DE FLORENCE
Constance l'œuvre de la réforme de l'Eglise ( 1481 ). 11 fut du reste impuissant à la mener a bien, quoiqu'il ait siégé dix-sept ans. C'est qu'il entra en conflit avec le pape presque dès les premières séances, et que dès 1437 il ne fut plus qu'un concile schismatique. Le conflit se produisit sur la question de la suprématie des conciles ou du pape. Le concile de Bâle vou lut obtenir du pape Eugène IV l'adhésion à la doctrine de la suprématie des conciles. Eugène IV la refusa, et prononça la dissolution du concile, en même temps qu'il en convoquait un
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;uit!"c en Italie. La majoi-ilé des l>crcs lui ol^jit. La niinorilc essaya de lutter, déposa Luiièiie 1\', nomma un antipape (^.h;). ALais les souverains refusèrent de reconnaître le pape schisniatique: lui-même finit par abdiquer ( 1449) et ceux qui l'avaient élu, chassés de Baie, se soumirent à leur tour à l'autorité du pape légitime, Nicolas \', successeur d'Eug-ène I\'. Ce lut le triomphe du pani qui voukiit LlCxlise organisée comme une monarchie.
Quant au concile convoqué en Italie et qui siégea à Florence dans la cathédrale (14.38-1442), il s'occupa presqu'exclusivemenl delà réconciliation des églises grecques : celles-ci depuis trois siècles, ayant rejeté lautorité du pape, s'étaient séparées de l'Église catholique (loq.îi. La réconciliation fut faite en 14.39: mais elle dura peu, et la prise de Constantinople par les l\ircs 114.S3) fut pour la plupart des églises d'orient l'occasion d'une nouvelle rupture (14721 qui subsiste encore aujourd'hui.
Parmi les questions dont la réforme de l'I'^glise 'RAGMATiQUE devait comporter le règlement, il en était deux qui T CONCORDAT intéressaient particulièrement les souverains, le roi de France surtout, et l'Empereur, et qu'ils tenaient à voir trancher par quelque autorité que ce fût, conciles ou pape. C'était la question des nominations aux grandes charges ecclésiastiques des archevêchés, évêchés, et de la collation des bénéfices attachés à ces charges; puis la question des taxes levées par la papauté sur le clergé des divers États. Les souverains avaient un intérêt politique à ce que l'intervention de la papauté dans les nominations épiscopales fût limitée, afin d'empêcher que les plus importantes de ces charges ne fussent attribuées en dehors d'eux à des étrangers, le plus souvent des Italiens. Ils avaient un intérêt financier à ce que le nombre des taxes fût réduit, pour restreindre les sorties de numéraire. Leur sentiment sur ces deux points était partagé par les prélats de leurs i^tats. Ceux-ci professaient que, soumis pour le spirituel au pape, le clergé, pour le temporel, c'est-à-dire pour l'organisation et l'administration, devait être indépendant du pape : l'église dans chaque Etat devait avoir un caractère national. Ces idées, qui se rattachaient à la doctrine de la suprématie des conciles, furent en particulière faveur au concile de Bâle ; aussi y prit-on de nombreux décrets contre la fiscalité pontificale. D'accord avec le clergé de Fraijce réuni à Bourges, Charles VII
A. MALET. — Histoire .Moderne. 10
l'if, HISTOIRE .MODEKNr:.
lil siens la plupart de ces décrets: il en tira l'ordonnance connue sous \c nomdc Pragma/iqnesanc/ion (1408). La Prasrmatique supprimait les annates, les réserves et les expectatives: elle limitait Tusage des appels en cour de Rome, et rétablissait pour les nominations épiscopales le système de l'élection : le tout en vue de o-arantir « les libertés de l'Église g-allicane », c'est-à-dire l'église nationale française. En fait, la Pragmatique faisait simplement passer le clergé de la domination pontificale à la domination ro3'ale, Les papes dénièrent naturellement toute valeur à cet acte rédigé en dehors d'eux, et contre eux. Louis XL fils de Charles Vil, eut l'air de l'abolir (1463) : la Pragmatique n'en demeura pas moins en vigueur pendant plus de trois quarts de siècle, jusqu'au moment où François \" et Léon X (i5i6i signèrent un Concordat qui mit plus encore l'Kglise de France dans la main du roi.
La publication de la Pragmatique sanction devait faire craindre aux papes qu'à l'exemple du roi de France, l'Empereur ne réglât seul l'organisation de l'église allemande et les rapports de cette église avec la papauté. Aussi les papes négocièrent. De là le Concordat de Vkiuie (1446). Comme la Pragmatique française, le Concordat allemand limitait les appels à Rome, abolissait les annates, remettait en vigueur le système de l'élection pour les évoques, etc. Toutefois, les annates abolies étaient remplacées par une nouvelle taxe, et d'autre part le pape conservait pendant une moitié de l'année, le droit de procéder lui-même aux nominations épiscopales: il n'y avait dans le Concordat allemand que d'apparentes ou de demi-concessions.
Le mécontentement fut vif en Allemagne. L'irritation
CONSEQUENCES ^.o,-,tre la papauté y subsista : elle s'accrut même
dans la seconde moitié du quinzième siècle, et tourna