BellGalLy VII, lxx
phrase, on voit que les Romains subirent d*abord un échec véritable. Nous croyons fermement que le proconsul ne se contenta pas, comme il le dit, de ranger ses légions en bataille et qu'il les lança sur les troupes de Vercingétorix en même temps que ses auxiliaires germains, et la preuve c'est qu'il nous dit, quelques lignes plus bas, prœsidio legionum ' addito. Le concours des légions aida la cavalerie. Mais ces trois mots sont si brefs qu'on n'y prend pas garde.
Vercingétorix comprit que sa cavalerie ne pouvait lui être d'aucun secours « et il résolut de la renvoyer avant que les Romains eussent achevé leur circon (lallation ^ » Nous sommes ici de Tavis de M. Gravot; nous pensons que le Pen- Tiern ne se sépara que de deux ou trois mille hommes qui représentaient toutes les peuplades de la Gaule. Les autres cavaliers s'enfermèrent avec lui dans la ville pour concourir à sa défense. Nous savons que dans le combat qui venait d'avoir lieu, les Germains s'étaient emparés d'un grand nombre de chevaux. Beaucoup avaient dû être tués, beaucoup blessés ; beaucoup étaient épuisés de fatigue et impropres au dessein de Vercingétorix.
Avant la bataille de Bâgé, le Pen-Tiern, nous le savons, avait 15000 cavaliers; cette rencontre fut très sanglante; la poursuite des Romains fut terrible ; égaiement aussi fut terrible le choc sons les mursô' Alesia; nous croyons donc que le Pen-Tiern ne pouvait guère avoir plus 2000 ou 3000 cavaliers bien montés. Il les réunit et leur dit :
<i Allez chacun dans votre pays, et enrôlez tous ceux qui sont en état de porter les armes. Rappelez-vous les services que je vous ai rendus. Vous ne voudrez point laisser à la merci d'ennemis cruels un homme qui a bien mérité de la liberté commune. Vous voudrez me sauver. »
Puis il ajoute que toute négligence de leur part entraînerait non seulement la perte de leur chef, mais celle de 80000 hommes d'élite.
Nous ne nous arrêtons pas à cette assertion qui est tout à fait fantaisiste.