‹ Histoire-musée de la République francaiseChapitre 25 sur 74 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Dette de la teedon de Haoeonteil. — CobienH eC le cmrnp éet Autriehietu. ~ Acqnidement de Lafiiyelie. — Portrait des ehettaliers tki poignard. — lo Août; la Teille; la nuit du 9 au 10; le matin dn 10 , la mort de Mandat; attaque et prite dn chAleau; le roi à raaiemblée ; suspension prononcée de Louis XVI ; on couToque une couTention nationale. — . Gonieil eiéculif. — Suites du 10 aoûL — ATéncmcnt da tè^aa de réalité. — Un mot sur riMemblée législative. — Le dégel de la nation.

Depuis plusieurs jours, Paris n'était pas tranquille. Du 3 au 8 aoât, des rassemblements avaient paru, et les clubs divers s'agitaient encore plus que de coutume. Il manquait cependant un prétexte à l'insurrection , qui avait pour centres de ralliement le club des cordeliers, celui des jacobins, et la section des Quinze-Vingts, dans le faubourg de Gloire , — dont les membres no le cédaient en rien en violence aux clubistes les plus acharnés. La section de Hauconseil avait pris pour devise ces deux vers :

Le devoir le pins saint, la loi la plus chérie, Cest dTonMier Im loi pour servir la patrie.

« On a vu, le 9 au soir, un homme parcourant la terrasse des Feuillants, aux Tuileries, avec un étendard chargé de cette légende : aLouis, demain le trône êerarenverêé; demain noiu eeronê libres *.» Dans tout Paris, les groupes rassemblés sur les places publiques disaient que le lendemain les patriotes marcheraient sur Cohlewtz , et attaqueraient vivement le camp des Autri^ chiens '*. Une des causes de la rumeur populaire était le décret d'acquittement du

* Voyes rmaioif9 tk Frunee, par l'abbé de Hontgaillard.

** BUtoire aeerite du lo aoAi, brochure publiée en 1796. — Co6fe«fs, c'éuit le château des Tuileries; on appelait le jardin Ciump des Jmtrickiens.

218 ON s'aub aux tcilbuks. [A.oAt 179S.)

teéUral Lafayette, rendu le S août, à une assez grande majorité. Les tribunes l'avaient retju avec des huées et des trëpigiiemcDtâ de rage. Quelques députés furent assaillis et meoacés de la laaterue. Le 9, ou avait affiché l'appel nominal de la veille : les impartiaux tremblants s'effacèrent devant tes jacobins ; les députés outragés n'obtinrent pas vengeance de l'assemblée.

L'acquittement de Lafajette était donc venu à propos pour prétexter l'insurrection prèle à éclater. A minuit, le tocsin donna le signal, et auBsitdt tout Paris fut en armes, et la cour en émoi.

Le château des Tuileries avait des moyens de défense. Douze cents Suisses étaient venus en renforcer la garnison. De plus, plusieurs jeunes gens de la garde du roi avaient revêtu le même uniforme ; et six cents personnes dévouées à Louis XVI, gardaient les appartements. Après le combat, ce sont ces défenseurs particuliers de Louis XVI, que le peuple appela de l'ancienne dénomination de chevalier* du poignard, et qu'il poursuivit avec le plus d'acharnement. On les a , plus tard, peints de la sorte.

Avec ces courtisans armés, des hommes de naissance obscure ae promettaient aussi de combattre. Mais, soit par crainte de faire nattre des soupçons.

(AoAtl79S.) MBORTRB DB ■▲NDAT. 919

8oit par un reste de fierté nobiliaire, on ne les avait pas laissés entrer dana le château. Ils devaient se réunir aux Champs-Elysées , pour de là se jeter sur rassemblée législative. Mandat , commandant-général de la garde nationale parisienne, avait obtenu rautorisation de repousser la force par la force, et le commandant de l'Hôtel-de- Ville avait même reçu l'ordre de tirer sur les insurgés, dès qu'il les verrait déboucher sur la place de Grève ; les diverses légions de Paris avaient pris les armes. Bon gré, mal gré , Pétion s'était vu obligéde signer Tordre qui faisait agir Mandat. C'était donc un véritable combat, que celui qui allait s'engager entre les insurgés et les derniers soutiens de la monarchie.

Les hdtes des Tuileries, ayant entendu le tocsin, ne se couchèrent pas , à l'exception du dauphin et de sa sœur. On prit des dispositions à la hâte ; on coupa le plancher qui joignait le Louvre aux Tuileries, afin de fermer le passage aux insurgés; on plaça là quelques pièces de canon, et on attendit le point du jour. U se leva dans un horizon rouge, et en le voyant, d'une fenêtre, Marie- Antoinette devint pâle et comme en proie à un horrible pressentiment. A cinq heures les enfants furent éveillés, habillés et amenés près de Louis XVI, qui parut déterminé à risquer le combat. La famille royale se plaça sur le balcon du palais, où elle fut accueillie par les cris de v««e le roi! prononcés par des serviteurs dévoués, prêts à mourir pour lui conserver l'existence. Louis XVI avait le teint animé, les yeux gros et rouges.

Cq[)endant, Mandat avait été plusieurs fois appelé par la commune pour comparaître devant elle. Les membres du conseil municipal renouvelé , voulaient lui ôter des mains l'ordre que Pétion avait signé. Mandat obéit , et fut étonné en voyant les changements opérés dans la municipalité. Après un interrogatoire qui était loin de satisfaire les conseillera municipaux , il fut conduit à l'Abbaye, — ou plutôt livré aune foule furieuse. Mandat, au bas de l'escalier de l'Hôtel-de-Ville , reçut un coup de pistolet, et tomba baigné dans son sang. Ses meurtriers le dépouillèrent et cherchèrent dans ses habits l'ordre de Pétion , que l'infortuné avait eu soin de laisser à son fils. Exaspérés par ces vaines perquisitions, ils l'achovèrent à coups de sabres et de piques» et précipitèrent son cadavre dans la Seine. La commune lui donna immédiatement Santerre pour successeur.

C'était-là, dès le début de la journée, un triomphe pour les jacobins , une défaite pour la Gironde. La nouvelle municipalité, œuvre de Danton et de Robespierre, dirigea alors l'insurrection.

Les Marseillais et les Bretons avaient braqué leurs pièces de canon devant le château d'où l'on pouvait les voir très-distinctement. La mort de Mandat paralysa les mesures prises par les défenseurs du château. Les insurgés , au contraire, obéissant â une force pleine d'unité , deviennent plus redoutables. La générale est battue dans les sections; les bataillons suspects sont retenus dans leurs corps-de-garde ; les rassemblements de royalistes formés

2S0 SAC ET PBISB DBS TUILERIES. (AoÙt 1792.)

aux Champs-Elysées sont dispersés ; la garde nationale mise sous les armes par Mandat a reçu d'autres ordres, ou a été renvoyée.

L'attaque commence, vigoureuse du cAté des assaillants , commandés par Westermann, molle ou partielle du côté des assiégés, commandés par MM. Vitinkoff et Romain Villers. A peine les caoonniers ont écouté Vallocution de Rœderer, procureur-syndic, qui leur a recommandé la résistance légale; plusieurs ont retiré la charge de leurs canons. Les nobles seuls , tout mal armés qu'ils sont, jurent de mourir à leur poste. Les insurgés entonnent la ronde de Çà ira. Le roi était sorti du château, et se trouvait au milieu de la représentation nationale. Les Suisses n'en sont pas moins fidèles i leur maître. Plusieurs décharges redoublées de leur part, mettent en fuite les assaillants; le canon se fait entendre. Les fédérés bretons et marseillais reprennent courage et attaquent alors le château sur les deux façades , et bientôt les Suisses restent seuls pour soutenir l'assaut. Le combat devient de plus en plus acharné; les Suisses sont culbutés et tués pour la plupart. Les insurgés sont maîtres de la place.

Alors, le château des Tuileries est envahi, et les vainqueurs pénètrent facilement dans l'intérieur. Spectacle effrayant 1 le palais est environné de fumée et de flammes; il est menacé de l'incendie. La façade est criblée de balles et de boulets. Les vitres des fenêtres sont brisées. Dans le jardin, dans les cours , dans les couloirs, dans les anti-chambres, partout du sang et des cadavres. Les lambris dorés sont ternis. Et les insurgés, après leur victoire, pleins de colère et du désir de la vengeance, se promènent dans les appartements, égorgeant ou jetant par les fenêtres les hommes du château qu'ils rencontrent sur leur passive, Suisses , simples domestiques, et autres. Point de pitié ni de merci I On se venge encore sur leurs cadavres qu'on dépouille et qu'on mutile horriblement. L'habit rouge est une cause infaillible de mort. Quelques défenseurs de ^uis XVi parviennent seuls à s'échapper, ou sont sauvés par des âmes généreuses ; et le cri de <c Faites grâce aux femmes,» arrache à la mort madame Campan , la princesse de Lamballe , mademoiselle de Tourzel , etc. , qui sont incontinent menées dans les prisons de l'Abbaye *.

Les récits qui ont été faits de la journée du 10 août, sont tellement codtradictoires, qu'on ne peut dire au juste lesquels, des assiégeants ou des assiégés, commencèrent le feu. Quoi qu'il en soit, il est certain que Louis XVI, entendant, de l'assemblée nationale où il avait cherché un refuge, le bruit du canon, s'écria : « J'avais défendu de tirer. » Mais , comment concilier cette phrase avec les prép|iratifs faits aux Tuileries, pendant la nuit du 9 au 10 août? Quelques historiens, à cet égard, jettent sans hésiter, tout le blâme sur Louis XVI qui, selon eux, a d'abord voulu opposer la force à U

' Mémoires Je Madame Campan.

(Août 1792 ) LA LOGB DO LOG06BAFBB. 221

foroe, puis s'est ravisé au moment du danger, abandoimant ses défenseurs. Tout porte à croire que, dans cette terrible circonstance, comme dans beaucoup d'autres, le roi a été irrésolu, tantôt faisant prenre de courage, tantôt cédant à l'abattement. Au surplus, nous allons voir ce qui se passa i l'assemblée législative» pendant que tes hommes du 10 août criaient victoire aux Tuileries.

A huit heures, Louis XVI était au milieu de la représentation nationale. Son entrée fut tfiste au delà de toute expression. Rocher , homme d'une stature colossale, etchef d*une troupe de citoyens qui semblaient vouloir s'opposer à la marche du roi, avait fini par embrasser ce prince, avait mis le dauphin sur sespropresépaules, et étaitvenu le placer sur le bureau du prési« deot,«— tout cela aux grandes appréhensions de Marie- Antoinette. A peine la famille royale eut pénétré dans l'enceinte, qu'il se fit comme un murmure respectueux. Louis XVI s'assit à côté de Vergniaud , président; mats, sur l'observation de Chabot <x que l'assemblée ne pouvait délibérer en présence du roi, » la famille royale fut placée dans une loge de journaliste, la loge du logogrdphe^ située derrière le fauteuil du président. Elle avait douze pieds carrés. Ce fut pour Louis XVI une torture sAns pareille que cette séance. Il demanda de la nourriture pour réparer ses forces, et mangea des pèches.

A tout moment , une foule de pétitionnaires venaient demander la déchéance du roi, ou faire connaître le triomphe des insurgés. Des hommes rompus de fatigue, couverts de sang, des femmes décorées depetits morceaux de drap rouge , arrivaient déposer sur le bureau du président , les objets précieux trouvés au chAtean des Tuileries. Enfin, Louis XVI vit consacrer Tiosurrection devant lui, par la lecture d'un projet de décret , adopté suHechamp, et rédigé en quelques articles :

Article premier. Le peuple français est invité à former une convention nationale;

11. Le chef du pouvoir exécutif est provisoirement suspendu de ses fonctions, jusqu'à ce que la convention ait prononcé sur les mesures qu'elle croira devoir adopter pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l'égalité ;

m. 11 sera organisé* dans le jour, un nouveau ministère;

rV. L'assemblée nommera un gouverneur au prince royal ;

V. Le paiement delà liste civile demeurera suspendu jusqu'à la décision de la convention nationale;

VI. Le roi et la famille royale demeureront dans l'enceinte du corps législatif, jusqu'à ce que le calme soit rétabli dans Paris.

VU. Le département donnera des ordres pour leur faire préparer un loge* ment au Luxembourg, où ils seront mis sous la sauve-garde des citoyens et de

la loi.

Vni. Tout fonctionnaire public, tout soldat, sous-officier, officier, de tels

222 AFite LE 10 AOUT. (Âoûtl792.]

grades qu'ils soient, et général d*arinée, qui, dans ces joun éTalarmes^ abandonnera son poste, est déclaré inrâme et trattre à la patrie.

Sans désemparer, l'assemblée nomma le comeU exécutifs c'est- à-dîre le ministère, et le composa de Roland, à l'intérieur; de Clavières, aux Gnapces; de Serran, à la guerre; de Danton, ila justice; de MongQ,à la marine, et de Lebrun, aux affaires étrangères.

L'assemblée législative a parlé, dans son décret citéplus haut, dejourt d'alarmes. Nous disons, nous, jours d'anarchie. Aucune puissappe directrice n'est établie. La France n'est plus sous le régime monarchique, et elle n'a pas encore proclamé la république. Dans cette crise, dans ce moment de transition , les jacobins et les girondins se disputent la souveraineté. Hais déjà il se passe i l'assemblée ce qui a eu lieu à la municipalité. Les premiers l'emportent sur leurs compétiteurs, en influence, sinon en autorité. Lesgirondins ont la majorité dans le ministère; mais il ne faut pas oublier qu'à l'assemblée législative va succéder une convention nationale, que la direction des affaires va être confiée à des hommes nouveaux, et que les jacobins, qui ont fait le 10 août, surveilleront plus que jamais les élections des députés à la troisième législature. C'est cette lutte entre les deux partis vainqueurs qui amènera plus tard certains faits énergiques, violents, sanguinaires, tels que le massacre des prisons en septembre. En attendant, parcourons les rues de Paris, pour savoir comment les hommes du 10 août usent de la victoire.

Le 10, et jours suivants, les boutiques restèrent fermées, ainsi que les barrières. Une foule compacte encombrait les rues et les places, et s'entretenait du combat achevé le 10, à midi. Au Carrousel, le peuple brûlait les cadavres avec les débris des devantures de boutique, brisées ou incendiées par les décharges de mousqueterie. On était venu de tous les points de la capitale, contempler le champ de bataille , voir les morts, examiner dans quel état de destruction se trouvaient les abords des Tuileries. Une faible partie seulement du peuple avait voulu et avait engagé le combat; il acceptait tout entier le bénéfice de la victoire.

Ce jour terrible était un vendredi. La classe ouvrière ne devait pas rentrer dans les ateliers avant le lundi ou le mardi de la semaine suivante. Les théâtres ne jouaient pas. Aussi le peuple se livra-t-il pendant plusieurs jours à l'excès de sa joie.

L'assemblée avait fait placarder à la hâte cette affiche dans tout Paris: « Le roi est suspendu , sa famille et lui restent en otages . » Elle décida qae les bustes de Louis XVI, Bailly, Necker et Lafayette seraient étés de la maison commune. Le peuple les mutila aux applaudissements universels des spectateurs. Bientôt, le 12, il renversa les statues des rois élevées sur les places publiques. La statue équestre de Louis XIV, à la place Vendôme, s'étant brisée dans sa chute, on lut sous le sabot de l'un des pieds de derrière du cheval, U date suivante : 12 août 1C92.

(Août 1792.) LA TEANQUlLLiré REVIENT. 223

La commane, ne s'opposant en rien à ces actes de destruction, ordonna simplement que tous les bronzes des statues ou des ^lises, des crucifix même, seraient pris et convertis en canons, et tous les fers de grilles en piques citoyennes. C'est alors que les derniers vestiges du gouvernement monarchique commencèrent à disparaître totalement. Plus de 6ofi rot Henri /F, ni de Louis XII, père du peuple l Tous les ci-devants rois de France étaient confondus dans la seule et même dénomination de lyram. La nation avait été tyrannisée pendant douze siècles. Le procureur-syndic de THÔtol de Ville proposa de remplacer le cheval de bronze qui était au-dessus de la porte de la maison commune, et d'y faire graver en lettres d'or cette inscription :

Obéiaiei ao peuple, écoutei m« décren :

Il foi des citoyen», ayant qu'il fut des malires.

Nons rentrons dans les droits qu'ont perdus nos ancêtres.

Le peuple par les rois fut longtemps abusé :

Il s'est lassé du sceptre, et le sceptre est brisé *.

Li lo Aoirr 179a ; l* AH tr db la ubut< kt i oi l toALrrs.

De plus, i la place de la statue de Louis XIV, on résolutd'élever une pyramide, sur laquelle seraient gravés les noms des citoyens morts à l'attaque des Tuileries.

Cependant la commune elle-même craignait que l'agitation du peuple ne se prolongeât longtemps, et, pour l'engager à rester tranquille dans sa demeure, elle lui adressa cette proclamation :

« Peuple souverain, suspends ta vengeance; la justice endormie reprendra aujourd'hui ses droits; tous les coupables vont périr sur Téchafaud. »

La garde nationale fut immédiatement organisée en quarante-huit sections, avec de l'artillerie et des piquierê, pour servir aux retranchements.

La proclamation de l'Hôtel-de-Ville fit son eflet. Dès le dimanche , 12, les boutiques et les barrières se rouvrirent, Tordre parut réfabli, les rues devinrent assez tranquilles; il n'y eut de trouble qu'une petite expédition contre les journaux monarchiques que Ton brûla. Quelques jours après, les théâtres furent rendus au public. L'opéra annonça pour son ouverture une représentation au bénéfice a des veuves et orphelins des braves citoyens qui avaient péri dans la journée du 10 août. » L'exemple fut suivi par les théâtres italien, français et de la rue Feydeau.

Cest alors qu'on s'habitua à entonner dans les théâtres des refrains patriotiques, entre autres la Jlfarm/Zoûe **•

D'après le projet d'inscription que nous venons de rapporter ci-dessus, nous voyons que le 10 août a fait éclore le règne, l'ère de l'égalité, comme la prise

* Il nous a été impossible de savoir si ce projet a été nais à ciccution. ** Oifxmùfue de Pmris.

224 CHARGEaBlfTS DANS |.'iTAT. (AoAt 1792.)

de la Bastille avait fait éclore le règne de la liberté. Est-<:e li une conqoétede

plus? La France sera-t-elle plus libre encore sous le régime de l'égalité ? S'a-

, git-t-il enfin ici d'autre chose que de mots? Examinons ce qui se passe. Mous

jugerons ce nouveau roi, TÉgiriité, quand il sera tombé de son trAne.

Voici ce qu'écrit un citoyen de Paris, au rédacteur du M(mteur unker-

<x Hier ', Monsieur • j'ai vu en passant sur le Pont-Neuf, un homme arrêté vis-i-vis la place où était la statue d'Henri IV ; il paraissait plongé dans de profondes réflexions. Je me suis tenu quelque temps i côté de lui , sans lui parler. Deux ou trois minutes après , je lui ai dit : a Croyez-vous , moasieur, que ce soit la statue du brave et bon Henri IV, qu'on ait renversée? — Oui, monsieur, m'a répondu mon honmie, estrce que vous ne le Toyez pas? — Hé bien, non, lui ai-je répliqué, ce n'est point Henri IV que je vois là par terre , c'est Louis XVU. » Cet homme étonné m'a regardé d'un air qui m'a paru moins triste, et moi j'ai passé mon chemin. »

Cet homme déplorait la chute d'un bon roi, et préférait la chute des rois eu général; c'est ainsi qu'agit alors la France, lorsqu'elle proscrivit la mémoire des Henri IV et des Louis XH.

Jusqu'à présent, nous ne pouvons nous occuper que de Tavénement du règne de l'égalité.

A partir de la journée du 10 août, les ministres ont été invités par la commune à ne plus se servir que du mot de citoyen ;

Les décrets de l'assemblée portent le nomjde lois; . Le sceau de l'État doit être composé de la figure de la Liberté, armée d'nne pique, surmontée du bonnet de la liberté : il doit avoir pour légende , ces mots : « Au nom de la nation française, »

Les expéditions exécutoires des jugements de tribunaux portent aussi pour intitulé : « Au nom delà nation.»

Les conmiissaires nommés autrefois par les tribunaux pour exercer les fonctions de commissaires du roi , sont appelés eommissairee naiionaux **.

La place des Victoires s'appellera dorénavant, d'après décision de l'autorité, place des Victoires nationales;

La section de Louis XIV prendra le nom de section du Mail,

D'après la motion de la section de Notre-Dame, l'édit de Louis XHI , portant création d'une procession pour célébrer la naissance de Louis XIV, fat révoqué.

La section du Théâtre-Français, s'appellera section de Marseille

Le directoire du département de Paris « depuis longtemps accusé d'inci-

* 1 5 août.

** Bistoire de la révoluiioH , par dciii ank cb la liberté.

*** MàniUur universel , 1 6 août 179a.

fAoAt 1792.) ACTBS DBS PR0VIHGB8. 9S5

fisme, est suspendu, ainsi que les comités des sections. Plus de comité central des juges de paix ; plus d*état-major de la gendarmerie. Une cour martiale le jugera, lui et les Suisses. On cassa le bataillon de garde nationale des lilles Saint-Thomas, et on se réserva d'examiner la conduite équivoque de son commandant, qui semblait avoir été trop dévoué à Louis XVI. Le scellé fot mis sur les papiers de Rœderer, qui avait accompagné le roi pour la revue des Suisses, au château des Tuileries.

Il restait à savoir comment les provinces agiraient en recevant la nouvelle d» événements du 10 août. Elles s'associèrent, pour la plupart , aux déterminations qu'avait prises l'assemblée législative, et s'occupèrent immédiatement de nommer les députés à la convention nationale. Plusieurs villes, bourgs, villages, même hameaux, envoyèrent séparément des adresses et des Micitations au peuple de Paris. Quant à Lafayette, le 10 août le remplit d'indignation. plus encore que le 20 juin. Il fit i son armée une proclamation par laquelle il s'élevait de toutes ses forces contre les actes des factieux, en disant que l'assemblée législative avait violé la constitution , au mépris de toutes les lois. Un volontaire de l'armée vint dénoncer i l'assemblée le traître Larayette, et les choses n'allèrent pas plus loin. Les députés le considérèrent alors comme coupable du crime de rébellion contre la loi , de conjuration contre la liberté, et de trahison envers la nation, et lancèrent un décret d'accusation contre le ci-devant général de l'armée du nord. Quelques gardes nationauxrésolurent de l'amener mort ou aif à Paris, et de faire tomber la tête des tonspiratewri". Lafayette disparut, lorsqu'il sejvit ainsi poursuivi de toutes parts. Sa fuite aboutit i le rendre prisonnier, comme on sait, dans les prisons d'Olmutz.

Cette opposition de Lafayette lui était d'ailleurs personnelle. L'armée, encouragée* toute recrutée de volontaires, brillait , ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut, par son ardeur républicaine. Elle apprit la suspension de Louis XVI avec joie, c'est le mot. Dans presque toutes les lettres qui parviennent du nord à Paris, on trouvecesexpressions.... a Lajoiea éclaté sur les visages de tous les soldats **. » — «Si la joie a été complète.... ***^ — «... Les nouvelles des 10, 11 et 12 août, ont été reçues avec la plus grande joie..*, etc., etc. M

Les provinces, de même que la capitale , renversent les statues des rois , et abattent tous les simulacres de la royauté. Le conseil -général de la commune de Beauvais « jure de maintenir la liberté et l'égalité. » Du district d'Epemay « on écrit *. « Les députés ont sauvé la France ! » en rece vant les décrets du 10. Les citoyens de Meaux ne reconnaissent « d'autre

* Dimancbe 19 août. Séance da matin.

Lenre cnvo^-ée de Pom-Mir-&iinhrQ, dauW; du 14 août. I^tre envoyée de Plial»lioar|; , datée du 17 août..

t2l6 opinions SOI LOUIS x?i. (Août 1792.)

souTeraîn que le peuple. » La Tille de Lille fait chanter un Te Demn a en rhonneur de la victoire remportée sur le despotisme au château des Tuileries. » Les Versaillais a disent qu'ils s'enseveliront sons les ruines de la patrie, plut<>t que de tendre les mains à de nouvelles chaînes. » Chaque département adhère successivement aux actes de l'assemblée. — Des députations exaltées renchérissent même sur ce qui a été dit et fait à l'égard de Louis XVi. Nous citons un discours de l'orateur de la députation de Belleville-lez-Paris. 11 donnera aux lecteurs une exacte idée des sentiments d*un grand nombre d'individus à cette époque de troubles et d'inquiétudes .

« Nous venons vous témoigner, au nom de la commune de Belleville , tout entière, notre joie sur la suspension de Louis le traître, l'assassin de ses frères....

«II est donc vrai que cet anthropophage ne pourra plus s'abreuver du sang français 1 C'est à lui que nous devions les troubles et l'agitation intérieure, la misère qui en était la suite ; c'est lui qui a appelé sur nos frontières , les tyrans étrangers : nous l'en avons convaincu pièces en main.... C'en est fait : nous ne voulons plus un soliveau sur le trône ; nous n'y voulons plus que les lois; et pour preuve de notre amour de la liberté et de l'égalité, nous déposons sur le bureau , pour le soulagement des veuves et orphelins des citoyens morts dans la journée du 10, en les défendant, nos épaulettes, nos dragonnes, nos cordons de montre, les croix de nos dames, leurs bracelets et autres bijoux, et en outre, une somme de 1,076 livres 17 sous , tant en assignats qu'en numéraire. La marque la plus simple, distinguera désormais celui qui aura l'honneur de guider notre bataillon au combat, et nos femmes n'auront d'autre parure que les couleurs de l'égalité*. »

Le président témoigna i ces généreux citoyens et citoyennes la sensibilité avec laquelle l'assemblée législative recevait leur offrande.

Ce style n'a d'équivalent que le texte d'une gravure qui parut alors sous le titre de la Campêéte de V égalité, ei qui représentait les hommes du 10 août entrant dans les appartements des Tuileries, et criant : c< Ha! ha! il faut donc, scélérats, que nous nous levions encore une fois! notre tolérance vous a fait ourdir de nouvelles trames. Eh bien ! qu'à cette fois il vous souvienne que nous voulons être libres, et que le souvenir seul de cette journée, vous donne pour toujours le cauchemar , et malgré tous vos projets, nous jurons que ça ira , ça ira... *^ »

Tel était, à propos de Louis XVI, le langage des sans-culottes du 10^1, qui se félicitaient d'être nommés ainsi.

Les faits démontrent que la majorité de la France ne voulait plus do Louis pour roi ; c'était bien Louis le dernier. On l'avait emprisonné avec sa famille dans la tour du Temple. L'égalité l'emportait , la république était

* Sdance du la noût, à six heures du soir. ** Cravurc tin^c du cabinet de M. Laternide

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Aodt 1T%- TBISliKAk DO 10 AOUT. ^7

Irionphinte. On la représentait sons la Ggare d'un enfant assis sur iin lion, taunt, d'une main, une couronne , et de l'autre main nn drapeau.

Cependant l'assemblée législattre scmgea à ceux qui devaient lui succéder. Blé s'occopa de l'élection des députés i la convention nalïoiiale , convoqua W assemblées primaires, et dédda que tous les citoyens jgés de vingt-un ans, et non domestiques, auraient té droit de voler. Tous ceux âgés de vingtrinq ans, pouvaient être électeurs ou députés.Deplus.l'assemblées'étaitdéciaréeen permanence. Elle nomma des commissaires, pour les envoyer ^^ les ]HT>viDoes et aux années: elle décréta d'accusation Baraave , Alexandre de Lameth , Dnport-Du tertre, Bertrand, Dnportail , Montmorin et Tarbé ; elle annonça qne Lonis XVI et sa famille , ainsi que les femmes et enfants des émigrés seraient considérés comme des otages répondant au pays de l'émigration et de l'étranger ; euGn , elle créa un tribunal , — que les historiens ont nommé le tribunal du iO août , — dont les juges furent choisis par les électeurs de chaque section. Il devaitconnattredescrimesdeceux qui avaient défendu Louis XVI. C'était le précurseur dn tribunal révolutionnaire. La commune par son influence arait fait rendre ce décret. A l'heure qu'il est, la commnnel'emporte sur l'assemblée législative. Aussi, avant de nous occuper spécialement des actions de cette nouvelle pui.ssance, avant de nous occuper de la lutte qui a commencé , dès le premier jour de la victoire, entre les jacobins et les girondins, nous esquisserons le portrait de l'assemblée l^slatÎTe , comme nous avons fait la physiologie de l'assemblée nationale.

228 L* ASSEMBLEE LEGISLATIVE. (AOÛt 1792.)

Le lecteur 8*apoTC6YFa de riimnense différencequi existoenlre les cantHtuants et les légifères n

Et d*abord, il est un point historique sur lequel* on ne saurait trop s'appesantir, c'est la faute qu'ont commise, «^par excès de modestie, ou par découragement des affaires publiques, — les membres de l'assemblée nationale. Cette faute consiste dans la non-réélection des constituants pour la seconde législature. Il y a en politique un apprentissage à faire. A l'ouverture des États-Généraux , notamment , les hommes du tiers-état étaient appelés en téalité pour la première fois à s'occuper des affaires du pays.

Deux années durant, les tonsUiuania étaient entrés assez avant dans les détails du gouvernement et de Tadministration ; ils avaient sondé les secrets du passé, ils avaient vu de leurs propres yeux les plaies du corps social , et ils avaient cherché à profiter des premiers, et à fermer les autres. Pour ceux d'entre eux qui trouvaient trop lourd le fardeau de la députation, le repos eût été nécessaire ; mais il en était qui avaient de l'expérience, et encore de l'énergie et de la bonne volonté. Interdire à ceux-ci l'entrée de l'assemblée législative , c'était priver la France de leurs talents , de leurs lumières; c'était, en outre, établir forcément une ligne de démarcation entre les eanêiUuanisei les légifères ; soulever des haines entre eux, coaune cela est arrivé ; changer brusquement , en un mot , la manœuvre du navire goa vememental.

L'assemblée législative est bien loin d'avoir atteint, dans les annales de l'histoire, la place qu'y occupe l'assemblée nationale. Influencée, ainsi que nous l'avons dit, par les journalistes , et plus préoccupée encore des choses du dehors , que ne l'avait été sa devancière, elle ne sut pas conserver la dignité, ni son libre arbitre. La plupart de ses décrets lui ont été arrachés par une force étrangère, plutôt qu'inspirés par la ferme volonté d'être utile au pays. Elle a rendu plusieurs lois remarquables , mais elle ne s'est pas assez isolée du mouvement des partis. Aussi, vers les dernières séances, s'estelle trouvée complètement effacée et désarmée devant la commune.

Dans ses rapports avec Louis XVI, elle n'eut aucun laissen^aller : sa politesse tenait le milieu entre la courtisaneric des parlements, et la digne franchise deVassemblée constituante.

Ses séances furent moins orageuses, sans doute, que celles de l'assemblée constituante ; mais elles furent en revanche plus désordonnées , moins remplies et moins fécondes en résultats. A tout instant, des députationa de sections ou de clubs venaient les interrompre.

Les membres n'étaient en aucune façon liés d'amitié ; ils avaient peu de respect les uns pour les autres, et se traitaient asse^ cavalièrement , sinon grossièrement. Avec si peu de bonne harmonie, il e^t difficile qu'une assemhlée puisse accomplir de grandes choses.

GUOI1DI^S ET lOÏALISTES.

Voietk décoration des d^tés de rassemblée législative. Elle est juste reproduite aux deux lûrs de sa grandeur.

Pwir ce qui est de l'aspect physique de la set^onde législature, il rcsseinblait i celui de la première. Nous ne nous y arrêterons pas.

D'après la tournure qu'ont prise les affaires politiques, nous avons vu que Im gùondios allaient être déliordéa par les jacobins. Quelle Tut, en efTet, la conduite des premiers dans des circonstances aussi graves que celles du 10 êoùlf CoDHnent Pétion a-l-il donné & Mandat l'anlorisation de Taire reiwusser les asn^eants du chAteau fies Tuileries . pour en être fdché , plus •■ni, et le loi retirer bien vite î Quelle manière d'agir plus imprévoyante, que celle d'un maire de Paris qui n'a pas de volonté Gie au moment du danger? (^'oB songe aa mauvais efTet que de tels actes durent produire I Lors du (riomphe définitif des jacobins, Pétion paya de sa vio sa conduite pendant la journée du iO août.

Quoi qu'il eo soit, les girondins se félicitaient impmdcmment de leur habileté , et de leur rentrée au ministère. On aurait dit qu'ils ne pensaient qu'au présent, et leur légèreté ne peut être comparée qu'aux illusions dont K berçaient encore les soutiens de la monarchie, la veille de sa chute.

LIoe gravure nous oOre, & cet égard, matière i réOexions. Elle prouve ««bien les préjugés des monarclîienB étaient enracinés dans leur esprit, combien leur aveuglement était impardonnable en présence des faits. Toutes les opinions «ont bonnes, selon nous , lorsqu'elles sont franches et raisonna- Ues; mais que dire de ceux qui plaisantaient sur le d^el de la natùm , au moment où la souveraineté du peuple coomençait i se faire obéir, i l'exclu- ^on de la souveninelé du monarque 1

Le Dégel de lanatioit a besoin d'être expliqué toutou long, tant icausc de

290 D^BL DE LA NATION. (AoÛt 1792.)

son succès et de son importance, qn'en raison de la multiplicité des allusions renfermées dans le sujet.

Le Dégel de la nation , c'est d'abord, généralement parlant, la chute du système de gouvernement tel que 1 ont voulu les patriotes ; c'est l'anéantissement complet de leur œuvre.

« Les sans-culottes, dit le texte de la gravure, ont élevé la statue de la Nation sur des immondices pétrifiées par l'air... » Ces immondices» dans le style figuré, ne sont autres que leurs ouvrages, leurs journaux, leurs décrets, leurs brochures.

Mais voici que l'air « en se radoucissant , fait fondre la statue. » Ce qui veut dire, que la théorie jacobite a d'abord eu grande vogue, grâce aux efforts des malveillants pour la colporter et l'expliquer aux masses; qu'ensuite, le peuple a compris l'étendue de ses devoirs, et que ses clameurs sont devenues de moins en moins menaçantes. Ce n'est pas tout; patience, patience ! Les jacobins , désespérés, font aller leurs soufflets, afin de refroidir l'air et d'empêcher le dégel. Ce que voyant, « lesoleQ royal — décoré de ses trois fleurs de lis — rend inutiles leurs efforts. » Ses rayons ont plus de puissance que leurs soufflets. Enfin, « des charretiers de Louis XVI, jettent péle-méle dans le tombereau , feuillants , jacobins et autres. » Tous ces hommes ont eo effet concouru à l'édification de la statue , et la royauté accorde ainsi i chacun d'eux la récompense qu'il mérite.

C'est un Prudhomm^ le rédacteur des RéwÀuiion$ de Paris r journal jacobin ;

C'est un Bamave qui , malgré ses retours à la monarchie , n'en est pas moins regardé comme un des fauteurs les plus actifs de la révolution ;

C'est un Manud, le même qui a osé écrire à Louis XVI : « Sire, je n'aime pas les rois ;

C'est l'évéque constitutionnel de Caen , Fauehet , l'ancien jprocHreur général de la vérité, l'un dés boute-en-train du clergé assermenté;

C'est Britsot , le fédéraliste , le rédacteur du journal le Patriote français;

C'est GcTsas , le journaliste , renversé demi-mort par des débris de la statue;

C'est Janot DesmùtUins, — nous disons Camille DesmculinSj — le mordant^ publiciste, VeX'proeureur général âe la lanterne qu'il casse en tombant dessus ;

C'est Carra y l'auteur des Annales patriotiq%tes , un des plus chauds révolutionnaires ;

Enfin c'est Audcuin , le brave patriote , Tun des plus fermes soutiens du parti jacobin.

Au fond, un courrier part au galop en disant: « Je vais rendre mes comptes à Metz. » Son cheval est censé dire, lui aussi : «Mon maître n'était pas assez grave. »

[Aoài n9à.] tu SPBCTATKUA ACTIVA. 231

A droite , od voit le roi et la famille royale ; ils oooteinpIeDt le dégel de la natùm^ probablement du haut de la terrasse des Tuileries.

Cette gravure, dont lallégorie est fort alambiquée, obtint un succès peu commun. Quelle joie, pour les amis du roi, de bafouer ainsi les rêveurs de république ! Comme ils riaient en se l'expliquant les uns aux autres ! comme ils se félicitaient de ce que les ambassadeurs étrangers avaient quitté la France!

Quelles grâces ne rendaient-ils pas à l'émigration et au traité de Pilnîtz , qui leur donnaient l'espoir de voir toutes les choses rentrer dans l'ordre , et les anciens privilège revenir, et les factieux perdre toute puissance; en un mot, le soleil monarchique rayonner autant et plus que jamais... !

Mais, qu'ils écoutent Gonchon, Toraleur des hommes du 10 août, et qu'ils comprennent de quelle façon il veut entretenir dans le peuple la haine des émigrés , des coalisés. « Qu'ils viennent, s'écrie4-il , relever les murs de la Bastille, ces brigands du nord, ces anthropophages couronnésl Ils ont promis à leurs soldats le sang et le bien des Français; qu'ils entrent dans les sections de la capitale! Si la victoire trahit notre cause , les torches sont prêtes.... Ifs ne trouveront que des cendres à recueillir et des ossements à dévorer *. » — Terrible morceau d'éloquence.

Hais, qu'ils passent, ces insensés» devant le château des Tuileries, et qu'ils regardent! Les colonnes sont couvertes de brèches , sur chacune desquelles les vainqueurs du 10 août ont inscrit ces mots :

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