‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 157 sur 190 · Gravoty Etude sur VAlésia de César, p. 124 et · texte numérisé non relu

Gravoty Etude sur VAlésia de César, p. 124 et

César nous dit que ses fortifications étaient flanquées de tours placées à quatre vingts pieds l'une de Tautre.

Nous laisserons ici la parole à M. Gravot : « 11 reste àlzernore, nous dit-il, vingt-sept de ces tours admirablement conservées et se suivant sans interruptions sur une longueur semi-elliptique d'environ deux kilomètres. Voici la description des lieux tels qu*en les retrouve actuellement sur le point dont je parle.

« Des espèces de jetées en terre partent du niveau de l'extrémité septentrionale de la plaine, et s'avancent, comme de longues dents d'une immense roue d'engrenage, jusqu'à une distance variable, mais toujours assez grande, sur les pentes rapides des étroites gorges de l'Enconnant au nordest, de Condamine-la-Belloie au nord, de l'Oignin au nordouest. Chacune de ces jetées est terminée par un tertre arrondi, de même hauteur qu'elles, et par conséquent de même hauteur que la plaine. Ces tertres ont la forme de cônes tronqués dont les bases inférieures ne seraient guère plus considérables que les bases supérieures, en sorte que leurs surfaces latérales sont à peu près à pic dans tous les sens, excepté du côté où se trouvent les jetées qui les réunissent à la plaine. Entre deux tertres consécutifs, et par suite, entre deux jetées voisines, se trouve toujours et régulièrement un chemin creux qui les sépare. Ce chemin part de la surface des gorges au pied des tertres, et monte en pente douce jusqu'à celle de la plaine. On en compte vingt-six, plus ou moins intacts les uns que les autres. Tous ont la même largeur (vingt-cinq à trente mètres, les quatre-vingts pieds de César) et cette largeur est égale dans toute leur étendue. Ils servaient sans doute à faire communiquer la partie comprise entre la contrevallation et la circonvallalion, où se trouvait le gros de l'armée avec le « vallum » du bord des fossés qui régnaient tout le long des tertres. Ce qui le prouve, c'est que d'autres chemins un peu plus étroits, sortes d'embranchements des premiers qui étaient les principaux, partent de ceux-ci pour gravir la pente latérale des jetées et relier ainsi avec le vallon les tertres que ces jetées reliaient ellesmêmes avec la plaine. Tous les points des travaux de défense

se trouvaient par cette triple disposition à portée les unes desautreSy et les légionnaires n'avaient pour se secourir mutuellement que quelques pas à faire.

)) Toute cette partie est dans un parfait état de conservation. Au nord^ la hauteur des tertres varie de dix à douze et même quinze mètres ; au nord-ouest, elle passe vingt mètres ; au nord-est, elle atteint de trente à trente-cinq mètres. Ces différences ne sont pas dans une irrégularité du niveau des bases supérieures, puisque ce niveau est partout celui de la plaine ; mais à l'ouest, le lit de l'Ënconnant était beaucoup plus bas que la gorge de Condamine, en sorte que le pied du talus a dû aller s'asseoir à une plus grande profondeur; et l'Oignin, coulant dans les mêmes conditions à l'ouest, a amené de ce côté le même résultat. *■ »

Chacun de ces tertres devait porter une tour en bois de charpente. Rien, en effet, dans le texte de César ne peut nous faire supposer l'emploi de la maçonnerie. Nous voyons, au contraire, que parmi les travaux du camp, le proconsul parle de la nécessité où Ton était d'aller chercher du bois (materiari)) or y ce terme ne sert qu'à désigner des grandes pièces de bois dont on avait besoin pour les travaux des fortifications.

Le proconsul mentionne aussi la peine qu'il fallait prendre pour se procurer des vivres (frumentari). Si Vercingétorix avait bien réellement renvoyé tous ses cavaliers, tandis que quelques-uns d'entre eux remplissaient la mission de soulever les Gaules, les autres n'auraient pas manqué de rester dans les montagnes qu'avoisinent Izernore pour harceler les troupes romaines quand elles allaient aux provisions et aux fourrages. César n'eût point passé sous silence cette circonstance.

Les Commentaires nous apprennent que les Gaulois firent souvent des sorties. < César jugea bientôt qu'il était nécessaire d'ajouter quelque chose aux fortifications, pour qu'une force moindre suffît à les défendre. On prit des troncs d'arbres ou de très fortes branches, on les dépouilla de leur

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