LE CHANT DES SÉRIES
Auprès de moi, vif Dis-moi que veux- Je comblerai ton e
Et dans tout homme u Ton îÈle m'est doux à Toir.
Enfant, que veux-tu savoir*?
Je comblerai ton espoir.
L'ENrANT BLANC
Deux bœufs égaux en âge
Au divin atteliigc '
Et lieux muins au carnage I.
Un Dieu ceint d'une fiamnie
Que l'univers proclame
Et dans tout homme une im
Aimer de tout son pouvoir
eub ftt Bfitttn m^ m
Nous avons dit précédemment que le rythme cher à nos pères était la triade, c'est là une vérité stricte, en ce qui concerne les poésies qui affectaient un caractère religieux, moral ou pédagogique ; c'est moins vrai pour les autres genres en honneur chez nos aïeux. — Les Gaulois, qui faisaient peu de cas de l'écriture, ne pouvaient guère écrire en prose, parce que celle-ci ne se retient pas aussi aisément ; mais ils possédaient un grand nombre de genres poétiques. Les Gallois modernes, qui plus et mieux que nous, ont conservé les traditions bardiques, nous parlent d'une vingtaine de rythmes au moins.
Voici les plus importants. En premier lieu nous trouvons la fable ; les Gaulois avaient apporté ce goût de l'Asie.
Un ancien auteur nous apprend que la fable de La Lice et sa compagne, si admirablement imitée par La Fontaine, est d'origine Ligure. Un des descendants de Nann, ce chef,qui permit aux Phocéens de. s'établir à Massilia pour soulever les tribus du littoral contre la jeune cité, imagina, paraît-il, l'apologue auquel nous venons de faire allusion. Voici, du reste, une fable que nous avons composée sur un rythme breton fort ancien et qui n'est plus guère usité de nos jours; nos vers ont dix-sept pieds ; nous avons intitulé notre fable Vhermine * :
A quoi servent tant de façons ? disait un jour à Thermine
Au corps mince comme une paille, un rat lourd et bien en chair.
1. Les Gaulois se plaisaient aux fables. Tite-Live nous montre quelle importance un apologue, celui de la Lice et sa compagne^ eut dans les événements qui suivirent la fondation de Marseille. Une prise d'armes des clans voisins de la jeune cité eut lieu contre elle à la suite d'une fable imaginée par un chef désireux de voir les étrangers exterminés ou tout au moins chassés du sol sacré de la patrie.
L'hermine, nous le savons, est l'objet ainsi que sa cousine la belette, d'un grand nombre de légendes qui, suivant nous, doivent remonter, du moins pour quelques-unes, jusqu'au temps de la Gaule indépendante.
Nous avons écrit notre fable dans un rythme breton fort ancien. La césure qui coupe les vers nous donne un hémistiche de huit pieds et un autre de sept pieds. On peut voir là l'origine de deux de nos coupes de vers modernes les plus usités.
La route à suivre est détrempée et n*a pas trop bonne mine.
Si nous ne la prenons pourtant, nous sommes perdus, c'est clair.
J'ai d'abord tâté de la patte et sciemment je t*assure
Qu'on peut nager dans ce bourbier comme dans de l'eau pure.
Viens ! Non ! fit l'bermine, plutôt le trépas qu'une souillure.
MOHALE
Le rat, frères, c'est le guerrier de son honneur oublieux ; L'hermine est l'âme du héros se réservant pour les cieux.
L'hermine pendant une longue suite de siècles a été l'emblème de la Bretagne indépendante. Les ducs ne Tavaieni sans doute choisie pour en orner leurs armoiries, que parce que les paysans, toujours imbus d'idées païennes, attribuaient à cet animal des vertus toutes-puissantes.
Les Gaulois avaient été sans doute frappés de son changement de couleur pendant six mois, car cet animal n'est blanc qu'en hiver.
Les bardes se plaisaient à composer des poèmes en l'honneur de l'agriculture. En voici un qui débute par trois monosyllabes et qui a la prétention d'imiter le galop du cheval.
Trip, trep, trip! 1 hiver approche,
Au galop, Le vent du nord bat la roche.
L'écume blanchit le flot.
Trip, trep! au galop!
Il faut ensemencer la terre.
Par le travail, rendez -la mère
D'épis tremblants.
Redoutez que la neige tombe Enfermant les champs dans la tombe,
Ouvrez leurs flancs.
Trip ! Trep, trip ! l'hiver approche
Au galop, Le vent du nord bat la roche, L'écume blanchit le flot.
Trip! Trip! au galop!
Au coursier la chasse et la guerre !
11 suit son maître d'ordinaire Sous le dolmen.
Les bœufs sont les bêtes sacrées Du Dieu des campagnes dorées.
Du Dieu Belen.
Trip ! Trep ! Trip ! Thiver approche
Au galop.
Le vent du nord bat la roche, L'écume blanchit le flot.
Trip ! Trep 1 au galop !
En main le manche des charrues !
Rouvrez les traces disparues.
Faites effort!
Avec eM grands bœufs qu*il excite Le laboureur joyeux imite Hu, le Dieu fort!
Trip! Trep! Trip! Thi^w approche
Au galop,
Le vent du nord bat la roche,
L*écume blanchit les flots.
Trip! Trip! au galop.
Si vos familles sont plus grandes Mordez du soc le sol des landes
Cher au bétail!
Avant que périsse le monde Toute terre sera féconde
Grâce au travail.
Trip I Trep ! Trip ! l'hiver approche
Au galop, Le vent du nord bat la roche, L'écume blanchit le flot.
Trip! Trep! au galop i.
Voici encore une poésie imitative :