DE CATEAU
. même pour Philippe II. Des négociations turent
alors entamées entre la France, l'Espagne et l'Angleterre : elles aboutirent au bout de six mois à la signature du traité de Cateau-Cambrésîs {3 avril i.Sôg). Par ce traité, auquel participèrent les souverains de France, d'Espagne, d'Angleterre et l'Empereur, le roi de France renonçait
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à toiile prctcnlion en Italie: il abandonnait le l'ieniMiil et ne ;^'ai'dait que quelques places, Turin.
Pipnerol , au delà des Alpes; il rendait la Savoie. .Mais il conservait au nord Toul, Metz et Vcrdiin, et rAni.;'leterre lui abandonnait Cal.tis. En revanche, en Italie, le roi d'Espai:ne triomphait: il i^'ardait le royaume de Naples et le Milanais. Ses successeurs devaient les posséder cent cinquante ans, jusqu'au début du d i X - h u i t i é m c siècle.
Le traité de C'ateau-Cambrésis stipulait en outre comme i;"aoe de réconciliation déHnitive le mariag-e de Philippe II.
veuf de Marie Tudor.
avec la HUe d'Henri II. A l'occasion de ce mariag"C de g'randes fêtes furent célébrées à Paris. Au cours d'un tournoi auquel Henri II prenait part, la lance de Montgomery, capitaine des g-ardes, s'étant brisée sur le bouclier du roi, un éclat de bois l'atteignit à l'œil : Henri mourut de sa blessure.
l'RANt.OIS DE LuRR.MNE, DUC DE (JlISE (l5ig-l563
r)'aprè.s un portrait anon)'me. — Château de \'ersail!es. — Photographie'Hachette.
I'')\inç(ns de' Guise, gui conserva Met:, à l.x France (i552) cl lui rendit Calais (i558), fui le plus remarqual'le représentant d'une famille qui joua un rôle considérable pendant les guerres de religion. Directement mêlé au premier épisode de ces guerres, le massacre dé Vassy (i5ô2), ■// fut assassiné à quarante-quatre ans par un protestant, J'oltro de Meré, au siège d'Orléans (i503). l 'iiir ci-dessous, chapitre Xlll. — Sons la toque de velours noir h'odée d'or, campée sur l'oreille comme un képi, le visage maigre, très colore, encadré de tarte blonde, avec le nez hardi, les yeux très tiens, est énergique et décidé. — Le seizième siècle nous a transmis un grand nomtre de petits portraits d'auteurs inconnus, comme celui-ci, très précis et peints avec cette conscience minutieuse, qui caractérisait les miniaturistes du Moyen Age et que posséda au plus haut degré Clouet, le meilleur des portraitistes français du seizième siècle — Voir son portrait de (harlesIX, ci-dessous chapitre Xlll.
RÉSULTATS Entreprises au sud-est pour s'assurer par delà les DES GUERRES Alpes et sur la .Méditerranée la possession du D'ITALIE royaume de Xaples et du .Milanais, les guerres d'Ita-
lie aboutissaient au nord à la reprise de Calais, au nord-est à l'annexion de .Metz. Toul et \'erdun. sur les rives de la .Moselle à la frontière allemande.
Pareil résultat était, en apparence, illog-ique : en fait, l'annexion des Trois Évéchés était la conclusion naturelle des leçons de la guerre.
Pendant que les Français couraient les aventures en Italie, la frontière du nord avait été quatre fois forcée : l'ennemi avait pu traverser la Champagne et la Picardie, et Charles-Quint était arrivé à .Meaux, à cinquante kilomètres de Paris. Dès lors, il était clairement apparu que Paris, la tête et le cœur du royaume, se trouvait, tant la frontière était proche, à la merci d'une bataille perdue et d'une marche audacieuse de l'ennemi. 11 fallait donc l'éloigner de la frontière par l'agrandissement du royaume. De là l'occupation de .Metz, de Toul et de Verdun : « Emparez-vous doucement des susdites villes, disait à Henri II en i5.S2 le maréchal de Meilleville. qui seront un inexpugnable rempart pour la Champagne et la Picardie. — Ce sera, ajoutait-il, un beau chemin et tout ouvert pour enfoncer le duché de Luxembourg et les pays jusqu'à Bruxelles: plus, vous faire maître à la longue de tant de belles et grandes villes que l'on a arrachées des fleurons de votre couronne, et de recouvrer pareillement la souveraineté des Flandres que l'on vous a si frauduleusement ravie, qui appartient aux rois de France il y a plus de mille ans. et de toute immémoriale ancienneté. »
Le maréchal de Vieilleville traçait ainsi le programme d'une politique dont Henri l\. Richelieu, Louis XI\', le Comité de Salut public devaient tour à tour, pendant deux siècles, poursuivre la réalisation. Cette politique consistait à faire rentrer dans la France tous les pays qui avaient autrefois fait partie de la Francie, donc laFrancie orientale, l'antique « Austrasie », et. plus haut dans le passé, tous les territoires enfermés par le Rhin, frontière naturelle de la Gaule. Le traité de Cateau-Cambrésis consacra les premiers résultats d'une politique nouvelle, la politique des limites naturelles. Il ne pouvait donc être et ne fut qu'une trêve dans la lutte de la maison de France contre la maison d'.\utriche. puisque la maison d'.Vutriche demeurait maîtresse de la Franche-Comté, de l'Artois, de la Flandre, des