‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 146 sur 190 · J. Maissiat, JtUes César en Gaule, I, p · texte numérisé non relu

J. Maissiat, JtUes César en Gaule, I, p

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sommet desquelles les Gaulois à l*aide de quartiers de roches auraient pu écraser les légions.

Nous avons donc une explication toute naturelle de la conduite de notre héros Arverne. Elle est conforme à son caractère, à la mission qu'il s'était imposée.

Alésia-Izemore est placée dans une situation telle, qu'on comprend admirablement les paroles que César prête à son adversaire. La veille du malencontreux combat de cavalerie dont nous aurons bientôt à raconter les péripéties, Vercingétorix dit à ses chefs assemblés que a les Romains fuient dans leur Province et abandonnent la Gaule. »

On voit en effet qu'en faisant passer l'action dans la région où nous nous plaçons, nous nous conformons au texte des Commentaires f ce qui n'a pas lieu si nous admettons qu'Alise-Sainte-Reine ait été le lieu où le dernier acte de ce drame héroïque s'est dénoué.

Mais revenons à la campagne contre les Helvètes.

C'est un peu au-dessus de Ceysériat-au-Revermont, où le général romain campa très certainement, qu'il aperçut pour la première fois toute la vallée de la Saône et que peut-être même il put distinguer, corpme perdue à l'horizon, la masse sombre de l'armée d'Orgétorix. 11 se mit à sa poursuite, et campa encore à Saint-Denis-le-Ceysériat avant d'attaquer, dans la région de Montmerle ou de Saint-Bernard, les Helvètes dont une partie déjà avait traversé la Saône.

Qu'il nous soit encore permis, en terminant ce chapitre, d'insister sur ce fait, pour nous capital, à savoir, que toute cette région de la Gaule était parfaitement connue de César.

Ajoutons encore que le nom d'Izernore signifie porte de fer. C'était donc un post($ difficile à assiéger qui était considéré comme une porte d'entrée dans les Gaules. Voici sur quels documents nous appuyons l'étymologie d'Izernore.

L'auteur de la vie de Saint^Oyan-de-Joux, qui écrivait vers le temps de la mort de Clovis (511), nous donne une étymologie très vraisemblable, k Eugendus, dit-il, était né non loin d*un bourg que la langue gauloise avait nommé Isarnodore, c'est-à-dire porte de fer*. * t Ici, ajoute Monin

1. Ortus nempe est haud longe a vicOy cuiveslusta paganitas obcele^

(p. 220 et 221), au lieu de grec ou de latin, nous trouvons du pur allemand : eisern (fer) et thor (porte). Mais d'un autre côté le vocabulaire breton dit de 882, nous donne dor (porte), et avec glosse irlandaise de Milan, le datif féminin diriaile (aux) doirsile (portes) un autre le nominatif singulier dorus (porte); et ce mot s'est conservé dans tous les dialectes néoceltiques sans exception; ainsi en anglais izernore signifierait bien porte de fer, ieron (fer) etdoor (porte).

Isarno se trouve aussi dans les dialectes celtiques ; Haiorn, Hourn, Heirn Houar (fer); en gaël-écossais, iarum; en gallois, haiharn; en breton, houarn. En latin l'H celtique se changeait en S; ainsi, halen, sel, devenait sa/; halek, saule, salix, etc. Il^en était de même dans les dialectes originaires d'Albin par suite de cette permutation très fréquentç de l'H en S *.

Tout ce qui précède tend à prouver qn'Izernore est l'antique ^iesia. Izernore n'est pas relativement éloignée de cette perte du Rhône toujours regardée comme la porte de la

Fi G. 447. — Épëe gauloise pointue {gladiolus).

Gaule. De GergoviakV oppidum des Mandubiens, la distance est grande. Depuis Gergovia, César fuyait devant les Gaulois, et Vercingélorix put dire en toute vérité : Cest assez pour la liberté du moment; mais c*est trop peu pour la paix et le repos de Vavenir, C'est qu'il n'était point de l'école de ces chefs de peuples qui ne pensent qu'à leur gloire. Le Pen- Tiern, au contraire, aimait véritablement sapatrie d'un ardent amour.

Avant de quitter Izernore nous ajouterons que nous sommes fort surpris que le Dictionnaire archéologique de la

1. Toutes ou presque toutes les étymologies que nous venons de donner sont tirées de la préface du Dictionnaire français-breton de Legonidec.

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Gaule' ne fasse aucune allusion aux suppositions qui tendent à démontrer que celte ville a pu être Alésia. En effet, l'ouvrage en question se contente d'extraire les lignes suivantes d'un journal^ : « Les fouilles exécutées dans cette localité du 18 août au 15 septembre 1863, ont fourni, parmi un assez grand nombre de monnaies romaines frappées depuis Caligula jusqu'à Valenlinien I", vingt monnaies gauloises dont une en argent ; toutes ces pièces étaient anépigraphes à l'exception d'une seule, attribuée généralement aux Séquanes el portant la légende TOC. Il eût été bien intéressantde savoir si avant ou après le mois de septembre 1863 d'autres fouilles n'ont pas donné d'autres résultats que des médailles anépigraphiques dont une seule fournirait en légende le terme significatif de toc.

En terminant ce chapitre, nous présenterons à nos lecteurs un nouveau type de chef gaulois différent de ceux qui précèdent et de ceux qui suivent. Ce guerrier (fig. 146 bis) porte un casque décoré de plumes et de grains de corail rouge. Ses poignets sont défendus par de forts bracelets en bronze coulés d'une seule pièce, „ ,,„ ,-, damain droite tient une épee qui est bien lour rouraiu (ar* ds le type de l'épée gauloise, car malheu- iriomphe d'opance). reusement nos pères n'ayant qu'un bronze très mou fabriquaient peu d'épées pointues, des glaives (gladiolus), fig. 147. — Comme preuve à l'appui du fait que nous venons d'avancer, nous donnons i<ri (fig. 148) deux épées dans leur fourreau qui montrent bien la forme de l'estrémité de l'épée gauloise. Ce document est authentique, puisqu'il nous est fourni par un bas-relief de l'arc de triomphe d'Orange.

1. Publié par la commission instituée au ministère de l'inal rue lion publique et des beaux-arts, 1675-78. Lellre 1-4.

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