DES PONTS
« déserte'(^)- » Us en avaient avisé l'intendant, dirent-ils, par un rapport du sieur Augry, avocat de son Altesse, et ils terminaient en requérant les habitants de conférer entre eux pour trouver les moyens de pourvoir au rétablissement des ponts et ouvrages publics.
RECHERCHE La matlèrc fut aussitôt mise en délibération. Personne ne
DES RESSOURCES contesta la nécessité de faire des travaux de réparations, et l'on rappela presqu'aussitôt, qu'il existait certains fonds qui pourraient y être employés, si les habitants auxquels ils appartenaient personnellement y consentaient. La ville n'avait rien à y prétendre, et ceux à qui ils appartenaient étaient entièrement les maîtres de leui' donner la destination qu'il leur conviendrait.
Ces fonds se composaient : i° des remboursements, faits pour une partie, et restant à faire pour le reste, des étapes fournies par les habitants aux troupes du roi qui avaient passé par la ville, ou y avaient séjourné en quartiers d'hiver; ils pouvaient s'élever à quatre mille cinq cents livres, qui étaient aux mains des échevins du dernier triennal ; 2° de restitutions qui avaient été faites, sur les ordres de l'intendant, par les Cravates {^) qui avaient été en garnison dans la ville et dans l'élection en l'année i6^4' <^t P^ï" l6s dragons du régiment de Listenay qui avait tenu ses quartiers d'hiver à Vendôme en la présente année ; elles pouvaient s'élever à 2.600 livres ; 3<* et il était encore dû par le roi environ i.ioo livres pour les fourrages fournis à deux compagnies du régiment Royal- Anglais et à deux compagnies de dragons du régiment de Listenay, pendant les deux derniers quartiers d'hiver, à raison de cinq sols la ration pour les compagnies anglaises et quatre sols pour celles de dragons.
La nécessité de porter le plus promptement possible remède à l'état lamentable de la ville, fit décider à l'unanimité l'emploi, en travaux de réparations, de ces fonds et de ceux qui pourraient être dûs dans la suite, poui* les fom-nitures d'étapes
0) Registre 2, folio 53.
(-) C'était sans doute le régiment nommé Royal-Cravate, par corruption du nom Royal-Croate.
qui seraient faites ultérieuienient, jusqu'à entier achèvement de ces travaux, et de les affecter aux réparations du pont et de la porte Chartraine, du pont et de la porte Saint-Georges, des ponts Saint-Blé, Saint-Michel, Parain, de hi Ghévrie et autres ponts et ouvrages publics de la ville. On émit ensuite l'avis de supplier le roi et son conseil d'autoriser l'intendant à réunir à ces fonds ceux qui pouvaient appartenir à quelques paroisses de l'élection, pour le remboursement des fourrages qu'elles avaient fournis aux compagnies anglaises et aux dragons de Listenay, attendu que les habitants de ces paroisses avaient un notable intérêt au rétablissement des chemins et des ponts, eu égard aux denrées et marchandises qu'elles amenaient en ville, et autres avantages qu'elles en tiraient. On dit encore qu'il y avait lieu de prier l'intendant de vouloir bien tenir compte de l'état de grande détresse de la ville, lorsqu'il établirait l'imposition des tailles pour l'année prochaine. Enfin, comme les fonds appartenaient exclusi\ement à ceux des habitants qui avaient souffert les logements des troupes du roi, tant de passage que de quartier d'hiver, et que beaucoup de notables habitants de la ville tels que communautés ecclésiastiques, prêtres, officiers des maisons royales et des juridictions et autres, n'y avaient aucun droit, pour n'avoir point logé, les véritables propriétaires des créances furent d'avis que les échevins dresseraient un mémoire ou liste de tous ces notables, auxquels il serait demandé de faire la déclaration des sommes poui* lesquelles ils seraient disposés à contribuer volontairement à la réfection des ouvrages ; puis, d'après la connaissance que les échevins et les officiers de ville avaient des moyens et facultés de ces notables, ils établiraient un rôle des sommes que ceux-ci auraient à payer pour leur part contributive de ces dépenses : après quoi l'intendant serait supplié de l'approuver et d'en autoriser le recouvrement.
C'était d'ailleurs à cette dernière condition seulement, que les habitants titulaires des créances consentaient à en abandonner le montant dans un intérêt général ; car il était juste que ceux qui n'avaient pas supporté les charges du logement des troupes, contribuassent à ces travaux dont l'utilité était indiscutable.
Les échevins s'employèrent activement à donner suite aux résolutions qui avaient été prises. Ils firent connaître le degré d'avancement de l'instruction de l'affaire dans une assemblée générale tenue le 29 septembre. Dès le 3i juillet précédent, ils avaient obtenu un arrêt du Conseil qui renvoyait à l'intendant la requête relative aux réparations à faire aux ponts et ouvrages publics, ainsi qu'aux ressources à y affecter. Elles étaient évaluées à treize mille six cents livres. L'intendant était invité à faire procéder à la visite des ouvrages et à l'estimation des travaux à exécuter. Ils devaient faire ensuite l'objet d'une adjudication au rabais, donnée suivant la manière accoutumée, en présence du maire et des échevins.
Ceux-ci s'étaient pourvus devant l'intendant qui, par son ordonnance du i5 septembre, avait prescrit, en exécution de l'arrêt du Conseil, que la visite des ouvrages et l'estimation des dépenses seraient faites par le sieur Poitevin architecte du roi ; qu'il dresserait ensuite un devis des travaux à faire, en présence de l'intendant ou du sieur Augry (') ; que ce dernier en rédigerait le procès-verbal sur le vu duquel il serait ensuite procédé aux publications et affiches, et enfin à la mise en adjudication au rabais, en présence du maire et des échevins.
Les habitants approuvèrent entièrement ce qu'avaient fait les échevins. Ils les chargèrent de suivre l'exécution des travaux jusqu'à leur entier achèvement, et consentirent de nouveau à ce que les fonds, qui leur appartenaient, reçussent cette destination.
On ne voit point en quoi consistaient ces travaux, ni le moment où ils furent entrepris. La mise en adjudication, l'approche des matériaux, exigèrent sans doute d'assez longs délais. Les chantiers ne furent peut-être ouverts que plusieurs années après 1677, quoiqu'on celle-ci tout semblât préparé pour que la mise à exécution pût suivre à bref délai.
REC ONSTRUCTION