‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 117 sur 190 · I. BelL Gall.y VII, ui · texte numérisé non relu

I. BelL Gall.y VII, ui

HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS. 3il

tout aussi peu vrais. Que ressort-il de ce discours, si ce n'est que toute la faute retombe sur les légions, et que César n'est pour rien dans le désastre éprouvé par son armée sous les murs de Gergovia.

Si dans sa campagne contre les Arvernes, l'homme de guerre ne se montra pas bien habile, il faut convenir que l'écrivain fait merveille. Il ne met point dans son récit un substantif auquel un sens bien déterminé s'attacherait forcément; il se sert tout simplement d'un pronom. <r 11 adjure ses soldats de ne point se laisser abattre et de ne point imputer à la valeur de l'ennemi ce qui avait été causé par le désavantage de la position, quod ïniquitas loci attulisset^. Ce quod nous semble un trait de génie... Ce qtiod c'est sa défaite. Elle est dissimulée à merveille.

César nous dit qu'il fit le lendemain sortir ses légions dti camp et les rangea en bataille dans la plaine. Vercingétorix suivit son exemple. Il y eut une légère escarmouche dans laquelle le proconsul affirme que les Romains eurent l'avantage. C'est fort possible. Le surlendemain il renouvela la même épreuve. Les Gaulois se gardèrent bien de se laisser prendre au piège que leur tendait le proconsul. Ils évitèrent le combat. Ils étaient victorieux et n'avaient pas besoin de compromettre leur succès récent. Ils savaient d'ailleurs que César se préparait à lever le siège. *

Le proconsul nous apprend qu'il crut avoir assez fait pour abattre la jactance des Gaulois et raffermir le courage de ses soldats et qu'il se décida à regagner le pays des Éduens 2.

Le dépit perce dans tous les mots de cette phrase. On voit qu'il a pensé que, le sort aidant, son armée était encore de taille à se mesurer avec celle des Gaulois et qu'il a compté sur la fortune. Une action heureuse pouvait le sauver, et les Gaulois se refusèrent à lui fournir l'occasion qu'il recherchait. Il n'avait donc plus qu'un seul parti à prendre, c'était de battre en retraite.

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