CHAPITRE XVII
U fèU tivifme. — Le porfe-drapeau de la fétc civique. — Décoration des Saot-Colottes. — DëDonciadons contre Marat et Bobetpierre. — Les deux gaietés patriotiques. — Décoration et carte de la Chifoae. — La Vendée. ^ Découverte de l'armoire de fer. — Réaction contre Mirabeau. — Revue de l'année I79a<
Le dimanche, 1& octobre, à deux heures après midi , ou célébra mr la place de la Révolution (ci-devant de Louis XV) une fête décrétée en mémoire des succès de la liberté en Savoie*. Cette fête porta le nom de Fête civique , et fut admirable de simplicité. Sur le piédestal de la statue équestre de Louis XV , U plui eorrompu desBourhoni^ remarque le Moniteur ^ qui est de- Tenu le partisan de la convention , on avait placé la statue en pied de la Liberté, au-dessous de laquelle avaient été mises ces inscriptions :
Entrée de Montes^îoa djins le Ohambéry,
cjipîtAle du daelié de SuToîe.
Satrée d'Anselate dans le comté de Viee et àmnm MontallMUi-
Réptiblique £rjine*îse.
Les drapeaux de Tannée flottaient autour du tréne de la Liberté. La place était remplie d'une foule immense. Ici , une députation de la Convention nationale; là, les autorités constituées; plus loin, un groupe de Savoisiens, et le peuple de Paris. La Marseillaise fut chantée avec enthousiasme , et chacun s'est retiré dans Tordre le plus parfait.
Cette fête inspira au peintre Boilly une composition fort remarquable et fort goAtée par les amateurs, ayant pour titre le Porte^rapeau de la fék ctrt-
Èhniteur uniuerseL
DENOHCUriONS.
(Octobre 179S.:
que *. C'est à peu de chose près un sans-culotte , car les Tétements qui le couvrent sont communs et déchirés. On peut considérer ce type comme une personnification delà fête civique, dont le double but, suivi de l'eflet voulu , était d*opérer une fraternisation entre lesdivers peuples de l'Europe. Le portedrapeau est en sabots , il s la pipe a la bouche , et demande la liberté ou la mort. Les sans-culottes commencèrent alors à porter des décorations. En voici une en cuivre , et fort rare.
Ils allaient, ainsi distingués, aux clubs , aux séances de la Convention , à celles de la municipalité, devenues publiques depuis quelque temps**, et dans les promenades de Paris.
Ils étaient les bons amis de Marat et de Robespierre , et n'avaient rien tant à cœur que de renverser la cabale Roland , c'est-à-dire le parti de la Gironde. Aussi ils eurent bientôt l'occasion de se remuer, à cause de nouvelles dénonciations contre Y incorruptible et contre Tami du peuple. Us en voulaient à Roland , ministre , de ce qu'il avait tracé de Paris le tableau suivant : a Dépa^ tement sage , mais peu puissant ; commune active et despote ; peuple excellent, mais dont une partie saine eat intimidée ou coDlrainle, tandis que l'autre est travaillée par les flatteurs et enflammée par la calomnie ; confusion des pouvoirs , abus et mépris des autorités, force publique faible ou nulle par un mauvais commandement, voilà Paris *'''^. » Quanta Marat, le décret d'ac-cusation lancé contre lui roula sur ce qu'il avait dit qu'il fallait abattre en France deux cent soixante-dix mille têtes. Le 23 , il engagea les ouvriers à marcher sur la convention ; le même jour, un orateur, dans le Palait'Égaliié, s'écria : « Rassemblons-nous trois ou quatre cents hommes, et fondons sur la convention. »
* CeiCo gravure e«t tirée du cabinet de M. Manrin.
** I>epuis le 23 iieptembre dernier.
*** Rapport de RoUnd, nir iMsituatioii de Pari», lu à U (x)nvenMon.
^*^**^i^ Uju^' . />».
^*4t^**iJ.kKj»t. a^ *> , *^^«*««^ésOy«Ay<
Novembre 1792.)
GAIETES PATBIOTIQI'ES.
Aussi, le 23 , des placards ÎDTilaient les habitants de Paris i se rassembler et à mettre la cooTention à la raison.
Le 24, Marat accusait Roland à la tribune, et, aux jacobins, Fabre d'Églantioe proposait la dissolution de la convention nationale, la formation d'une faction du salut pvMte, d'une $ainU ligue du salui public, en y ajoutant d'autres motions qui toutes indiquaient des plans de conspirateur *. Il y eut des émeutes qui s'étendirent sur divers points de la France.
Ce fut un avantage signalé pour les jacobins que ces circonstances. Louvet. l'auteur du roman de Faublas et membre de la Convention , si^eant avec la Gironde, accusa Robespierre de vouloir s*emparer du pouvoir suprême. Ces questions de personnes occupèrent l'assemblée jusqu'au 5 novembre. Il en résulta l'intimidation d'un grand nombre de conventionnels, et par suite l'extension du parti jacobin, qui se subdivisa aussi en personnalités politiques, en maratistes et en rohetpierristes. Des gravures représentèrent le triomphe de Vomi du peuple. De plus , pendant qu'on procédait à l'examen des faits reprochés à Marat et à Robespierre, ce dernier appuyait, de concert avec Couthon et Barrère, une proposition de Danton tendante à proclamer Tuoilé de la république. On décréta :
ce LA REPUBLIQUE FRANÇAISE EST UNE ET INDIVISIBLE. *
Coup terrible porté au système fédéraliste , aux partisans de la Gironde , qui n'avaient eu de succès que la réélection de Roland comme député , et de Pélion comme maire de Pari^.
Le mois de novembre n'est remarquable que par les victoires de Dumou* riez, qui est déjà dépopularisé, néanmoins, à cause de ses principes politiques et de son adhésion aux opinions de la Gironde, et par les nouvelles défaites du duc de Brunswick, qui donnèrent lieu à deux chansons dites Gaietés patriotiques :