‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 57 sur 118 · I. Voir ci-dessous, p. 14 i · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessous, p. 14 i

:. \'<iir ci-dessus, p. l,^8.

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Sommé de rclraclcr ses enseignements, il sv refusa, en prolclant du reste une lois encore de sa volonté de demeurer tidèle a IKirlise. 11 fut condamné au bûcher comme hérétique, et brûle vif i'i Juillet i4i5t.

La .Maison m; Concile a Constan^-e. — CiRANn dvciié de Bade. Photographie.

L'c.iifice con>lruit a^iielgues mètres du Ijc de Constance s'af^pelle le 'Kju/Iuus- — l'Entrepôt. Il avait été achevé depuis peu (i38S), quand il servit aux séances du l'.oncile œcuménique (1^14-1418), par qui fut terminé le schisme d'Occident et condamné Jean Huss. Constance, alors petite réputlique allemande, reçut, dit-on. i5oooo étrangers. A voir l'extérieur de l'Entrepôt on ne soupçonne guère qu'il s'y trouve une salle laige .Ye .32 mètres, et longue de 48 mètres — la largeur de Xotre-Dame de Paris — dont di.x gros piliers de chêne supportent le plafond, cl -i// purent trouver place les centaines de Pères du Ci^ncile.

11 fallut plus de deux ans pour réyler l'affaire du schisme. Le concile ayant décidé de faire leur procès aux trois papes, condamna et déposa le premier d'entre eux en mai 141.^. Aussitôt après le pape de Rome abdiqua (juillet iqi.^i. On néirocia loniiuement et en vain l'abdication du pape d'.Vviijnon. Quand on l'eut enfin déposé (juillet 14171. réfugié en Espaijne il se refusa à reconnaître la validité de la sentence du concile. Le schisme n'en était pas moins terminé.

Restait à remplir la tâche la plus difficile : la réforme grénérale de l'ICs^lise. .\vant cie l'aborder, la majorité du concile juiiea nécessaire de donner un chef à l'IOglisc et de procéder à l'élec-

i.r.ui.iM.. i',:-:

lion du pape. (Jn clul un piclal romain qui prit le nom de .Marlm \' I novembre 1-1171. Des lors la réforme se trouva irrémédiablement compromise, par suite d'un sourd conflit de prétentions entre le pape et le concile. En proclamant au début des séances que le pape devait obéissance au concile, les Pères du concile en grand nombre avaient entendu faire une déclaration de principe, affirmant d'une façon définitive et permanente la supériorité des conciles sur le pape, et donnant à l'Éi^lise le caractère d'une république oii les décisions de la majorité étaient la loi. .\u.\ yeux du pape, au contraire, cette déclaration n'était qu'un acte de circonstance, justilié par une situation inextricable et la nécessité de terminer le schisme, mais sans valeur le schisme terminé : \c pape en temps normal demeurait supérieur aux conciles, et l'Éizlise était une monarchie où le vicaire du Christ était seul maitre. En raison de cette opposition de doctrines, il était naturel que le pape cherchât à écarter promptement le concile et à faire de la réforme générale son œuvre propre. .\ussi, après avoir promulg-ué quelques décrets condamnant le vice le plus dangereux, la simonie, et les plus criants des abus, entre autres le cumul des bénéfices, c'est-à-dire la nomination d'une même personne à plusieurs charges ecclésiastiques, évêchés, cures, abbayes, Martin \' prononça la clôture du concile. Toutefois avant de se séparer, l'assemblée décida que des conciles œcuméniques seraient périodiquement réunis pour pour- >uivre l'œuvre de la réforme.

La condamnation et l'exécution de Jean Huss. par où LA GUERRE le concilc avait pensé terminer l'affaire de l'hérésie. HUSSiTE furent suivies en Bohême d'une guerre sauvage.

longue de dix-sept ans (1419-14.30) et toute pareille à la guerre des Albigeois en France deux siècles plus tôt. La chevalerie allemande partit en croisade contre les Tchèques, comme la chevalerie française s'était croisée contre les hérétiques du midi. Aussi la guerre hussite. religieuse dans son principe, fut-elle en même temps une guerre de race, la lutte du Slave contre r.\llemand : de là son atrocité. De là aussi l'unité de la défense tchèque, malgré les divisions qui existaient entre les sectateurs de Jean Huss. Les uns. en effet, demeuraient très près du catholicisme, et l'essentiel de leur doctrine était que selon l'usage primitif de l'Église, aboli par raison d'hygiène, les tidèles devaien communier comme les prêtres, sous les deux

lU HISTOIRE MUDEKNE.

espèces du pain et du vin — sid' iilraque specie. — avec le calice comme avec l'hostie : d'où leur nom d'Utraquistes ou de Calixtins. D'autres, qui avaient donné le nom biblique de Mont- Tabor à une colline, principal centre de leurs réunions, et qu'on appelait par suite les Taborites. rejetaient la plupart des sacrements et voulaient compléter leur réforme religieuse par une révolution sociale, en établissant la communauté des biens.

Le premier épisode de la lutte fut \â. défenestration de Prague : les Tchèques jetèrent par les fenêtres de l'Hôtel-deA'ille la municipalité hostile aux doctrines hussites (.3o juillet i4u>). Conduits d'abord par un chevalier. Jean Ziska. puis par un ancien prêtre l'rocope le Chauve, les paysans tchèques, seulement armés de Iléaux et de piques, mais fanatisés et soumis à la plus rig"0ureuse discipline, repoussèrent cinq croisades allemandes. Ils rinirent par inspirer une telle épouvante que la dernière armée croisée se débanda rien qu'en entendant la rumeur lointaine des Tchèques marchant au combat (1421). Procope prit même l'offensive, et dévastant tout sur son passage, poussa de tous côtés d'audacieuses attaques, dans les pays allemands, en Saxe, dans le Brandebourg-, en Franconie, et jusqu'en Hongrie. La guerre cependant huit par lasser les plus modérés des Tchèques, les Utraquistes. D'autre part le pape, l'empereur. l'Europe entière, émus de tant d'horreurs, désiraient la paix. Des négociations furent entamées qui aboutirent après que les Utraquistes eurent écrasés les Taboristes (iqSq). Des conventions — compacta — signées en 1486, à Iglau. reconnurent aux Tchèques la faculté de communier sous les deux espèces, moyennant quoi ils se réconcilièrent avec l'Église.

Les « Compacta » furent en partie l'œuvre d'un

LES CON'CILES nouveau concile, réuni à Ddle, pour poursuivre con-

formément aux décisions dernières du concile de

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