‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 149 sur 190 · J. Maissiat, Jules César en Gaule, II, p · texte numérisé non relu

J. Maissiat, Jules César en Gaule, II, p

ë)t HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.

Dans Tespèce de conseil de guerre auquel nous avons fait allusion précédemment, Yercingétorix dit aux brenns assemblés autour de lui :

€ Le moment de vaiocre est venu : les Romains s'enfuient dans leur province et abandonnent la Gaule. C'est assez pour la liberté du moment, mais trop peu pour la paix et le repos de l'avenir. Ils reviendront avec de plus grandes forces, et la guerre sera sans fin. 11 faut les attaquer dans l'embarras de leur marche. Si les fantassins s'arrêtent pour soutenir la cavalerie, ils ne pourront achever leur route; si, comme on le prévoit, ils abandonnent les bagages pour ne songer qu'à leur sûreté, ils perdront à la fois l'honneur et toutes leurs ressources*. >

Ce discours enflamma le courage de tous les brenns qui s'engagèrent par le plus saint des serments, c'est-à-dire par celui qu'on prêtait sur les armes et sur les enseignes de l'armée, les unes à ne pas rentrer dans leurs maisons, les autres à ne pas revoir leurs femmes, leurs enfants, leurs familles, avant d'avoir traversé deux fois les rangs des ennemis.

César, dès l'aube, à l'exemple de son jeune adversaire, rangea sa cavalerie en trois corps, et l'action ne tarda pas à s'engager sur tous les points. Les légions qui étaient restées en arrière parurent bientôt, placèrent les bagages entre elles et firent halte.

Le choc des Gaulois fut terrible et Plutarque nous dit positivement que les Romains éprouvèrent d'abord un échec 2. Plusieurs fois César dut faire porter les aigles sûr les points où ses soldats fléchissaient. Luirmême courut de grands dangers. Un Gaulois s'empara de lui et l'emporta au galop de son cheval. Il ne l'avait point reconnu. Un de ses camarades lui dit: « Cecos César, lâche €ésar ! » Le guerrier obéit et le proconsul dut à cela d'être sauvé ^. On ne conçoit pas bien quel motif dicta au Gaulois cette parole. Servius, qui

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