‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 29 sur 190 · Fétis, Hist, génér, de la musique, l, p · texte numérisé non relu

Fétis, Hist, génér, de la musique, l, p

nos pères, nous ne citerions que celui-ci, mais il est typique: € Les Gaulois, nous disent ces auteurs, s'asseoient pour leurs festins autour de tables rondes et basses. Ils dévorent les mets placés devant eux à la façon 'des lions, prenant des deux mains des quartiers entiers et mordant dessus à belles dents, it Ne voit-on pas dans ces lignes une exagération évidente et un désir manifeste de produire de l'effet au risque de fausser la vérité.

L'antiquité classique étant muette sur la question qui nous intéresse, nous devons puiser nos renseignements auprès des Celtes eux-mêmes.

Ouvrons donc le recueil des œuvres d'Ossian. N'interrogeons que son poème le moins incontesté de tous : Fingal. Que lisons-nous dans la traduction du chef-d'œuvre donnée par Lamartine *.

« L'hymne des combats est entonnée à voix inégales et se prolonge dans les échos du Cromla. j>

Il n'est pas probable qu'Ossian se soit servi de cette expression pour exprimer l'idée que tous les guerriers de l'armée de CuchuUin n'avaient pas tous la même voiv, qu'il y avait en un mot, parmi ces guerriers, des ténors et des basses. Ne vaut-il pas mieux entendre que les voix étaient inégales, parce qu'elles ne chantaient pas toutes la même partie ?

Ne serait-ce pas aussi ces parties différentes qui rendaient si terrible à entendre pour les Romains les rauques fanfares des carnix ?

Voici ce que nous apprend Diodore à ce sujet : « Les tronjpettes dont se servent les Gaulois leur sont propres, elles ont quelque chose de barbare et rendent un son épouvantable qui accroît le tumulte des armées ^. >

Dans nos musées, nous avons des trompettes romaines dont la taille ne le cède point à celle des carnix ; les unes et les autres devaient donc rendre des sons très puissants, des sons épouvantables, comme l'affirme Diodore.

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