier son
NORMANDE beau-frère Harold, un d'entre eux. .Mais Harold était
à peine sacré que le duc de Normandie Guillaume
le Bâtard le somma de lui remettre la couronne. Guillaume,
cousin d'Edouard, justifiait sa demande par une promesse de
succession que lui aurait faite le défunt roi, durant un séjour
en Ang-leterre, et par l'engagement qu'avait solennellement
pris Harold lui-même d'assurer au duc de Normandie la
couronne anj^laise. Ilarold n'ayant point déféré à la demande de (îuillaume, celui-ci en appela au jugement du pape qui prononça en faveur du duc et lança l'excommunication contre Harold.
Le 14 octobre lobô, l'armée du duc de Normandie — 60000 aventuriers que l'appât du butin avait attirés de toutes les parties de la France — anéantit sur la colline de Senlac, près de Hastings. l'armée de Harold, tué lui-même dans la lutte. Tout ce qui avait une valeur militaire chez les Sa.xons étant tombé sur le champ de bataille, Guillaume fut du coup maitre de l'Angleterre.
Ici apparaît une première et radicale différence dans L'UNITÉ l'histoire de la France et de l'Ang-leterre du dixième
ANGLAISE jjy quinzième siècle. Tandis qu'en France il fallut aux rois plusieurs siècles de politique patiente et de luttes pour assurer l'unité du royaume démembré par la féodalité, tandis que cette unité n'était pas encore pleinement achevée à la hn du quinzième siècle, l'Angleterre ne connut pas le morcellement féodal, et dès la fin du onzième siècle, quatrecents ans avant la France, elle était un État unitié.
CONQUÊTE Cette situation permit aux rois Anglais de pratiquer jjps une politique d'ag-randissement et de tenter la con-
PAYS DE GALLES quête des parties delà Grande-Bretag^ne où s'étaient réfugiées et se maintenaient indépendantes les populations celtiques, c'est-à-dire le pays de Grilles et VÉcosse, et par delà la mer, VIrlande.
La conquête du pays de Galles fut entreprise dès Guillaume le Bâtard. Mais pendant tout le douzième siècle, et jusqu'à la seconde moitié du treizième siècle, les Gallois résistèrent victorieusement. Les héros de l'indépendance furent les seigneurs de Snou'Jon. L'un d'eux parvint même à se faire reconnaître par Henri III Plantag-enet, le titre de Prince de Galles (1268). Par contre il s'engageait à reconnaître la suzeraineté du roi d'Angleterre et à lui prêter hommage. Cet hommage fut cependant refusé au fils d'Henri III, Edouard I", le contemporain de Philippe le Bel. De là, une dernière guerre, la conquête et la soumission du pays (1283). Le titre de Prince de Galles fut donné par Edouard I" à son ;fils, et devint dès lors le titre distinctif de l'héritier de la couronne d'Angleterre.
|(;|{.M.\ 1 ION 1 l-.KKI lOKlAl.i: l)i;S KTA 1 S. -ï.',
LES GUERRES Coiiimc il s'était attaqué au pa\SLicCiallcs,Cjuillaunic CONTRE '^ Bâtard, s'attaqua à l'Ecosse: cette seconde entre-
L'ÉCOSSE prise n'eut pas un plus heureux succès que la pre-
mière.
Ttcnjmniic Art/jb' jVbrmtmd à la fin du-JQ? siècle- Acquisitiaiis de- JfcnrvJI
Extension- du royaume d'Angleterre du onzième au quatorzième siècle.
Le rovaume d'Ecosse, — le Scotland, le pays des Scots — s'était formé par l'union de deux groupes celtiques, les Pietés elles Scots, au neuvième siècle (847), peu après que l'Heptarchie Anglo-saxonne fut devenue le royaume d'Angleterre. L'Ecosse comprenait deux régions de caractères très distincts : au nord, au delà des Monts Grampians, les « Hautes Terres «. — les — Highhnds — pays de montagnes et de plateaux élevés, où les éléments celtiques se conservèrent presque purs: au sud, sur les deux rives du Forth et jusqu'à la frontière anglaise, les » Bas-
ses Terres > — les — Lowlands — où fut établie la capitale Edimbourg. Dans ces Basses Terres s'infiltrèrent successivement parmi les Celtes, d'abord des Danois au dixième siècle; puis dans la seconde moitié du onzième siècle, après la bataille de Senlac, beaucoup de fugitifs ang-lo- saxons ; enfin un certain nombre de seigneurs Normands, à la suite de mariages qui unirent les familles royales d'Angleterre et d'Ecosse.
Depuis le début du dixième siècle, les rois d'Angleterre se prétendaient suzerains des rois d'Ecosse pour certaines parties des Basses Terres. Guillaume le Bâtard réclama, sans pouvoir l'obtenir, l'hommage du roi d'Ecosse; ses successeurs, pendant deux siècles ne l'obtinrent pas davantage. Mais, à la fin du treizième siècle, comme la dynastie nationale écossaise s'était éteinte et que plusieurs prétendants, parmi lesquels deux seigneurs d'origine normande, Jean Balliol et Robert Bruce, briguaient la couronne, les Écossais prirent pour arbitre le roi d'Angleterre Edouard I'"' (1286). Edouard prononça en faveur de Jean Balliol, sous promesse d'hommage. L'engagement n'ayant pas été tenu, ce fut l'occasion d'une guerre qui pour quelques années (1290-1306), rendit Edouard I" maître des Basses Terres. Mais le petit-fils du prétendant jadis évincé par Edouard, Robert Bruce souleva le pays, et après une longue lutte contraignit les rois Anglais à renoncer par le traité d'Edimbourg (i328), à toute prétention de suzeraineté.
Par la suite les rois d'Angleterre s'efforcèrent de regagner le terrain perdu, ce qui amena pendant la guerre de Cent Ans des alliances entre les rois de PYance et d'Ecosse. Toutes les tentatives anglaises échouèrent. L'union de l'Ecosse et de l'Angleterre ne devait être réalisée, et pacifiquement, que plus de trois cents ans après, aux premières années du dix-huitième siècle.
ESSAI ^'^ conquête de l'Irlande fut commencée dans la
DE CONQUÊTE seconde moitié du douzième siècle, sous le premier
DE L'IRLANDE des Plantagenets Henri II, le rival de Louis le Jeune.
L'Irlande avait été au huitième et au neuvième siècle
l'un des foyers intellectuels et religieux de l'Europe. Elle avait
fourni une bonne partie des missionnaires qui convertirent la
Germanie au Christianisme, et c'était d'Irlande qu'était sorti l'un
des plus utiles collaborateurs de Charlemagne, Alcuin. Dans les
siècles qui suivirent, l'Irlande, assaillie comme l'Angleterre par
les Danois, subit une rapide décadence, et tombant à l'anarchie
fut déchirée par les truerres civiles et les luttes des * Septs ». c'est-à-dire des tribus, entre elles. L'anafrchie s'étendit à l'éi^'lise irlandaise, ce qui détermina le pape Adrien IV", un .Xn^^rlais, à céder aux sollicitations d'Henri II, et à lui donner comme il le demandait la mission de rétablir l'ordre en occupant l'ile (i i5.S). Toutefois ce fut seulement seize ans plus tard (1171) qu'Henri II débarqua en Irlande. Il occupa Dublin et les chefs du sud-est se reconnurent ses vassaux. .Mais ceux du sud, du nord et de l'ouest demeurèrent indépendants, et les envahisseurs se trouvèrent enfermés dans un petit nombre de districts qui formèrent ce qu'on appela « l'enceinte anglaise ». Henri II n'en prit pas moins le titre de roi d'Irlande, titre toujours porté depuis lors par les rois d'Angleterre. En fait l'Irlande demeura dans le même état d'anarchie sanglante où elle était avant l'intervention anglaise. L'autorité du roi n'était même pas établie dans les territoires de l'enceinte, et les aventuriers anglais qui s'y étaient fixés devinrent promptement aussi barbares et se montrèrent aussi insoumis que les Irlandais. La conquête ne devait être réellement et entièrement faite pour la première fois qu'au seizième siècle.
LWGLETERRE ^" ^°^^'- ^ ^^ ^^ ^^ quinzième siècle, les rois d'An-
'\ LA FIN gleterre étaient maîtres de V Angleterre proprement
DU XV' SIÈCLE ^^'/'-'- agrandie de la Cornouailles et du pays de
Galles: ils étaient nominalement rois d'Irlande. Sur
le continent, en France, ils possédaient Calais, seul reste de
tous les territoires deux fois conquis pendant la guerre de Cent
Ans. C'était assez encore pour leur permettre de débarquer à
leur heure, et par suite de peser s'ils le voulaient sur la politique
française.
LALLEMAGSE
L'Allemagne est sortie comme la France du démemc^'^^J^y^'^^^ brement de l'empire carolingien. .Mais l'histoire de sa formation territoriale du dixième au quinzième siècle diffère profondément de celle de la France. Elle est caractérisée par deux faits : Ve.vtension des frontières du rovaume primitif, le démembrement intérieur du