‹ Histoire municipale de Vendome avant 1789Chapitre 17 sur 80 · DU VOTE · texte numérisé non relu

DU VOTE

(1) On sait que dans les temps très reculés, les églises ont servi de lieu de réunion au peuple qui s'y assemblait pour délibérer sur ses affaires temporelles. Sous l'ancien régime, l'entretien, la réparation et au besoin la reconstruction du chœur était à la charge des gros décimateurs ; aux habitants incombait l'entretien de la nef. Pour ce motif, ils s'y considéraient un peu comme chez eux, et ils l'affectaient, en outre du service divin, à des usages civils, et même, dans certaines circonstances et à certains jours, ils y tenaient des assemblées profanes, comme la fêle de l'Ane ou la fête des fous, et on y donnait aussi des représentations théâtrales et des mascarades.

De telles pratiques, dans un temple consacré au culte, sont faites pour surprendre. Elles se rattachaient à un vague souvenir de la tradition, depuis longtemps perdue, de la destination à laquelle avait été affectée l'antique basilique romaine, pour les services publics. C'est encore la raison qui faisait que les paroissiens, pour délibérer sur les affaires temporelles de leur église ou de la fabrique, étaient convoqués et s'assemblaient au banc de la marelle.

(2) De Pétigny, i" édition, page 333.

présidait l'assemblée. Il prenait place au milieu de la table ; des bancs étaient placés à sa droite et à sa gauche ; le lieutenant général du bailli {^), le lieutenant particulier, le procureur et l'avocat du roi, officiers du baillage, prenaient place sur ceux de droite, et les échevins sur ceux de gauche.

Dès que le président avait déclaré la séance ouverte, les échevins sortant de fonctions requéraient le public de leur donner des successeurs. Le greffier faisait alors l'appel, par noms et surnoms, de toutes les personnes inscrites sur sa liste ; et à mesure qu'il les appelait, elles passaient devant le président, auquel elles désignaient, à voix basse, les noms des personnes auxquelles elles entendaient donner leurs suffrages. Celui-ci les notait immédiatement sur une feuille de papier, en traçant avec une plume des traits à l'encre, en regard des noms qui lui étaient déclarés. Les suffrages ainsi recueillis étaient ensuite comptés, et les quatre candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix étaient proclamés échevins pour les trois années qui allaient courir. En cas d'égalité du nombre de suffrages obtenus, il était procédé à un nouveau tour de scrutin . Deux personnes alliées au second degré ne pouvaient être simultanément échevins (2).

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