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taine, les dons les plus éminenis de leur nature ? Le péril est réel ; pour s'en préser^^er, un seul moyen leur reste : ne jamais regarder Fart comme la vie même, mais comme un accident et une parure dans la vie ; parler quand elles ont quelque chose à dire, se taire quand elles Font dit ; sacrifier tout, même leur renommée, à leurs obligations de filles, d'épouses et de mères ; se dire sans cesse qu'au-dessus de la pensée il y a le cœur, au-dessus de la gloire le dévouement; que savoir n'est rien, que briller n'est rien, et que toute la destinée d'une femme se résume dans un seul mot : aimer I A ce prix, mais à ce prix seul, les femmes pourront être femmes de lettres sans cesser d'être femmes, et le monde n'aura pas à leur reprocher une occupation qui agrandira le domaine de la pensée publique, sans rien coûter à leurs devoirs privés.
Reste l'enseignement \ Quant à cette profession, elle appartient aux femmes pai* droit de vocation et par droit de conquête. Ce fait caractéristique et charmant mérite de nous arrêter.
Nos sueules ne savaient pas lire; l'ignorance était une distinction de plus chez les femmes nobles, une nécessité pour les pauvres femmes. Cependant une jeune fille en Italie et une jeune veuve en France formèrent presque en même temps le projet d'élever des jeunes filles et des institutrices déjeunes filles '. Ce n'était rien moins qu'une révolution ; et, chose assez rare, celles qui la firent le comprenaient : « Il faut, disaient-elles,
J . Parmi les écrfyains qui ont jeté le plus de lumière sur cette question citons MM. Plée, Jourdan et Sauvestre, dont les articles ont été justement remarqués dans le Siècle et VOpinion nationale»