PONT CHARTRAIN
Une indication, que l'on trouve à la date de l'année 1691, fait connaître que l'adjudicataire du pont Chartrain se nommait
(*) René Augry était subdélégué de l'intendant pour l'élection de Vendôme.
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Jacques Jacquet, et raniiée 1691 semble bien être celle où l'on reconstruisit en pierre ce pont qui, jusqu'alors, avait été de bois. Son état présent ne donne pas idée de celui que bâtit Jacquet ; car la partie que l'on voit aujourd'hui clait précédée, du côté du faubourg, par une assez vaste demi-lune nommée le houlevert, enceinte par un large fossé demi-circulaire et muraille, en communication avec le Loir, et sur lequel était jeté un pont de deux arches qui reliait le boulevert au faubourg.
A la date du 29 juin 1692 (*), il fut adressé des remerciements à l'intendant de ce que le roi « a fait visiter par Poitevin, « architecte, ingénieur du roi, les différents ouvrages publics à « faire et à réparer, et notamment le pont Ghartrain de ladite « ville, où il a pris la peine de se transporter au jour d'hier. » Quelques efforts que l'on eût faits en 1677, pour porter remède aux dommages existants, on n'avait pu s'occuper que des principaux et des plus pressants ; et le rétablissement du pont Ghartrain devait assurément passer avant tous les autres travaux. Geux à faire sur d'autres points avaient dû être ajournés. D'ailleurs, des difficultés d'ordre financier étaient venues les entraver encore. Une saisie-arrêt, dont on ne voit pas les motifs, avait été pratiquée sur les deniers d'octroi, à la requête d'un sieur Gourvon. Par suite, on éprouvait une extrême difficulté à faire payer les marchandises (matériaux) et les ouvriers, par le receveur des octrois. Pendant ce temps, les dégradations ne cessaient de s'aggraver. Le procureur du roi en avertit les habitants assemblés le 26 juillet 1698 (^). Il leur dit, que depuis la visite qui a été faite aux ouvrages publics de la ville, une partie du pont Rondin est tombée, et que les ponts de la Ghévrie et Parain sont à peu prêts à cahier ; qu'il est donc urgent d'y travailler.
D'autre part, des malfaçons avaient été signalées dans les travaux des fondations du pont Ghartrain le 8 juillet 1694, (Registre 3, folio 45) et il avait été demandé que l'entrepreneur, le sieur Gorridoux, les réparât avant de poursuivre la construction de l'ouvrage. Néanmoins, peu d'années après qu'il fût ter- Ci) Registre 3, folio 3.
(*) Registre 4> folio 5
miné, des aflbuillcments se produisirent dans les fondations. La cause en est attribuée, dans le procès-verbal du a février i^o4, (*) au régime défectueux de la rivière, sur lequel est appelée l'attention de la municipalité. L'exhaussement que les propriétaires de moulins et les meuniers donnaient aux chaussées et aux futz-gravier de leurs moulins, était une entrave au libre écoulement des eaux, fort préjudiciable au public et dangereux pour la ville, et c'est « le farfouillement de ces torrents d'eaux « qui a, depuis douze ans, ruisné les fondements du grand « pont de pierre qui a été construit au lieu du pont de bois. » Lors de la reconstruction de 1691, l'arche du côté de la ville n'avait point été fermée par une voûte en pierre, parce qu'elle recevait les bois du pont-levis de la porte Chartraine. En 1723 le tablier était en très mauvais état et avait besoin de sérieuses réparations {-) ; mais elles n'avaient pas encore été faites en 1727, car le i4 août de cette année (3), on émettait l'avis qu'au lieu de rétablir le pont-levis de bois de la porte Chartraine, il serait plus convenable et plus utile de faire une arche de pierre, comme on avait ci-devant fait au pont-levis du château Margot au bout du pont Saint-Georges (*). Grâce au progrès de la sécurité publique à l'intérieur du royaume, la ville avait en effet plus d'intérêt à faciliter la circulation dans ses rues, qu'à entretenir des portes avec leurs ponts-levis et des murailles qui se dégradaient.
(*) Registre 4- {-) Registre 9, folio 3o.
(3) Registre 10, folio 5o.
(*) Registre 9, folio 3o.