Code pénal
a. Code pénal, art. 389. « Le mari qui aura enteetenii uDeeoncubine dans la maison commune, et qui en aura été convaincu sur la plainte de la femme , sera puni d'une amende de cent à deux mille francs. »
iiappe déjà le Code , honore le coupable amaislié ; et demandons-nous, la main sur la conscience, si devant Dieu, devant le cœur, devant la société même, un tel ahlme sépare la faute du mari de celle de la femme, qu'il doive y avoir entre elles la différence de Fâbsolution à Tanaibème.
L'adultère de la femme est plus coupable que celui du mari, nul n'en doute. Non-seulement, en effet; sa faute à elle peut introduire des étrangers dans la famille, ravir à ses propres enfants une part de Théritage paternel, déchirer le cœur d'un honnête homme qui en vient à ignorer s'il ne doit pas haïr les êtres qu'il adorait la veille; mais, outre ces conséquences fatales, la femme est plus coupable parce qu'elle sait et croit l'être. Plus on brise d'obstacles pour commettre un crime, plus le crime est grand; or, les préceptes maternels , les préceptes de la religion, tous les enseignements de son éducation ont représenté à la femme l'adultère comme la plus flétrissante des souillures : sa faute s'aggrave donc de tout ce qui la séparait de cette faute. L'impudicité dégrade la femme autant que l'improbité dégrade l'homme.
Mais ces rigoureuses coatestaiions établies, examinons à son tour l'adultère de l'époux, et voyons s'il est aussi innocent que le proclament et la loi et le monde. Je ne parlerai pas de principes, de foi jurée, quoique, à dire le vrai, je ne conçoive guère qu'il soit déshonorant de manquer à «a parole vis-à-vis d'un hommye, et qu'il soit permis de la violer envers une femme; mais écartons les sentiments d'honneur qu'on appelle exaltés, étalions dès l'abord à ce qui compte d^ns le mond£ et dans le Coda,, k la •qumdoiui'Qrdre, aux i]ait&.. OUv^V^ âj^ àL^Syd&^x^^
« de Temprisonnement pendant trois mois et deux ans € au plus^. »
L'équité n'a rien à reprendre à ce châitiinent, «i ce n'est sa bénignité. Un emprisonnement de trois mois ne suffît jamais, et un emprisonnement de deux ans ne suffit pas toujours pour punir le crime deraldultère. Le soin de la moralité publique et le maintien de la pureté du ménage doivent occuper tant de place dans la pensée du législateur, que, loin d'atténuer sur la tête de la femme coupable le coup de la justice, nous le voudrions plus terrible} Mais le mari? Le mari? Son adultère ne constitue pas à lui seul une faute. Pour que l'époux soit coupable, il faut qu'il entretienne sa concubine^ dans la maison commune. Qu'on remarque ce mot entretenir; l'article ne dit pas amener, introduire, il dit entretenir^ c est-à"dire installer, loger; hors de là, absolution (empiète. Tout ce que lui demande le Code, c'est de reconduire sa maîtresse cliez elle après le couvre-feu. Par compensation, nous devons le dire, s'il l'établit hardiment, insolemment, au sein du foyer domestique, l'indignation de la loi s'éveille, et le mari coupable d'an tel crime est puni de cent francs à deux mille francs d'amende^ )
Pour apprécier de tels jugements, éIevon&-nous un moment au-dessus de l'esprit matérialiste de la loi; termons l'oreille aux vaines railleries dumonde, qui« selon sa charité ordinaire, frappant encore sur celle que