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MADELEINE

ville avec la banlieue située sur la rive droite du Loir. Elle était dotée de deux portions curiales, et elle avait deux recteurs ou curés.

Le comte François de Bourbon et les habitants prièrent alors l'évêque de Chartres, Miles d'Illiers, de consentir à ce que l'une des deux portions curiales, formât une paroisse nouvelle. Le prélat accueillit favorablement la demande par une ordonnance du i5 octobre i485, dont l'un des motifs est que l'église de Saint-Martin, à raison de ses dimensions insuffisantes, ne pouvait recevoir et contenir qu'à grand'peine la moitié des paroissiens et du peuple qui y affluaient pour entendre le service divin, « ce qui occasionnait et pouvait « occasionner du tumulte et scandale fâcheux et nuire au salut « des paroissiens, du peuple et des âmes ».

L'évêque ordonna aussi de diviser le territoire de la paroisse de Saint-Martin en deux portions, dont l'une forma la nouvelle paroisse de la Madeleine, et de partager entre les deux paroisses tous les meubles, cloches, vases sacrés, livres, rentes, revenus et confréries (i).

La nécessité d'ériger une nouvelle paroisse est bien une preuve de l'accroissement que prenait alors la ville. En effet, la fin du XV" siècle et la première partie du XVP furent l'époque de sa plus grande prospérité.

Cependant elle avait été fort éprouvée en 1619, par une de ces épidémies auxquelles on donnait le nom de peste. La maladie avait si cruellement sévi, que tous ceux des habitants qui avaient pu quitter la ville, l'avaient abandonnée. Les officiers du bailliage s'étaient retirés à Thoré et les chanoines de Saint-Georges, à Rocé d'abord, et ensuite à Lavardin (-).

Cette calamité, et d'autres accidentelles, n'empêchèrent cependant pas la population de se développer, sous la protection des comtes ; car la haute situation et le rang distingué qu'ils

(1) Titres d'érection de la paroisse de la Madeleine. Archives de Loiret-Cher.

(2) de Péligny, i" édition page 338. Le 3i octobre 1019 , le bailliage siégeait à Thoré, à cause de la peste qui était à Vendôme. Inventaire de l'Oratoire, page 3o8.

occupaient parmi les grands vassaux de la couronne, (;l (pie leur avaient valu les services rendus à la royauté par plusieurs d'entre eux, avaient exercé une influence favorable à cet égard.

Les foires qui se tenaient à Vendôme à différentes époques de l'année contribuèrent beaucoup au développement de son commerce. La première en date fut concédée dès le XI« siècle au monastère de la Trinité, par le vicomte Raoul, en l'honneur de N.-D. de Pitié, dont la chapelle était dans la Galilée (') du couvent. Lancelin de Beaugenci lui donna ensuite celle de Saint-Bienheuré, que Simon, son successeur, confirma en ii5o. Le comte Jean III en institua une le jour de la Nativité de Saint-Jean, au profit de la Maison-Dieu, à laquelle l'évêque de Chartres avait annexé la chapelle de Saint-Jacques (2), pour reconnaître la piété que les habitants avaient fait paraître lors de l'incendie de la ville en 1204. Ce même comte en accorda encore une autre, en I2i3, à l'abbé Hamelin ; elle se tenait depuis la neuvième heure du vendredi avant la Pentecôte jusqu'à l'octave de la fête. L'abbaye de l'Epau avait aussi droit à une foire, qui se tenait au village du Temple.

D'autre part, les célèbres pèlerinages de la Sainte-Larme et la cérémonie qui se faisait chaque année le jour de la résurrection du Lazare pour la délivrance d'un prisonnier, en exécution du vœu que le comte Louis de Bourbon, fait prisonnier par les Anglais sur le champ de bataille d'Azincourt, avait formé en 1427, dans l'espoir de sortir des prisons où le retenait le roi d'Angleterre et de recouvrer sa liberté, attiraient aussi un grand concours de peuple, fort avantageux pour le commerce. Une sage disposition prise par les comtes l'avait encore favorisé.

(*) Les foires qui se tenaient dans la Galilée, c'est-à-dire dans la première cour et la place de l'Abbaye, en dehors des lieux conventuels, étaient celles de la Trinité, de Saint-Bienheuré, de la Nativité, de Saint- André et du Lazare, dont les droits appartenaient au monastère. — Abbé Simon, Histoire de Vendôme, tome III, page 196.

(-) Inventaire des titres de l'Oratoire, ms. de la Bibliothèque de Vendôme.

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