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des autres. Le royaume de lM-aiice était une mosaïque de principautés juxtaposées, entre lesquelles il n'existait d'autre lien politique que la communauté du suzerain, le roi. - un roi élu.
Le royaume de France ac dixième siècle.
En 987, Louis V, le dernier des Caroling-iens français
LES étant mort, les évêques et les seigneurs du royaume de
CAPÉTIENS France se réunirent à \oyon pour élire un roi. Ils
élurent l'un d'entre eux, le comte de Paris, Hugues Capet. Hugues descendait d'une famille qui s'était illustrée au neuvième siècle dans la lutte contre les envahisseurs Normands et qui, depuis le comte Eudes, le héros de la défense de Paris en 88.5, avait k plusieurs reprises porté déjà la couronne de
10 HISTOIRE MUDERNH.
France. Hugaies n'en fut pas moins le vrai fondateur de la dynastie Capétienne. Cette dynastie, la plus remarquable de notre histoire, accomplit en trois siècles et demi (987-1328), par l'effort persévérant et méthodique de ses quatorze rois, l'œuvre glorieuse de Yunification de la Fiwice.
Rien à l'avènement d'Hu^-ues Capet ne semblait pro- LE DOMAINE mettre à sa descendance une aussi brillante destinée. ROYAL Le roi de France, seig-neur élu par d'autres seigneurs,
était le moins riche et le moins puissant des grands seigneurs. Son autorité directe était limitée à son domaine personnel, c'est-à-dire aux terres, aux châteaux, aux villes qu'il avait hérités de ses ancêtres, et qu'il possédait en propre. Or, ce domaine, le domaine royal, équivalait à peine à deux de nos départements. C'était une étroite bande de terre allant de l'Aisne à la Loire, de Compiègne à Orléans, une sorte de couloir resserré entre le duché de Normandie et le comté de Blois à. l'ouest, le comté de Champagne et le duché de Bourgogne à l'est. Ce couloir était formé d'un fragment de l'Ile de France et de l'Orléanais, et renfermait deux villes importantes, Paris et Orléans. Encore y avait-il, enclavées au milieu du domaine, des seigneuries. — telle la seigneurie de .Montlhéry, — dont les possesseurs, vulgaires brigands, empêchaient le roi de circuler librement sur ses terres. Ce fut cependant ce mince domaine qui devint comme « le noyau de cristallisation » de la France. Ce fut en partant de là que les Capétiens réussirent à détruire une à une les grandes dynasties féodales, à se substituer à ces dynasties dans les fiefs qu'elles possédaient, et à placer ainsi à peu près toutes les parties du royaume sous leur autorité directe.
Les progrès des Capétiens furent d'abord d'une extrême
LES PREMIERS lenteur, et pendant près d'un siècle et demi, de 987 à
CAPÉTIENS ii37, sous Ics règues d'Hugues Capet, de Robert le
Pieux, d'Henri I", de Philippe Y', de Louis VI le Gros, le domaine s'accrut à peine de quelques châteaux, et au delà de la Loire d'une ville importante, Bourges. Le plus actif des souverains de cette première période, Louis le Gros, employa pendant trente-quatre ans toute son énergie à réduire à l'obéissance les châtelains les plus turbulents de l'Ile-de-France. De la sorte il unifia le domaine royal, tâche sans éclat, mais dont l'achèvement était cependant la condition môme de toute tentative d'action dans le rovaume.
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