‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 158 sur 190 · Gravot, Études sur VAlésia de César, p. 125 et suivantes · texte numérisé non relu

Gravot, Études sur VAlésia de César, p. 125 et suivantes

écorce, et on les aiguisa par le sommet. On creusa une longue tranchée de cinq pieds de profondeur^ où ces pieux furent enfoncés et solidement attachés par le pied, de manière à ne pouvoir pas être arrachés. Il y en avait cinq rangs, liés ensemble et entrelacés ; quiconque s'y était engagé s'embarrassait dans leurs pointes aiguës. Les soldats leur donnaient le nom de ceps. Au devant, étaient des puits de trois pieds de profondeur, disposés en quinconce et qui se rétrécissaient peu à peu jusqu'au bas. On y faisait entrer des pieux ronds, de la grosseur de la cuisse, durcis au feu et aiguisés à l'extrémité qui ne sortaient de terre que de jquatre doigts ; on les affermissait au pied en foulant fortement la terre ; le reste était recouvert de ronces et de broussailles afin de cacher le piège. Il y avait huit rangs de cette espèce, à trois pieds de distance l'un de l'autre. On les nommait des liSy à cause de leur ressemblance avec cette fleur. En avant encore étaient fichées en terre des chausse-trapes d'un pied de long, armées de pointes de fer, on en mit partout, et à de faibles distances, on les appelait des aiguillons ^ »

Les troncs d'arbres dépouillés de leur écorce et convertis en poutres se nomment en latin tigna. Or un hameau, situé tout contre le plateau d'Izernore, porte le nom de Tignat. Il est impossible de n'être pas frappé de l'extrême ressemblance qui existe entre ces deux termes. Les lis, s'appelaient Lilia; le hameau de Matafelon qui, du côté de l'ouest, longe les restes actuels des lignes de César, s'appelle précisément Lilia.

Il faut que, pour un instant, nous abandonnions César et Vercingétorix aux prises, pour nous transporter par la pensée dans la ville de Bibracte. Il devait y régner deux courants d'opinion. Le peuple était consterné du blocus d'Alésia. Les nobles, au contraire, étaient secrètement enchantés de voir peut-être à la veille de sa perte, l'homme dont ils jalousaient l'ascendant.

On conçoit donc que les colliers d'or venus de toutes les parties de la Gaule à Bibracte accueillirent assez mal les

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