‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 66 sur 118 · LES VITRAUX · texte numérisé non relu

LES VITRAUX

Treizième SIECLE.— La\'iergeet Sainte-Anne. Cathédrale de Reims.

Photographie Giraudon.

Ces deux statues se trouvent au enté droit du portail central de la cathédrale de Reims. Certainement antérieures a i25o, elles sont d'admirables spécivieus de la sculpture française à l'époque ogivale. Les proportions sont parfaites, les altitudes simples et vraies. Les draperies, souples et riches, sont traitées avec un art consommé, et l'on en peut dire que les sculpteurs grecs n'ont pas fait mieux.

L'ornementation est d'une admirable richesse. La disparition presque totale des murs entraîne la transformation de la décoration picturale. Les fresques ont fait place aux vitraux. Ils entourent l'église d'une muraille transparente de verre peint. Chacun d'eux est un tableau lumineux, découpé en multiples médaillons, dont la suite retrace les principaux épisodes de la vie d'un saint, ou bien représente, comme à la cathédrale de Chartres ou à la cathédrale de Bourg-es, les travaux des divers corps de métiers.

Mais la décoration est surtout sculpturale. Les plantes du pays, arums, renoncules, fougères, trèfle, cresson, fraisier, lierre, vigne, chêne, chardon, chou, s'enlacent aux chapiteaux des colonnettes, déroulent leurs guirlandes feuil lues autour des portes, dressent leurs crochets sur les arêtes des voussures et des clochetons.

Les soubassements, les pieds-droits, les tympans des portes sont couverts de bas-reliefs : médaillons svmbolisant. comme

\.\ CIVILISATION

a la cathédrale d'Amiens, les douze mois de l'année, ou reprcsentant, comme à la Sainte-Chapelle de Paris, la Création, le déluge; grands bas-reliefs divisés en plusieurs étages et retraçant des épisodes de la vie du Christ, de la Vierge des Saints, par exemple, à la cathédrale de Reims, le Christ en croix, le couronnement de la Vierge; à Notre-Dame de Paris le jugement dernier, le martyre de Saint-Etienne. On multiplie partout les statues; on en compte deux mille à la cathédrale de Reims, qui semble une immense dentelle de pierre Tantôt disposées dans des galeries au milieu de la façade, tantôt rangées aux deux côtés du portail, elles sont dans les premières cathédrales assez gauchement sculptées, raides, allongées à l'excès, comme à la cathédrale de Chartres». Puis la science et l'habileté des statuaires s'accroissent. Ils observent la vie et s'appliquent à la rendre fidèlement, ils sont comme on dira plus tard, des « réalistes ». Leurs œuvres s'assouplissent: au treizième siècle, il en est d'admirables, tel le Christ dit le Beau Dieu d'Amiens, tel, à Reims, le groupe de la Visitation. Ici les draperies sont d'un art si parfait qu'elles ne seraient pas indignes des grands artistes grecs.

Il est à noter que sculptures et vitraux étaient Là pour instruire autant que pour orner. Toute cette décoration formait, selon l'expression d'un concile du onzième siècle, le « livre des illettrés », un livre de religion, d'histoire, de morale, de science, un livre d'art sans cesse ouvert devant les yeux des fidèles.

PC r^r^^r^r^c ^'^ preuiière grande œuvre de stvie ogival fut la ET LES basilique de Saint-Denis construite au milieu du

VRCHITECTES douzième siècle (114.3-1 144) par l'abbé Suger, le ministre de Louis \'II. et devenue la sépulture des rois de France. Mais c'est au treizième siècle, et particulièrement de Philippe-Auguste à Saint-Louis, que furent élevés les chefs-d'œuvre de l'art français. Ce sont, en les énumérant dans l'ordre où les travaux furent commencés : Notre-Dame de J^aris (ii65), les cathédrales de Chartres (1194), de Rouen (1207), de Reims (1211), d^Ainiens (1220) « la plus complète de nos cathédrales », l'incomparable Sainte-Chapelle du Palais de Saint- Louis (1240), le chœur de^â" cathédrale de Beauvais (1247), la cathédrale de Bourges (1275). A côté de ces œuvres, les plus

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