‹ Histoire musicale de la main, son rôle dans la notation, la tonalité, le rythme et l'exécution instrumentale. La main des musiciens devant les sciences occultesChapitre 28 sur 39 · GOUNOD · texte numérisé non relu

GOUNOD

«Gounod est sous l'influence de planètes qui l'agitent à un degré presque égal.

«Vénus, Jupiter, Mars et Saturne le dominent ensemble ou tour à tour et contribuent à son talent.

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Jupiter rend ses cheveux rares et en dégarnit le sommet de sa tète, et, d'accord avec Vénus, il lui donne la mélodie tendre et sérieuse, les manières aimables, le désir de plaire, l'ambition et l'aptitude à goûter les plaisirs sensuels. Mars dore sa barbe et sa chevelure, élargit sa poitrine et couvre d'une légère teinte rougeàtre son teint disposé d'ailleurs à prendre la blancheur et la fraîcheur, signatures de Jupiter et de Vénus.

« C'est Mars qui fait vibrer ses phrases musicales, les agite, les mouvementé. Mais c'est Saturne qui règle l'énergie de Mars.

« Il y ajoute la science et la gravité, auxquelles Mercure et la Lune viennent joindre leurs qualités précieuses : le tact, le goût et l'harmonie.

(( Le Soleil illumine ses inspirations en les douant de la sagesse et de la mesure.

« Ainsi gouvernée, la musique de Gounod renferme, en effet, la mélodie donnée par Vénus, la science inspirée par Saturne, qui, forçant Jupiter à lui répondre par son côté divin (la religion !), donne à ses oeuvres, et surtout à ses choeurs, une harmonie claustrale et solennelle, son rythme ordinaire, auquel succèdent parfois les trépignements de Mars, les douces et tendres mélodies de Vénus, et les rêveries vagues et estompées de la Lune. C'est de nos musiciens celui qui jette le plus de pâture à l'âme et force le plus à réfléchir.

« Le mont de Jupiter porte le sceau de Jupiter,

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ce qui lui donne les qualités hautes et graves de la planète : les intuitions religieuses et contemplatives et la supériorité dans l'art. 11 aurait été, s'il ne se fût adonné au théâtre, le premier compositeur de musique sacrée de notre époque.»

« Les doigts de Gounod sont, à la première phalange, sillonnés intérieurement par des raies en travers, qui, à cette place, signifient dispositions à l'enthousiasme pouvant aller parfois jusqu'à l'exaltation extrême; et puis, à partir de cette phalange, des lignes régulières, agréables à voir, et, semblables à un habile travail de burin, descendent le long des doigts et viennent rayer la main tout entière, en indiquant une impressionnabilité, une susceptibilité nerveuse qui, seules, font le grand compositeur ; car de tous les arts, celui de la musique est évidemment le plus sujet aux inspirations, ou, si l'on veut, aux agacements sublimes qui peuvent et doivent parfois aller jusqu'au délire.

« Le mont de Vénus, très développé, sillonné ou agréablement guilloché, indique une nature ardente et portée à aimer, et la ligne de cœur, couverte de lignes entrecroisées occupant la main tout entière, annonce une richesse inépuisable d'affections. La ligne de tête, très longue, marque une haute intelligence, est entrecoupée, surchargée de traits, et annonce en même temps la puissance et le dérèglement des idées d'un artiste véritable. Elle descend vers e mont de la Lune, irritable aussi et

LA CHIROMANCIE Soy

puissamment rayé, et sa pression magnétique en fait émaner des rêves que la belle imagination de l'artiste habille d'harmonieux et splendides accords.

« 11 est impossible de trouver une main plus aimante, plus sensitive et plus sympathique.

« Et c'est là, sans doute, la cause de l'impression douce, profonde et mélancolique que sa musique produit sur les organisations délicates, nerveuses et disposées à se recueillir en silence quand elles entendent la voix du véritable poète, de celui qui parle au cœur '. »

* Les Mystères de la Main, p. 548.

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«Telle main, telle écriture.»

La Graphologie ' est l'art de juger les hommes par l'inspection de leur écriture. Buffon a dit: «Le style c'est l'homme.» La graphologie ajoute: «L'écriture c'est la photographie de l'âme. »

Cette science, toute moderne, vers laquelle tout le monde est instinctivement porté, a été pressentie par Lavater. « De tous les mouvements de la main et des doigts, dit-il, les plus diversifiés sont ceux que nous faisons en écrivant. Le moindre mot jeté sur le papier, combien de points, combien de courbes ne renferme-t-il pas ? Je distingue dans l'écriture la substance et le corps des lettres, leur forme et leur arrangement, leur position , leur réunion, l'intervalle qui les sépare, l'intervalle qui est entre les lignes, si celles-ci sont droites ou de travers , la netteté de l'écriture, sa légèreté ou sa

' Du grec graphû, écrire et logos, discours.

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pesanteur, et si tout cela se trouve dans une harmonie parfaite ' »

Plus loin, il ajoute: «Que cent peintres, tous écoliers d'un même maître, dessinent la même figure, que toutes ces copies ressemblent à l'original de la manière la plus frappante, elles n'en auront pas moins chacune un caractère particulier, une teinte et une touche qui les feront distinguer. Si cela est pour les œuvres de peinture, pourquoi cela ne le serait-il pas pour l'écriture? »

Malheureusement Lavater n'a pu formuler les principes de cette science nouvelle. 11 jugeait d'instinct, sans règles, sans méthode, par pure intuition, comme Suétone jugeait de l'écriture d'Auguste et comme ce personnage de Shakespeare, s'écriant: « Donnez-moi l'écriture d'une femme je vous dirai son caractère. »

C'est à un Français, M. Michon*, que revient l'honneur d'avoir, le premier, formulé les principes de la Graphologie et de s'en être fait le propagateur infatigable. Si son œuvre n'a pas été vulgarisée comme elle le méritait, c'est parce que les hommes n'aiment pas qu'on dévoile le secret de les percer à jour. Voilà pourquoi je place la Graphologie parmi les sciences occultes, à la suite des autres sciences de la main, modes d'investigation

* K Physiogno.T.onie 1), l,avater (1772).

- «Système de graphologie». J. H. Michon, 1875.

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m3-stérieux et problématiques auxquels on peut toujours se soustraire en mettant des gants ou en fourrant les mains dans ses poches. L'écriture n'a pas de masque, et quand l'homme écrit, ses instincts, ses passions, ses rayons d'intelligence affluent au bout de sa plume, qui le trahit.

Armé de la lanterne graphologique, je vais essa3'er d'opérer quelques fouilles à travers les signatures tracées par la main de nos grands musiciens.

Jean-SébastienBach. — Les hampes des lettres s'élèvent comme les tuyaux d'un jeu d'orgue, proclamant l'idéalité et la mysticité. Le rangement symétrique de cette triade de noms décèle un esprit d'ordre remarquable. Le peu d'inclinaison de

l'écriture indique un cerveau froid et toujours maître de lui. Le point terminant la signature est un signe de défiance, sentiment d'ailleurs bien excusable chez un maître que ses confrères ont tant de fois dévalisé.

Haëndel. — Écriture artistique, plus déductive qu'intuitive, disant plus de science que d'imagination. Les lettres, fortement appuyées et se terminant en massue, indiquent un volontaire et un violent, et le point qui termine sa signature annonce

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la défiance. La graphologie ratifie parfaitement l'histoire du trop irascible maestro qui menaçait

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de jeter ses chanteuses par la fenêtre et lançait des timbales d'orchestre à la tête de ses musiciens

Haydn. — Écriture simple, variée, verveuse et pourtant savante, comme la mu- U f sique du père de la Symphonie.

Mozart. — Écriture à la fois déductive et intuitive, indiquant autant de science que d'inspiration.

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Une remarque singulière : le z est fait en 7. Or l'auteur de Don Juan a commencé sa carrière à 7 ans et l'a terminée à 5 fois 7, 35 ans.

Beethoven. — Toutes les lettres de ce nom célèbre sont soudées comme les mailles d'une chaîne. Donc, écriture déductive par excellence, c'est-à-dire tous les secrets des combinaisons de l'art. Le t fortement barré en retour indique la

volonté. L'écriture grossissante de la première syllabe décèle ses accès et ses excès de franchise,

heureusement calmés par la fin du mot, que semble faire incliner le repentir. Fougui, passion, bonté.

Gluck. — Lettres soudées, décelant la science et le calcul. Écriture pâteuse, trahissant des goûts sensuels.

Grétry. — En lisant cette signature, ne croirait-on pas voir le charmant auteur de Richard

grimpé sur des échasses, prêt à nous lire ses fameux Alcmoircs ?

Chérubini. — Écriture bien caractéristique du méticuleux contrepointiste. Le parafe a

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LA GRAPHOLOGIE

quelque chose du profil d'un hérisson en train de se mettre en boule.

Spontini. — De l'énergie et de la grâce, de l'imagination et du savoir, mais de l'opiniâtreté et du

sentiment personnel. Le parafe en trait de procureur a l'air de vouloir prolonger indéfiniment la trace de ce nom glorieux.

Weber. — Facultés bien équilibrées. Abondance de courbes, signe de bienveillance, vivacité d'ima-

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