Chronique des Ursulines, U \, fondation de Clermont
dix-huit mois après, leurs économies réunies payais! les frais de la première fondation d«s Ursulines à Clermont. A Dijon, la fondatriee &it la fille d'un conseiller au parlement, mademoiâelle Françoise de SaintcHige, et le récit de ses douleurs lemplûrait presque un livre. D'abord son père ne lui donne son adhésion qu'afarès s'être assuré, par une coiDSultaiioai de quatre docteurs, qu'instruire des femmes n'était pas une ceuTre dn démon ^; puis bieotàt, effrayé de Toir toute la ville se se»lever contre «Ik^ et les en£suats la' poursmvre, dans la rue, de cris< et de pierres, il kii retire sonconsentenm^. Mais Françoise, avec cinquante livres, qui formaient tout son bien, ioue une maison ti &'y relire un jour de Noël, à minuit, avec cinq jeunes filles qui s'étaient adjointes à elle. Arrivée en ce lieu, elle leur dit : € Cest « ici que nous fonderons la première maison dUrso- € Unes à Dijon ; seulement^ comme j'ai dépensé tout ce € ce que je possédais pour payer la loeatkm d'une « année, il nous faudra passer cette nuit en ptières, car € nous n'avons pas de lit ^. » 11 ne se trouvait, «i effet, dans ce logis, ni coucher, ni feu, ni pain, et elles y demeurèrent jusqu'au lendemain soir,, jeûnant et frissonnant, mais fondatrices. Le soir, M. de Saintonge, pris de pitié, leur envoya les restes de sa table. Leur premier repas fut un repas de mendiantes. Ëh bien, douie ans après, la ville de Dijon retentissait de cris de fête et de joie; les cloches soimaient, les rues étaient jonchées de fleurs ; d'une maison de chétive apparence, sortaiait, en procession, cent jeunes filles, vêtues de blanc, avec