‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 155 sur 190 · Bell.Gall.,\[\, i.xxi · texte numérisé non relu

Bell.Gall.,\[\, i.xxi

En terminant, le Pen-Tiern dit :

« Le calcul a été fait: je n'ai de vivres que pour trente jours. En les ménageant, je pourrai tenir quelques instants de plus. >

Les cavaliers partirent, et grâce aux voiles de la nuit, ils purent s'échapper. Un corps nombreux eût-il pii traverser aussi facilement un endroit qui, nous le voulons bien, n'était pas encore fermé, mais qui devait être gardé et surveillé par les Romains. Les Gaulois ne purent passer que parce qu'ils étaient en petit nombre. Une troupe de 15 000 hommes à cheval fait forcément beaucoup de bruit. Dès le commencement du siège, Vercingétorix se fit apporter tout 1^ blé qpi était dans la ville et décréta la peine de mort contre tous ceux qui ne lui obéiraient pas. Les bestiaux des Mandubiens furent distribués par tête entre tous les habitants de l'oppidum assiégé. Le grain ne fut donné que par petites quantités à la fois.

Nous nous trouvons encore ici en présence d'une fausseté évidente : César dit, en effet, que te Pen-Tiern fit rentrer dans la ville toutes les troupes qui campaient aux pieds de ses murs.

Alesia-Izernore, pas plus qu'Alésia du mont Auxois, n'aurait pu contenir un aussi grand nombre de combattants. A quoi bon d'ailleurs une telle multitude ! Ce fait est de toute invraisemblance. Napoléon P*^ le constate en ces tonnes *^ : « Est-il vrai que Vercingétorix s'était enfermé avec 80000 hommes dans la ville, qui était d'une médiocre étendue ? Lorsqu'il renvoie sa cavalerie, pourquoi ne pas renvoyer les trois quarts de son infanterie ? Vingt mille hommes étaient plus que suffisants pour renforcer la garnison d'Alise, qui est un mamelon élevé qui a trois mille toises de pourtour, et qui contenait d'ailleurs une population nombreuse et aguerrie. Il n'y avait dans la place des vivres que pour trente jours; comment donc enfermer dans la place tant d'hommes inutiles à la défense, mais qui devaient hâter la reddition ? Alise était une place forte par sa po-

i. Précis des guerres de Jules-César,

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sition ; elle n'avait à craindre que la famine. Si au lieu de quatre-vingt mille hommes, Vercintégorix n'eiit eu avec lui que vingt mille hommes, il eût eu pour cent-vingt jours de vivres, tandis que soixante mille hommes tenant la campagne eussent inquiété les assiégeants. Il fallait plus de cinquante jours pour réunir une nouvelle armée gauloise et pour qu'elle pût arriver au secours de la place. Enfin, si Vercingétorix eût eu quatre-vingt mille hommes, peut-on croire qu'il se fût renfermé dans les murs de la ville? Il eût tenu les dehors à mi-côte et fût resté campé, se couvrant de retranchements, prêts à déboucher et à attaquer César. »

Le proconsul par des prisonniers et des transfuges fut bientôt au courant de ce qui se passait dans la ville. Il hâta dont l'achèvement des fortifications déjà commencées*. Il fit creuser un fossé large de 20 pieds, à parois verticales, c'est-à-dire ayant au fond de la cuve, la même largeur qu'à la surface du sol. A quatre cents pas (592 mètres) en arrière de ce fossé, il établit le reste de ses retranchements. Il laissa cette distance afin que les ennemis ne pussent point pendant la nuit attaquer à l'improviste les ouvrages, ni lancer une grêle de traits sur les travailleurs; car on avait été obligé d'embrasser une si grande circonférence (plus de quinze kilomètres) que nos troupes n'auraient pu aisément en garnir tous les points. Dans cet espace, César fit ouvrir deux fossés de quinze pieds de large sur autant de profondeur. Celui qui était intérieur était creusé dans la plaine et dans un terrain bas, il fut rempli d'eau tirée de la rivière*. »

Ce n'est point sans dessein que nous avons rapporté le texte même du proconsul en l'éclairant de quelques explications mises entre parenthèses. Nous nous sommes arrêté un instant pour rechercher qu'elle pouvait bien être cette rivière dont le général romain amenâmes eaux.

Les personnes qui soutiennent qu'Alise-Sainte-Reine est

1. M. Gravot, dans son Étude sur VAlésia de César, pense que c'est alors seulement qu'on les commença. Jusqu'alors les Romains n'avaient travaillé encore qu'à fortifier l'enceinte de leurs campements.

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