‹ Histoire monétaire de Genève de 1792 à 1848Chapitre 54 sur 116 · CHAPITRE VI RETRAIT DES ANCIENNES MONNAIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI RETRAIT DES ANCIENNES MONNAIES

Plusieurs causes nécessitent le retrait d’une monnaie ; les principales sont l'usure et le changement du système monétaire. L'ancien numéraire genevois a été successivement soumis, de 1824 à 1846, au retrait pour cause d'usure et pour cause de changement du système monétaire cantonal.

Enfin, les monnaies frappées dès 1838 ont été à leur tour retirées pour faire place aux monnaies fédérales émises en vertu de la constitution de 1848. Nous

rendrons successivement compte de ces diverses opérations. 1° RETRAIT POUR CAUSE D USURE.

De toutes les monnaies genevoises frappées au XVIIIme siècle, les pièces de

vingt-et-un-sols et de dix-sols-et-demi eurent assurément le plus de faveur et de

circulation. Emises de 1709 à 1721, l’ensemble de ces monnaies a représenté une valeur de 1.279,950 ff. soit 365,700 livres courantes. Au commencement de la Restauration elles étaient de toutes les monnaies genevoises celles qui se voyaient le plus, hormis peut-être quelques-unes des monnaies frappées de 1794 à 1798, mais par le fait de cette incessante circulation l'usure en était extrême, à tel point

que sur la plupart d’entre elles toute trace d'empreinte avait disparu". Le 18 mai

1 Une brochure parue à Genève en 182$, due à M. de la Rive-Füillict, et intitulée Sur notre système monétaire. débute de la façon suivante : « Une famille étrangère, partie de son pays dans l'intention de séjourner quelques mois en Suisse, pour de là se rendre en Italie, nous fut adressée. . .. ÉSEx Quatre jours après leur arrivée, le mari me dit: Veuillez m'expliquer votre système monétaire, je ne puis le comprendre. Arrivé ici avec des lettres de crédit dont 3e m'étais pourvu à Paris, je me suis adressé à l’un de vos banquiers qui néa présenté en échange d'une lettre de deux mille francs une nole dite en livres courantes ; il m'en &remus le montant, partie en érus L'empire, partie en piastres, et. pour appoint. deux rouleaux de pières, dites monnaie genevoise, qui ne se sont trouvées que de petites plaques d'argent sans marque ni titre quelconque. »

Selon toutes probabilités, ces deux rouleaux de monnaie genevoise étaient composés de pièces de viugt-ct-un-sols ou de dix-sols-et-demi.

RESTAURATION DE LA RÉPUBLIQUE KT DERNIERS TEMPS DE L'ATELIER 1813-1848. 85

1824", la Chambre des Comptes proposa au Conseil d'État de faire contre-marquer toutes celles de ces pièces sur lesquelles se verrait encore une empreinte, et de retirer les autres ; de cette façon on éviterait le cours de monnaies étrangères de bas litre, également usées qui circulaient comme monnaies genevoises.

Le Conseil d'État n’adinit pas la partie de ce projet concernant les contremarques; en revanche, il ordonna aux caisses publiques de retirer les pièces de vingt-et-un sols et de dix-sols-et-demi dont l'usure avait effacé l'empreinte, et ce retrait ne larda pas à devenir assez important, car vers la fin de 1898 il représentait une somme de 140,000 ff. ‘. Aussi cette diminution de numéraire commença-t-elle à se faire sentir dans la ville et la Chambre des Comptes dût momentanément arrêter le retrait de ces monnaies *.

Cette opération ne fut reprise qu’une dizaine d'années plus tard, alors que toute la monnaie duodécimale allait être retirée.

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