‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 61 sur 118 · I.A (;i\ KJSA I li)N, i · texte numérisé non relu

I.A (;i\ KJSA I li)N, i

L'Univcrsilc ctail dirigée par un Recteur assisté de ORGANISATION ^^.^j^ £)^^^„^. ^.^ j^. quatre Procureurs. Les Doyens

L'UNIVERSITÉ ^'^ûienl les chefs élus des Facultés de Théologie, de Droit Canon et de Médecine: les Procureurs représentaient les Nations des Arts Libéraux. Primitivement le Recteur n'était lui aussi que le chef de la laculté des Arts, son Doyen. En raison de l'importance de cette Faculté, il était (ievenu le chef de tout le corps universitaire. 11 était élu pour trois mois et ne pouvait être choisi que parmi les maîtres de la Faculté des .\rts. 11 prenait rang parmi les plus grands personnages du royaume, placé dans les cérémonies publiques avant les cardinau.x. princes de l'I-'glise. à côté des princes de la famille royale. 11 exerçait une \éritable souveraineté, comportant même le pouvoir de juger, dans toute la partie de Paris établie sur la rive gauche delà Seine, au versant de la montagne Sainte-Cieneviève : c'était là son royaume, le pdvs laliii — le quartier latin d'aujourd'hui — ainsi nommé parce que la langue qu'on v entendait parler le plus communément était le latin. Ses sujets n'étaient pas seulement les maîtres et les étudiants, mais aussi tous ceu.x qu'un lien quelconque, si ténu fût-il, rattachait à la vie de l'Lniversité et qu'on appelait ses suppôts : c'étaient les papetiers, les relieurs, les copistes, les domestiques d'étudiants riches, jusqu'aux maîtres d'hôtel et aux taverniers, au total la population presque entière du pa\ s latin.

Les étudiants, par suite des différences de naliDiialite îS COLLÈGES et de condition sociale, formaient un peuple assez complexe. II s'en trouvait de familles nobles et de bourgeoisie aisée : mais en majorité ils étaient fils de paysans et pauvres; beaucoup étaient misérables et réduits, ainsi qu'on le voit encore aujourd'hui dans certaines Universités étrangères, à se placer comme domestiques pour gagner leur pain: il en était qui mendiaient.

La charité chrétienne travailla de bonne heure à secourir ces misères. De là des créations de bourses et des fondations de ( 'ollèges.

Les Collèges à l'origine étaient simplement des pensions où quelques étudiants sans ressources trouvaient gratuitement un lit et du pain. Par la suite, ils se transformèrent en établissements d'enseignement, et les étudiants se trouvèrent en partie soumis au régime de l'inteinal. comme aujoui'd'hui dans ceilaines

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de nos i^i'andcs l-xoles spéciales. Le premier collej^'c, cuniprciianl dix-huit lits, tut fondé au début du règne de Philippe- Auyuste, en iiKo. à l'Hôtel-Dieu par un bourgeois de Londres. Le plus célèbre fut établi en 1257, sous Saint- Louis, par son aumônier, Robert de Sorbon. Transformé, agrandi, il devint dans les Temps Modernes, sous le nom de Sorbonne, le centre de l'enseignement à l'Lîniversité de Paris. Longtemps les Facultés n'eurent elles-mêmes qu'une installation misérable, et leurs salles de cours n'avaient au début pour mobilier que la table d'où parlait le maître, et les bottes de paille où les élèves s'asseyaient.

Élèves et maîtres au douzième et au treizième siècle L'UNIVERSITÉ formaient une population turbulente, et l'étude n'adou- ET LES ROIS cissait pas chez eux la rudesse des mœurs du temps. Philippe-Auguste les disait hardis àjouer du couteau plus que de l'épée des chevaliers. Les rixes étaient fréquentes dans les ruelles du pays latin. L'une de ces rixes, où la police étant intervenue on compta de nombreux blessés et plusieurs morts, devint précisément l'occasion du privilèg-e royal de 1200, qui soustrayait les étudiants à la juridiction laïque. Les rois en effet comptaient, et comptèrent pendant trois siècles, avec l'Université comme avec une puissance. Pour faire triompher ses revendications, pour assurer le respect de ses privilèges, elle n'avait qu'àmenacer de suspendre les cours. La grève futl'arme de l'Université contre les rois. Ils redoutaient en effet que la fermeture des cours ne provoquât l'exode des étudiants vers d'autres Universités. D'autre part, à raison de la célébrité de l'Université et du grand nombre de ses élèves étrangers, l'événement devenait un scandale international : l'Lurope entière s'inquiétait et s'indignait, selon les expressions du papeHonorius III. « de voir arrêter le cours de ce fleuve de science qui arrose et féconde le terrain de l'Église universelle ».

L'Université conserva, jusqu'au milieu du quinzième siècle, le bénéfice de son prestig-e. Au temps de la folie de Charles \]. de corps savant elle voulut se transformer en corps politique : elle se mêla avec passion aux querelles des Arnragrnacs et des Bourguignons. Mais lorsque fut venue la fin de la guerre de Cent Ans, et parce qu'elle y avait pris parti avec les Bourguignons pour le roi Anglais contre le « roi de Bourges ». !'Uni\ersilé fut brisée par Charles Vil victorieux. Il interdit au\ maîtres toute suspension des cours: il abolit le privilège de

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