‹ Histoire municipale de Vendome avant 1789Chapitre 70 sur 80 · VACANTS · texte numérisé non relu

VACANTS

octrois; que, chargée de l'entretien de neuf ponts (<) et d'un pavé immense, elle est dans l'impossibilité de payer les 10.000 livres demandées pour la réunion des offices : qu'elle ne pourrait le faire qu'au moyen d'un emprunt dont la réalisation serait très difficile, absorberait le plus clair de ses revenus et la mettrait hors d'état de subvenir à toutes les dépenses d'entretien dont elle est chargée.

La seule ressource serait dans l'accroissement de l'octroi, qui ne pourrait frapper que sur les vins, les autres denrées n'étant déjà que trop chargées par la perception du don gratuit et des 8 sols par livre nouvellement établis, qui portent à 3 livres 9 sols, avec le congé, l'entrée d'un poinçon de vin ; il n'est pas possible de faire subir à celle-ci une nouvelle augmentation sans porter un notable préjudice aux habitants et à la ferme {-). Que quant à l'augmentation de l'octroi sur le vin, la ville a déjà sollicité de le porter, de 10 sols par poinçon qui lui avaient été accordés par arrêt du Conseil du 26 avril 1768, à 12 sols, pour la construction des casernes ; et que l'unique ressource de la ville est de demander au contrôleur général de lui rendre le tiers de la moitié des octrois qui fut distrait jadis pour l'entretien du château, attendu que cette rentrée faciliterait l'emprunt des 10.000 livres demandées, en servant d'hypothèque aux prêteurs.

Mais le contrôleur général n'acquiesça pas à la demande. Il refusa de remettre la portion d'octroi réclamée et maintint la demande de 10.000 livres.

Les notables, assemblés le 7 février 1778 (3), en furent informés par la communication d'une lettre de l'intendant, donnant l'assurance qu'il ferait tous ses efforts pour obtenir que la somme demandée fût réduite à 8.000 livres, tant il était dési-

(1) Ces 9 ponts étaient : le pont Cliartrain ; le pont Saint-Michel ; le pont Saint-Georges ; le pont Saint-Bié ; le pont Parain ; le pont de la Chevrie ; le pont Rondin ; le pont Neuf, ce dernier détruit, reliait la ville à la rue Ferme ; le 9' était peut-être la partie du pont Cliartrain composée de deux arches, côté du faubourg (aujourd'hui détruite) qui donnaient accès dans le boulevert, véritable tête du pont Cliartrain.

("^) La ferme des Aides, qui étaient perçues pour le Trésor.

(■■') Registre 18, folio 92.

roux de conduire la négociation èi bonne lin. Mais l'assemblée, après en avoir délibéré, décida de ne rien ajouter à son offre précédente et de la maintenir à 6.000 livres, et ordonna de transmettre à l'intimdant cette résolution.

La notification qui en fut faite à celui-ci lui lit perdre l'espoir d'obtenir de la ville une nouvelle concession plus avantageuse. Il en informa le gouvernement. Celui-ci, usant de la faculté que lui donnait l'article G de l'édil, s'empressa alors de pourvoir aux offices vacants. Un brevet du roi, en date du 24 février 1778 (^), nomma les titulaires des différentes fonc. tions et les appela à les occuper, tant qu'il plairait à Sa Majesté.

La mairie fut confiée à M. Francisque Day de la Cha- m. day

pelle, officier commensal du roi. Il fut installé par le lieute- ^^ ^^

nant-général civil le i5 mars suivant (2) et il eut pour lieute- '

° \ /' r MAIRE

nantM. Huger. (1773)

Les autres officiers municipaux furent : M. de Fontenay, nommé !<>'' échevin ; M. Compaignon de Flosville, médecin de Monsieur, 2<= échevin ; M. Forest, chanoine, i^"" assesseur; M. Leroux, 2^ assesseur; M. Buscheron, 2^ assesseur; M. Marganne, greffier ; M. Moulnier, receveur. La lettre collective de nomination contient aussi cette disposition : « Veut aussi Sa Majesté, qu'à mesure qu'aucunes des dites places seront levées aux parties casuelles et que l'impétrant en aura obtenu l'agrément, il puisse, aussitôt qu'il en aura été pourvu, en remplir les fonctions, et que celui qui se trouvera ainsi remplacé cesse le service sans aucune difficulté.

« Fait à Versailles, le 24 février 1778 (3). » A peine le gouvernement eut -il démontré par ces nominations sa volonté de ne pas céder aux exigences de la ville, que la défaveur dont les offices semblaient atteints disparut, car ils ne tardèrent pas à trouver acquéreurs.

M. Day de la Chapelle résigna promptement les fonctions *^- ailles

de maire. Le roi les confia alors à M. Gilles-François de Tré- François de

TRÉMAULT

O Registre 18, vol. 98. "^^'"^

(2) Registre 18, folio 98. ( I773)

(3) L'original de cette lettre est en notre possession.

luault, par des lettres de provision du 12 mai 1773, dans lesquelles il le qualifie de « ci-devant notre conseiller, lieutenant-général « au bailliage prévôtal de Vendôme, dont il remplit les fonca tions pendant plus de trente ans » (^), et le nouveau maire fut installé dans ses fonctions le 3i mai 1778 (*).

Des lettres patentes furent ensuite délivrées successivement, pour les fonctions d'assesseurs, à MM. Couturier et Morard au mois d'août 1778 ; pour celles de i^'^ échevin, à M. Courtin, en 1774 ; de 2^ échevin à M. Philippe Fournier. Le lieutenant de maire, M. Huger, fut remplacé en 1779 par M. Gompaignon de Flosville, médecin de Monsieur, et M. Philippe Fournier, décédé en 1788, par M. René Colas.

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