‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 70 sur 118 · I.A CIVILISATION · texte numérisé non relu

I.A CIVILISATION

GiOTTO (1266-1337). — La fuite ex Egypte. — Ch.\pelle de San"t.\ Maria dell'Arena. — Padoue.

Photographie Alinari.

On a appelé Giotto te premier des peintres modernes. Il x a encore de la gaucherie dans le paysage indiqué d'une façon rudimentaire, — des rochers et quelques arbres. — dans le dessin des yeu.x,qui. même vus de profil, sont comme chez les Egyptiens presque représentés de face. Mais tous les mouvements des personnages sont vrais et exactement rendus. .4 droite saint Joseph, sur l'ordre apporté par un ange, quitte la Judée pour sauver Jésus du massacre commandé par le roi Hérode. Il tient à la main droite une • fiasque », la gourde italienne. La Vierge enveloppée d'un ample manteau tleu, assise sur l'âne, a attaché à son cou l'Enfant- Jésus par une écharpe: derrière d'autres voyageurs. Les murs de la chapelle de l'Arena sont entièrement couverts par les trentehuit fresques oit Giotto, vers i3<i5, .7 retracé les épisodes principaux de la vie de la Vierge et du Christ et qui sont son œuvre la plus émouvante. — Voir au Louvre te tableau de Giotto « saint François d'Assise recevant les stigmates •. Giotto n'a pas été seulement un grand peintre. Architecte il a donné les plans et les dessins du campanile de la Cathédrale de Florence, œuvre de style ogival, mais avec des détails de décoration inspirés déjà de l'art antique.

A. MALET. — Histoire moderne. 12

17S HISTOlKfc; .MODERNE.

nettes, des colonnes aux fûts rég"uliers ou cannelés, des pilastres termines par les chapiteaux classiques, dorique, ionien, corinthien : des frontons triangulaires ; une décoration pour ainsi dire géométrique faite de denticules. d'oves, de volutes : des palmetteset des feuilles d'acanthes, et non plus la variété charmante et riche des feuillages indigènes.

Aux sculpteurs et aux peintres quelques statues, bien que le plus souvent mutilées, des bas-reliefs sur des tombeaux ou sur des arcs de triomphe, tel l'arc de Titus à Rome, révélaient non plus la préoccupation, commune à tous les artistes du .Moyen .\ge, de traduire des sentiments et de rendre avec ridélité ce que l'on voyait, fût-ce la laideur, mais le souci de la beauté et de la gnâce. Ils y découvraient la recherche de la perfection des formes, de l'harmonie des attitudes, l'étude approfondie et la complète connaissance de la structure du corps, une sorte de culte pour la beauté de ce corps que la modestie chrétienne voilait toujours et que l'antiquité souvent présentait nu.

Architectes, peintres, sculpteurs se mirent à l'école des .Vnciens et sans les copier, s'inspirant seulement de leurs leçons, produisirent une série d'œuvres très personnelles dont beaucoup d'une parfaite beauté.

Le premier des grands artistes italiens fut à la fin du LES ARTISTES treizième siècle et au début du quatorzième un compatriote et un ami de Dante et de Pétrarque, à la fois architecte et peintre, le florentin Giotto (i266?-i33^). Architècte, il donna le dessin et commença la constrûctiôîntu campanile de la cathédrale de Florence. Bien que dans son ensemble le campanile soit de style ogival, déjà l'influence antique y apparaît dans des détails de décoration. .Mais ce fut surtout le peintre qui fut grand, et l'on a justement appelé Giotto « le fondateur de la peinture italienne, le premier peintre moderne ». Dans ses chefs-d'œuvre, qui sont les fresques de la basilique d'Assise consacrées à la vie de saint François, puis les fresques de Sainte- .Marie à Padoue consacrées à la vie de la Sainte Vierge et du Christ, il montra, le premier, une véritable science de la composition: le premier il peignit des personnages dont les physionomies, les formes, les attitudes, les gestes exactement observés, et rendus avec une sincérité très simple, donnent au spectateur, malgré quelque gaucherie, l'impression et l'émotion de la vie.

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