‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 16 sur 190 · LE GUI · texte numérisé non relu

LE GUI

Au mois noir, les feuilles brûlées Par l'âpre baiser des gelées Tombent des branches mutilées.

Les arbres dressent vers les cieux Comme des squelettes rugueux Leurs troncs livides et noueux.

Parmi ce deuil de la nature, Seul, un chêne sur sa ramure Montre encore un peu de verdure.

C'est la plante d'Hésus, un gui Que le froid n'a pas alangui.

L'Invisible veille sur lui.

Rien que la branche qui le porte A tous les regards semble morte, Du gui la sève est jeune et forte.

Malgré Thiver, ce noir faucheur,

Elle maintient dans sa fraîcheur .

Des graines la mate blancheur.. 1

La vie a bien des heures sombres Et nos bonheurs ont bien des ombres.

Des hivers bien grands sont les nombres.

L'homme qui prend Dieu pour appui Lorsque tout meurt autour de lui Peut tout braver comme le gui.

n L'indignation rend poète ^ nous dit un proverbe latin. Les Gaulois écrivaient des satires contre les lâches, contre tous ceux qui d'une façon quelconque manquaient aux lois de l'honneur. Les bardes avaient à la fois pour mission de célébrer la vertu et de dénoncer et flétrir le vice. Nous allons donner ici la traduction d'une satire de Lwarc'h-Henn contre un guerrier qui passait ses jours au milieu des fêtes et qui ne cherchait pas à tirer vengeance des incursions que des tribus voisines de la sienne faisaient sur son territoire.

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