‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 8 sur 118 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

Au dixième siècle le royaume de France avait pour LA FRANCE ijmites : au nord, la mer du Nord jusqu'aux bouches de l'Escaut. A l'est, la frontière suivait à peu près l'Eiscaut, la Meuse depuis Mézières jusqu'à sa source, la Saône, les Cévennes, l'Ardèche, le Rhône et la branche occidentale de son delta : elle touchait au sud l'embouchure du Llobre^at, petit fleuve espag"nol, et suivait les Pyrénées. Le royaume comprenait ainsi, avec un quart de la Belgique actuelle et un fragment de l'Espagne, toute la France de l'Atlantique et le Languedoc, soit environ soixante-trois de nos départements. Dans le royaume, on distinguait encore comme deux pays : au nord de la Loire, France proprement dite, au sud de la Loire V Aquitaine. Entre ces deux parties du royaume la langue et les mœurs différaient. Au sud on parlait la langue d'oc ou provençale, plus voisine du latin: au nord on employait la langue d'oïl. Les hommes étaient, comme le parler, moins rudes au sud qu'au nord. Français et Aquitains formaient comme deux peuples qui se connaissaient peu et ne s'estimaient pas : les Aquitains dédaignaient la brutalité des Français qu'ils qualifiaient de barbares: les Français méprisaient la civilisation des Aquitains, qu'ils traitaient de corrompus.

France et Aquitaine étaient subdivisées en une série de principautés ou fiefs. Les plus importants des fiefs étaient pour la France :

Le Comté de Flandre.

FORMATION TERRITORIAI.E DES l'TATS.

L'Europe au dixième et au ^iuinzième siècle.

HTSTOlUi: .MODKKNK.

Le (.'(Miitc de Paris.

Le Duché de Xormandic.

Le Duché de Bretag-ne.

Le Comté d'Anjou.

Le Comté de Blois.

Le Duché de Bour2:og-ne.

Le Comté de Champag-ne.

Le RdYAlMh DE 1-RANCE Al DIXIt.ME ET Al (lUINZIE.ME SIÈCLE.

Dans Y Aquitaine les grands fiefs étaient :

Le Comté de Poitiers, également appelé le Duché d'Aquitaine ou de Guyenne.

Le Duché de Gascogne.

Le Comté de Toulouse.

Le Comté de Barcelone, devenu depuis la Catalogne.

Tous ces fiefs appartenaient à des princes laïcs. Il existait en outre, particulièrement dans la France proprement dite, de grands fiefs ecclésiastiques dont les plus importants étaient les duchés-comtés de Tournai, de Beauvais, de Xojon, de Laon. de Reims, de Châlons, de Lahgres.

Qu'ils fussent héréditaires comme les fiefs laïcs>s?u électifs comme les fiefs ecclésiastiques, tous les fiefs étaient de vrais États souverains, et leurs possesseurs avaient comme des rois, le droit de g^uerre, le droit de justice, le droit de- battre monnaie, etc. D'autre part tous les fiefs étaient indépendants les uns

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