Graveurs
Nous avons dit" que de 1817 à 1848 l'entrepreneur de Monnaie devait fournir les coins nécessaires à la fabrication. I en résulte que le graveur n’était donc plus sous la direction de l'État; il se trouvait en quelque sorte être un employé travaillant pour l’entrepreneur. Aussi avons-nous peu de renseignements sur ce qui le concerne.
Les pièces de 1817 frappées selon toutes probabilités par MM. Sandol et Rossel sont signées de la lettre H., signature qui ne peut convenir qu’au graveur dont il n’est fait mention nulle part dans les registres publics. J.-D. Blavignac" dit incidemment que les coins de ces pièces furent gravés par M. Hoyer, de Lausanne, et nous le croyons en effet, non seulement parce que Blavignac pouvait avoir obtenu ce renseignement de personnes ayant connu Hoyer, mais surtout parce que l'opinion de l’auteur de l’Armorial est corroborée par les souvenirs d’un vieillard qui, lui, avait connu Hoyer, nous voulons parler de M. Marc-Louis Bovy.
D'après lui, Pierre-lsaac Hoyer* serait bien l’auteur des coins de 1817. « C'était, nous a-t-1l dit, un graveur habile, travaillant chez mon père, M. Jean-Samucl Bovy lequel, depuis son entrée dans l'atelier ne l'en laissa jamais sortir, pas même la nuit; aussi fut-il peu connu. Il doit être l’auteur des coins avec lesquels on frappa les premières monnaies de la Restauration, en 1817, tandis que celles de 1819, 1825 et 1833 doivent être l'œuvre de Louis Fournier qui succéda à Hoyer dans l'atelier de mon père. »
A partir de 1838, les coins de la monnaie genevoise sont l'œuvre d'Antoine
! Voy. ci-dessus. p. 59.
* Blavignac. Op. cil., p. 358.
# Pierre-[saac Hoyer naquit à Lausanne le 44 août 1763 el mourul à Genôve le 8 juillet 4829, Son pôre, Jean-Frédéric Hoyer, fils de Jean-François Hoxer doit être le premier qui vint s'établir au Pays de Vaud. Ilexercait à Lausanne la profession de jouillier et mourut dans cette ville Le 24 mai 4804. La famille Hoyer ou Hoier était originaire de Christin-Krlangen, principauté de Bayreuth. {Nous devons la plupart de ces rensexynements à lobligeance de M. G. Favey, de Lausanne.)
# Louis Fournier mourut à Grange-Canal, près Genève, le 6 mai 4833, âgé de 63 ans (Communuication de M. L. Dufour-Vernes.)
RESTAURATION DE LA RÉPUBLIQUE ET DERNIERS TEMPS DE L'ATELIER 1813-1848. 63
Bovy'.Il faut cependant en excepter les coins des vingt-cinq-centimes, dix-centimes, cinq-centimes et centimes portant le millésime de 1847 et la signature A. B. Ils sont dus au burin de M. Auguste Bovet’. M. Antoine Bovy n’a signé que Îles monnaies d'argent de l'émission de 1848 consistant en dix-francs et cinq-francs. On conserve dans quelques collections des pièces frappées en petit nombre ct dont les coins ne furent pas adoptés; ils sont l'œuvre de Jules Bovy, Gællner, etc. Nous en parlerons dans la quatrième partie.