CINQUIÈME COUPLET
J'aime qu'on désire la paix.
Aux humains elle est nécessaire.
J'aime qu'au déclin d'un jour frais
L'on s'égaye sur la fougère;
Mais je veux qu'au son du tambour,
On sacrifie à sa patrie
Son bien, sa vie et soti amour.
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Si Ton réfléchit au but que se propose Vautour de cette romance, on ne sera pas étonné de la voir reproduite par nous dans cet ouvrage. Ainsi que tous les poètes et tous les écrivains, — ses confrères ,— il invite les Français i être i la toi» amants fidèles, amis de la paix , mais surtout défenseurs dévoués et soutiens infatigables de la patrie. Voici naître et se propager les mœurs et les sentiments républicains. Le chapitre suivant , dont la dernière partie passera en revue Tannée 1792, selon que nous avons coutume de faire, nous montrera combien, non-seulement les républicains, mais les sans-culottes, s'efforcent de faire prévaloir leurs idées, et de ramener toutes choses au seul amour du pays. Nous les verrons en toute occasion employer les expressions républicaines , et substituer de nouvelles habitudes aux anciennes • de même qu*ils ont substitué le gouvernement démocratique à la toute-puissance monarchique. Du train dont ils y vont, deux mois au plus suffiront pour opérer, sous ce rapport, une transformation complète en France.
Le siège de Lille nous procura aussi un immense avantage. Nos armées qui, jusqu'alors s'étaient toujours tenuessur la défensive, semblèrent prendre désormais l'offensive. Tel fut encore le plus parfait résultat du courage des Lillois. Montalban et Worms ne tardèrent pas à ouvrir leurs portes aux soldats de la république , et ces échecs précipités des coalisés firent composer une foule de caricatures et de couplets contre eux , et en particulier contre le duc de Brunswick, auquel on dédia une chanson intitulée Quelle cacade ! dont l'idée avait été primitivement donnée à l'auteur par un mot d'une princesse qui , apprenant le peu de succès des armes de Brunswick, disait : « Voilà assurément une belle cacade. »
Qiose éminemment heureuse pour lui , le pouvoir conventionnel s'élevait ,
Extrait d'un Recutil de chansons patriotiqnrs , dédiées aux vtnis républicains. Communiqué par M. Thiérat.
** La convention rendit, â cet égard, un décret, le ig octobre 1793-
2V8 pouvoiE CONVENTIONNEL. (Octobre 1791.)
assisté par des victoires. Il n'avait qu'à nourrir Tenthousiasme des masses, eo accomplissant dignement, et surtout énergiquement, sa mission. Il allait gouverner, administrer, constituer.
Gouverner, car à lui appartient de nommer les ministres, de leur demander compte même de leurs dépenses secrètes * , de faire et de promulguer les lois. — Sa plus fameuse est celle qui condamne à mort les émigrés pris les armes à la main.
Administrer, car il entre dans les plus menus détails d*octroi, de finance, de discipline judiciaire.
Constituer, car ainsi qu'on le pense bien , la constitution de 1791 a perdu sa force, et la convention a nommé Barrère , Brissot, Condorcet , Danton, Gensonné, Thomas Payne,Pétion et Vergniaud, membres d'un comité chargé de rédiger une charte qui doit apparaître en 1793. et qui sera véritablement la fille à Danton^ comme celle de 1791 a été celle de Target. — De Target à Danton, quelle différence!
L'unité de gouvernement était dans la convention , et le pouvoir devait être la proie du parti qui la dominerait. Si , d'un côté, la majorité n'est pas complètement acquise aux jacobins, d'un autre côté , les conventionnels ne se montrent plus opposants à leurs actes en dehors de la politique , à leurs fêtes populaires. Ils s'y rendent volontiers; ils y son t acteurs; la plupart d'entre eux se laissent aller au courant révolutionnaire, et ne savent pas conserver leur volonté. C'est cela qui fera durer plus longten4)s la lutte entre les jacobins et les girondins.