‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 69 sur 118 · I. Voir ci-dessus, p. 47. 67, -3 et ci-dessous, p · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, p. 47. 67, -3 et ci-dessous, p

HISTÙIIŒ .MODERNE.

\-^-r---ûi^

'Aâ^^',

Architecti RE OGIVALE. — Venise. — I-A .MAISON d'Or. Photographie .-VHnari.

Le slrle ogival fut fort noûtc à Venise: sur les seules rives du Cirand Canal ou compte plus de cent palais de ce style qui prit là un cachet particulier de richesse et de ^aîlé. Les deux édifices les plus remar.]uatles sont le palais des /yaaes— voir^pa^e 41 — qui date des quatorzième et quinzième siècles; puis le palais connu sous le nom de Casa d'Oro. c'est-à-dire la Maison d'Or. Son nom lui vient des dorures qui primitivement ornaient sa façade. Construit au début du quatorzième siècle, en i3io, il n'a nulle srm?trie, — ce qui est un des caractères ie l'art estival — dans sa façade ; la partie gauche est une dentelle de martre, tandis quela parti- droite présente de larges surf aces pleines, ornées de mosaïques. En tas, vestibule ouvert sur le canal: au-dessus deux galeries — en italien « loggia » — aux arcades finement ajourées. La richesse de la décoration fait pensei^Jux palais Arabes. En avant les pieux pour amarrer les gondoles.

Ang-elico et Masaccio. mit hors de pair la sculpture et la peinture italiennes.

Le premier des orands écrivains de l'Italie, en même temps le plus illustre de ses poètes, son Homère, fut le florentin Dante Alighierî (i2o5-i32i). Un moment l'un des chefs du

A flVILlSATiriN.

xVrciutecture de la Renaissance. — Venise. — P.alais Vendra.mini-Calergi. Photographie Ahnari.

Ce palais fut construit à la fin du quinzième siùcle, vers m8i, par l'architecte P I omtardo dans le strie nouveau dont Brunellesco avait donne les premiers modèles. Le rapprochement avec la Maison dOr dont il est voisin fait hen res'iortir les différences de caractères extérieurs de l'ardnlecture ogivale et de l'architecture de la Renaissance. Ici tout est symétrique : la porte s ouvre au centre du palais; les fenêtres en plein cintre sont toutes pareilles Les éléments de la décoration sont tous empruntés à fart Antique. Au re:.-de-chaussee des pilastres, aux deux étages des colonnes a chapiteaux classiques, ioniens et coriutlnens, supportent de puissantes architraves:, à la naissance du toit, une large corniche détorde sur la façade. Il faut remarquer quà Venise le style de la Renaissance comme auparavant le style ogival, a un caractère de richesse ornementale quij „-a pas ailleurs. - Au tas du perron, entre les pieux ou . paît », une gondole.

o-ouvernement de Florence, puis banni à trente-sept ans à cause de ses opinions politiques - il était gibelin' - il vécut encore près de vin^t ans d'une vie errante et douloureuse, sans pouvoir rentrer dans sa patrie, même pour mourir. Pendant son omI. il i. Voir ci-dessus, p. ."7.

Florence. — Le Dô.me: le P.\lais \'iecx. Photographie Alinari.

// n'est peut-Hre pjs de ville gui puisse se glorifier d'avoir vu nailre autant d artistes et .i'écrivains illustres. On l'a justement appelée l'Athènes italienne. La vue est prise de la rive gauche de l'Arno et montre les monuments les plus célèbres de Florence. A gauche, ks créneaux et le haut campanile du Palais \'ieux ou Palais de la Seigneurie, l'hôtel de ville de la vieille république florentine, une citadelle construite à la fin du treizihne siècle ( ^tî^). A droite, le Dôme dont Brunellesco au début du quinzième siècle UA-^) a couvert le chœur de la cathédrale, et qui est la premi re grande œuvre d'une architecture nouvelle. En avant, à gauche du Dôme, la haute tour carrée est le campanile de la cathédrale, œuvre de GioUo, antérieure d'un siècle au Dôme. Le petit dôme à gauche du campanile est le dôme du Baptistère oit sont les portes de bronze de Ghiberti. La petite tour à droite du campanile domine le Bargello, — on aperçoit ses créneau.x — qui fut le premier palais-forteresse du gouvernement de Florence 11 255-1 2ôi). Remarquer le toit à pente presque insensible de la cathédrale, l absence de contreforts, les rares fenêtres rondes, des sortes d'œils-de-bœuf.

poursuivit et acheva la composition de sa « Comédie ». poème en trois parties, l'Enfer, le Purgatoire, le Paradis, que plus tard, au seizième siècle, on appelala Divine Comédie : oeuvre étrange et puissante, œuvre unique, sans équivalent en aucune autre littérature, où Dante mêla à tout ce que les Universités de Bologne et de Paris lui avaient enseigné de théologie, de droit, de philosophie, de sciences, ses théories et ses passions politiques, ses affections et ses haines, ses douleurs et ses espérances. La Divine comédie eut cette importance spéciale, que, écrite en dialecte toscan, elle en a fait, par l'admiration qu'elle inspira, la langue littéraire de l'Italie.

LA (IN ILISAI ION. ,-f,

Pétrarque (1304-1.374) et Boccacc étaient des eiil'aïUs lorsque Dante acheva la Divine Comédie. Comme Dante ils étaient d'origine florentine. Venu très jeune en France avec son père que ses opinions gibelines avaient fait bannir de IHorence. l'étrarque étudia à l'Université de Montpellier, puis s'attacha aux papes d'Avig-non qui lui confièrent à Paris, à Rome, à Xaples, maintes missions diplomatiques. Il vécut de longues années en Provence, surtout à \'aucluse, et ce fut aux troubadours qu'il emprunta la forme rythmique des plus populaires de ses poésies, les Sonnets, composés à la gloire de Laure de Noves, aimée d'un amour idéal. A la poésie italienne, à qui Dante avait donné la force épique et la majesté, Pétrarque apporta la douceur mélancolique et la g-râce. Les Florentins, fiers de lui. le rappelèrent. Pourtant ce fut loin de Florence, à Venise et à Padoue qu'il vécut ses derniers jours, exilé volontaire.

L'ambassadeur que les Florentins députèrent à Pétrarque fut Boccace (i3i3-i375), le fils d'un commerçant né par rencontre à Paris — sa mère était française. Destiné par son père au nég-oce il était devenu littérateur par admiration pour Pétrarque et désir de l'égaler. A la fois poète et prosateur, il ne compta guère par ses vers ; mais son Décameron, un recueil de cent contes et nouvelles, fut le premier chef-d'œuvre de la prose italienne.

Pétrarque et Boccace n'écrivirent pas seulement en DÉBUTS italien. Pétrarque de son vivant dut le meilleur de sa

,^^, gloire, non pas à ses Sonnets et à ses Chansons.

L'HUMANISME ^^.^ ^ ^^^ épopée latine, Africa. consacrée aux guerres puniques. Ce poème lui valut à Rome, au Capitole. les honneurs d'un triomphe célébré selon le mode antique (1.341). C'est qu'il fut, et de même Boccace, l'admirateur fervent des Lettres latines. L'un et l'autre recherchèrent avec passion les manuscrits des auteurs anciens. Ils fouillèrent, et l'on fouilla à leur exemple, les bibliothèques des couvents où souvent on ne songeait pas à protéger les manuscrits contre les rats, où souvent encore, en raison de la cherté du parchemin, on effaçait par des grattages les textes anciens pour copier des prières à la place, et fabriquer des livres d'heures que les moines vendaient aux fidèles». Les recherches furent fructueuses. Pour sa

1. On appelle palimpsestes, les parchemins où les textes furent ainsi effacés. Vers 1820 le cardinal Mai découvrit le moyen de faire réapparaître ! écriture mal effacée et retrouva de la sorte de nombreux fragments des auteurs anciens.

part Pétrarque retrouva Y Institution Oratoire de Quintilien. de nombreuses Lettres et des Discours de Cicéron.

La même curiosité s'étendit aux Lettres grecques. La langue grecque était au Moyen Ag-e ignorée dans l'Europe Occidentale au point qu'en beaucoup d'Universités maîtres et élèves ne connaissaient même pas les caractères grecs. Boccace. un des premiers, étudia et apprit le grec, rechercha et fit recopier des manuscrits grecs. Mais ce fut seulement au quinzième siècle que se généralisa la connaissance de la littérature grecque. Les manuscrits furent apportés en grand nombre de l'Orient, surtout après la prise de Constantinople par les Turcs (i+SS). A lui seul le cardinal Bessanon (1393-1472), un Grec fixé en Italie au temps du concile de Florence, en réunit six cents, qui lui coûtèrent plus d'un million et demi et qu'il légua à \'enise.

Œuvres latines et œuvres grecques enthousiasmèrent ceux qui les découvrirent. Ils s'en pénétrèrent, s'efforcèrent de les imiter et de faire partager leur admiration. Ils furent les initiateurs d'études nouvelles, poursuivies en dehors des Universités, et dont les Lettres anciennes fournirent seules la matière. Du mot latin «humanus» qui signifie « poli » on appela ces études les Humanités, et Ton nomma Humanistes ceux qui les pratiquèrent. L'humanisme n'aUeigml son plein développement qu'au seizième siècle où il ruina la scolastique, c'est-à-dire l'enseignement grammatical, théologique et philosophique des Universités. Mais, dès le milieu du quatorzième siècle et pendant tout le quinzième, les travaux des premiers Humanistes rendirent familières au public les idées des écrivains grecs et latins. Ils préparèrent ainsi et provoquèrent une résurrection de l'esprit antique, qui fut proprement la Renaissance.

Dans le même temps où l'influence de l'Antiquité

L'INFLUENCE commençait à se faire sentir chez les penseurs, elle

commença à s'exercer sur les artistes. Le fait se

DANS LES ARTS , • -l , ,, . j- u j t» i

produisit naturellement d abord en Italie parce que. centre de la civilisation romaine, elle était plus riche qu'aucun autre pays en débris de l'art ancien. Les Italiens trouvaient là des modèles qu'ils devaient à bon droit préférer à ceux venus du dehors, parce qu'ils étaient comme des moJèles nationaux. Les monuments montraient aux architectes, au lieu de l'arc brisé français, le plein cintre romain ou la ligne droite de l'architrave grecque ; au lieu des piliers formés de faisceaux de colon-

Page 1