‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 39 sur 118 · LA CONJURATION · texte numérisé non relu

LA CONJURATION

, . r^^K^T^ " commercial déterminé par les Croisades. Gens de

LA CHAKiL ,,..,. p , ■

métier et marchands s enrichirent en fabriquant et en fournissant aux seigneurs les nombreux objets nécessaires pour les expéditions. Dès lors ils voulurent jouir en toute sécurité des biens péniblement acquis et se mettre à même d'en acquérir davantage à moindre peine. Ils s'occupèrent donc de limiter l'arbitraire du seigneur.

Les efforts pour y parvenir commencèrent aux dernières années du onzième siècle et devinrent particulièrement énergiques au douzième siècle, pendant les règnes de Louis le Gros et de son fils Louis le Jeune (1108-1180). La tactique fut partout la même. Tous les bourgeois d'une même ville, marchands et artisans se réunissaient et se prêtaient, dit un contemporain de Louis Le Gros, Guibert deNogent, « un serment de secours mutuel ». Ils formaient aiosi un syndicat de défense, on disait alors une « conuiration » ou bien encore une commune jurée.

L'association constituée, les bourgeois cherchaient à obtenir du seigneur qu'il fixât, d'accord avec eux, et d'une manière invariable, les obligations qui leur incombaient, le taux de leurs redevances, la date à laquelle ils devraient les payer, enfin le tarif des amendes. Ils cherchaient à obtenir ensuite que les conventions arrêtées fussent mises par écrit. L'acte ainsi rédigé, signé par le seigneur, scellé de son sceau, s'appelait une Charte.

Ces efforts des bourgeois pour obtenir un peu de jus- LES VILLES tice étaient naturellement mal vus des seigneurs DE BOURGEOISIE et de leurs amis : « Le mot commune est un mot exécrable », écrivait Guibert de Nogent qui était cependant un pieux ecclésiastique. Néanmoins, à la longue, la plupart des villes et des bourgs obtinrent ce que l'on appela des libertés et des franchises. Elles leur furent même assez souvent accordées par un acte gracieux des seigneurs. Ainsi Louis VII, en ii55, donna aux habitants de Lorris, en Gàtinais, une charte qui fut ensuite concédée à près de trois cents villes et bourgs de l'Ile-de-France, de l'Orléanais, de la Touraine. En

LA SOCIÉTÉ

Fortifications d'une ville au Moyen Age. Fragment de l'enceinte de Nuremberg, — Bavière. Photographie.

L enceinte est à droite. La vue, prise de l'intérieur de la ville, présente un double intérêt. D'atord les maisons à deux étages adossées à la muraille en font comprendre la hauteur: la crête des toits arrive à peine au niveau du chemin de ronde. Puis la vue montre l'aménagement intérieur des chemins de ronde .gui surmontent les courtines et dont la vue de Pierrefonds — />. 8i — donne l'aspect extérieur. La toiture. .]ui protège les défenseurs contre les projectiles lancés en tir courte, est simplement soutenue par des piliers, que relient des garde-fous, cl rien de ce côté n'empêche la lumière d'inonder le chemin de ronde. Au premier plan à droite on aperçoit le haut de la voûte d'une porte. Au fond la « Xouvelle Tour ', terminée par un mâchicoulis. La maison a l'angle des rues à gauche est celle d' Albert Diirer, le plus grand peintre de la Renaissance allemande. Elle rappelle les vieilles maisons ie Lisieu.x. Ni'iremberg. ville libre .iés le début du douzième siècle, fut une des plus riches cités de l'Allemagne: l'empereur L'harles IV y promulgua la Bulle d'Or. L'enceinte est demeurée intacte avec ses 7.3 tours; il est peu de villes aussi pittoresques.

Xurmandie, Henri Plantag-enet octroya, en 1170, une charte aux habitants de Rouen. Ses successeurs en étendirent ensuite le bénéfice à de nombreuses villes de louest, dans le Poitou et dans la Guyenne. Les villes ainsi dotées de franchises et graranties contre l'arbitraire seig-neurial furent ce qu"on appela les villes Je bourgeoisie.

LES

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