C-'O'v-'C- t/^au-^ «x. vrcTW ^^y
gination. Parafe en cor de chasse, parfaitement en harmonie avec l'auteur du Freyschûtz.
Méhul. — Le premier jambage de la majuscule in-
dique une haute tendance vers l'idéal. Savoir et sim-
plicité. Parafe ayant la physionomie d'un instrument
de musique, peut-être d'une des trompettes <\^ Joseph.
Berton. — Signature en rébus de l'auteur de
Montano et Stéphanie, trahissant plutôt l'aimable
improvisateur des canons facétieux qu'il se plaisait de chanter à table av^ec ses amis.
ef'a^Otiu'^^z<iJ
Boïeldieu. — Simplicité, grâce, bienveillance s'épanouissent comme un sourire de la signature de l'auteur de la Dame blanche.
Schumann. — Ecriture estompée, illisible comme
une ordonnance de médecin, indiquant un artiste
LA GRAPHOLOGIE 3l5
dédaigneux de la pose. Son affaissement révèle le mélancolique et le découragé et semble faire pressentir le dénouement fatal. Seule l'R du prénom trahit le sentiment de la valeur du poète.
Donizetti. — Quel désordre! Dirait on que la main qui a tracé ces lettres ait écrit des chefsd'œuvre! Seule la majuscule révèle encore l'artiste
de race. Mais quelle triste fin! Pauvre Donizetti! On essaya de le traiter par la musique, mais le seul air qui le tira un instant de sa torpeur, fut la scène de folie de sa Lucie.
Bellini. — Les fioritures de sa majuscule sont bien dans le st3'le du doux et mélancolique auteur
y^UC^
de la Norma, et l'inachèvement de la signature traduit tristement l'état maladif du maestro que la phthisie enleva à l'art à l'âge de 34 ans.
Chopin. — Encore un grand artiste mort à la fleur de l'âge. Les deux majuscules de son nom délicat se replient sur ellesmêmes comme les ailes d"un.
oiseau blessé par le chasseur noir. Le parafe en V semble vouloir se crisper encore à la vie, mais déjà tinte le glas de la Marche funèbre.
Adam. — Si j'en crois le pronostic découvert par M"^^ L. Mond ', l'A majuscule du prénom du maestro dénoterait un danseur émérite. J'ignore si
l'auteur du Chalet sut jamais perler un rond de jambe, mais tout le monde sait qu'il eut le génie du ballet : témoin GiseUc.
Auber. — Écriture intuitive.
Parafe septénaire digne d'un artiste habile à jongler avec les sept notes de la musique.
* Cours de graphologie comparée.
LA GRAPHOLOGIE
Hérold. — Écriture déductive. L'inclinaison décèle la sensibilité. L'absence de majuscule et le
parafe en clé de sol, raturant la fin de ce nom illustre, indiquent la modestie.
Halévy. — Écriture plus déductive qu'intuitive : plus de science que d'inspiration. Ascendante: désir de gloire. Absence de /^^ " / majuscules : modestie. Courbes : g bienveillance.
F. David, — L'f minuscule dit la simplicité de l'auteur du Désert; le lazzo du parafe qui entoure son nom dit son amour de l'isolement du monde;
mais la majuscule de son nom trahit la poésie de sa pensée, et le dièse qui commence son parafe indique que l'artiste a conscience de sa valeur.
3l8 HISTOIRE MUSICALE DE LA MAIN
Meyerbeer. — Écriture décelant autant d'idées que de savoir. Le jambage du G majuscule s'élance hardiment vers l'idéal, et l'IM du nom est travaillée
/jiac
d'une façon originale, avec un petit crochet rentrant où perce le moi. Rapprochement curieux : la signature se termine en 7, or le maestro est mort à 70 ans.
Gounod. — Facultés bien équilibrées. Un bienveillant a3'ant le sentiment de sa valeur. Son G majuscule affecte la forme d'une lyre symbolique.
Rossini. — L'auteur de Guillaume Tell était seu capable de trouver une façon aussi originale de dire : « Restons-en là. »
LA GRAPHOLOGIE
Chose étrange : le total des notes et des silences contenus dans cette signature musicale est de 89, le nombre exact d'années que son génie est volontairement resté inactif (de 1829 à if
Berlioz. — Sa signature à l'âge de 16 ans révèle déjà le volontaire et le chevaucheur d'idéal, toute-
Oreié"*-, iVt^
fois avec une pointe de défiance. Dans celle de l'homme mûr, l'écriture est tourmentée^ mais grandie par la lutte. On y lit clairement sa conscience du moi et son culte pour les choses gigantesques.
LA GRAPHOLOGIE
Wagner. — L'absence de solution de continuité, non seulement entre les lettres, mais entre les mots.
indique l'homme de parti pris qui sait ce qu'il veut e?t où il va. L'inclinaison des lettres décèle le pasionné, l'ardent patriote, mais aussi l'ennemi implacable. La hauteur exagérée de la hampe des lettres est le signe d'un mysticisme exalté, d'un idéalisme outré. Son W affecte la physionomie de l'oméga grec, comme pour symboliser en son nom le dernier mot de l'art.
Nourrit et Duprez. — Deux rivaux. Le désir de briller, la fièvre de la gloire se lit dans la majus-
cule de leurs noms. Vo3-ez l'N de Nourrit, dont le jambage sert de parafe, et le D de Duprez, relié d'une façon insolite aux lettres voisines.
Combien différents ces deux caractères! Chez le premier, c'est l'intuition qui domine; chez le deuxième, c'est le savoir. Hommes de lettres tous les deux, leur destinée fut bien différente. Nourrit, dévoré par le spleen, s'est suicidé à 87 ans; Duprez est mort octogénaire, une chanson aux lèvres.
Une remarque m'a frappé en comparant les parafes des musiciens. Les grands compositeurs semblent le dédaigner comme une vaine parure ; au moins, quand ils l'emploient, en usent-ils sobrement. Plusieurs ont même, coir.me on dit en graphologie, une signature royale. Les exécutants, au contraire, abusent du parafe. Il semble que l'immobilité habituelle du penseur et l'agitation continuelle de l'interprète se trahissent dans le parafe. Les pianistes et les violonistes excellent surtout à
LA GRAPHOLOGIE
tracer les parafes les plus compliqués. Si quelquesuns, comme Liszt, négligent d'arpéger un parafe,
c'est qu'ils sont emportés par la fougueuse chevauchée de leur folle du logis. D'ailleurs, chez Liszt le maestro priait le virtuose.
La main du pianiste, habituée à se mouvoir en ligne droite, affectionne le parafe horizontal, ainsi qu'on peut le voir dans la signature de Thalberg.
La main des violonistes, experte en l'art de faire décrire à l'archet toutes les courbes imaginables, joue avec le parafe les airs les plus variés. 11 semble être le microcosme de leur jeu instrumen-
tal. Jugez-en par ce trio de violons célèbres. Ne croirait-on pas voir jaillir de l'archet de Paganini
^yi^:^
quelque passage de son fantastique Carnaval et surgir du Tourte de Vieuxtemps les arpèges de sa
Fantaisie -caprice? Quant à Ole-Bull, sa main ne semble-t-elle pas avoir voulu retracer la lutte ter-
rible de sa fameuse fantaisie du Bœuf dévoré par le tigre?