BulMia monumental, 5* série, t. VI, p
logie préhistorique, entre autres à MH. de Mortillet, louis Légua;, L. de Laurière, et d'autres encore, et aucun d'eux
Fio. 3B. — Poli
n'a pu nous dire quelle aurait pu être la destination de ces os rie renne ainsi façonnés.
Dans la céramique, nous trouvons chez les Gaulois des poteries aiïectant toutes sortes de formes, des amphores, des
urnes, des vases, des gobelets, des coupes, etc. (fig. 36 à 40).
144 HISTOIRE NiTIOSAlE DES CAOLOIS.
Ces poteries sont souvent arrangées dans les dolmens, ainsi
que le montre notre figure 27 ; on y voit même des vases d'origine grecque, tel que le phaskon (fig. Ai).
Fio. 13. -Torque ou collier k'u'oIi (eusemble).
II existe au musée de Saint-Germain en Laye plus de 500
HISTOIRE NATIONALE DES GArLOIS. 115
vases gaulois ; nous en avons vu un très grand nombre également dans la magnifique collection de M. Frédéric Moreau, de Paris, l'heureux archéologue qui a découvert et fouillé le cimetière franco-mérovingien de Caranda ainsi que les tomhes deTrugny (Aisne).
Parmi les objets de bronze, nous trouvons des armes, (épées, poignards, glaives), des rasoirs, des couteaux, des
agrafes, des ûhules, des torques, etc. Parmi les torques (fig. 43), les uns sont unis : ils sont formés de baguettes rondes ou carrées terminées à leurs extrémités, soit comme
Frc. 45. — Extr^îlé) du (orqaa reprjieatë Ogun t3.
le représente notre figure 41, soit comme le montre notre figure 45, qui a certaines parties de sa décoration émaillées (fig. 46). D'autres torques semblent formés par des tiges
carrées auxquelles ou aurait fait subir des mouTements de
PiG. ta. — Parties ëmdilléei dv Wrqoa npriieBlé Ognrei *3 il 15.
torsion en sens contraire; d'autres enfin, plus riches, sont
Fis. VI, — Fragment de toniiie. Fia. 48. — SiDglIsr (enseigu gaululie).
composés d'une suite de boules ou plutdt d'ampoules
Fm. *9. — Enasigne gauloise (î* lyp«).
décorées d'ornements semblables à celui représenté par
notre ligure 47 ; on trouve rarement des torques en argent et en or ; cependant nous en avons vu dans quelques collections
;F[0. 50. — Uacl
ainsi qu'à l'exposition du métal organisée en 1880 par l'Union centrale des beaux-aris appliqués à l'industrie.
Parmi les objets en bronze de l'art gaulois, on trouve encore assez fréquemment des extrémités d'enseignes, ce sont
F[fl. Si. — Hache
surtout des sangliers (Gg. 48, 49), des haches simples (fig. 50, 51 et 52) et des haches portant des douilles servant à
les assujettir à leur mancbe, ou bien servant à les suspendre en guise dVa; voto (lig. 53) ; nous trouvons également des
Fio. Sî, — H«che 1
bagues, des anneaux de pieds, des bracelets de diverses formes (voy. nos figures 54, 55, 56 et 57), des demi-bracelets.
— Bracclcl àh dtxtrochirt.
des poignards (fig. 58), des épées de formes diverses (fig.59, 60 et 61), des plaques décoratives, de petits écussons,des
rouelles; ces rouelles (fig. 62, 63, 64, 65 etfig. 65 bis) sont considérées comme la monnaie primitive des Gaulois;
Fig. 55 et 5o. — Bracelets en cuivre.
celle représentée par noire figure 65 est dessinée d'après un bas-relief de l'arc de triomphe romain d'Orange. On trouve
Fig. 57. — Bracelet en cuivre.
FiG. 58. — Poignard gaulois.
également des phalères (fig. 66), des pointes de lance (fig» 67), ^t de javelots, etc., etc.
FiG. 59. — Épée gauloise (l*f Jype).
Le petit écusson (fig. 62) était placé dans le haut d'un fourreau de glaive; il porte trois têtes d'un caractère assez barbare. M. Morel* nous dit que ces têtes ressemblent à
i. Découvertes de sépultures gauloises au cimetière de Marson, 1 broch. avec album oblong, Châlons-sur-Marne, 1875. Nos figures 62, 72 et 73 sont tirées de cet album.
celies figurées sur un bas-reliel' provenant de l'ancien oppidum d'Entremont , près d'Aix, lequel bas-relief est certainement gaulois (lîg. 6S).
On trouve encore parmi les objets en bronze des boss elles ou cocardes qu'on plaçait sur le frontal des che vaux (lig. CO);
des boucles, des boutons (fig. 70), des plaques de métal (fig. 1\) qui recouvrent les points d'attache de divers harna-
chements, enfin des aiguilles, des sortes de cure-dents, des cuillières ou puisoirs, des seaux, des agrafes de divers genres; nous en donnons quelques exemples plus loin.
Un certain nombre de ces objets en bronze sont émaillés, nous l'avons déjà dit.
Nos figures 72 et 73 montrent des crochets en bronze qui devaient servir à suspendre, autour de la cuirasse-ceinture
du guerrier, divers objets, comme on peut le voir à la fin du chapitre, par la figure 134, qui représente un Gaulois restitué d'après les documents trouvés dans le lumulus de la forêt d'Hallslatt (Autriche).
Fw. es Ht. — RoueUe.
Parmi les objets en bronze trouvés dans les sépultures gauloises, beaucoup n'appartiennent pas à l'art gaulois; car bien des archéologues confondent encore les objets gaulois et les objets mérovingiens. Nous donnons ici dans, nos figures 74 à 81 quelques-uns de ces derniers pour montrer la diiTérence qui, d'après nous, est très sensible. Nos figures 74 et 75 montrent des boutons dont la forme n'a jamais été gauloise, pas plus que les ornements représentés par nos figures 76, 77 et 78. Ce dernier (fig. 78) est tout à
fait caractéristique; du reste dans ces deux derniers exemples, on retrouve des incrustations de verroteries.
Fjo. 67. -~ Pointe do lunra en brofl».
Nos figures '9 et 80 montrent des sortes de boucles ou
Fio. 68. — Bas-reliut il'Enlreiiionl près d'Ait-cn-Proïcnce.
agrafes mérovingiennes; quant à la figure 81, elle fait voir
une (été de crochet servant à porter les chaînes d'épée; les uns prétendent que cet objet est mérovingien, d'autres
qu'il est gaulois ; nous nous rangeons à cette hypothèse. Ne peuvent non plus être considérés comme gaulois le cas-
que de Berru (fig. 25), pas plus que celui que nous donnons ici (lîg. 82) qui se trouve au musée du Louvre; ce dernier
nous paraît d'origine grecque, aussi évidemment que le
Ki«, 71 cl 75. — Bouiûii! m
casque de Berru et de Cuperly du musée de Saint-Germain eu Laye, nous paraissent d'origine orientale.
Les anses du seau ou ciste trouvé à Monceau-Laurent, commune de Hagny-Lambert (Cdte-d'Or), ont certainemeiil une origine étrusque (voy. fig. 83).
Fiu. 79 pl 80.— Boucle
Mais un casque dont l'origine est bien gauloise, c'est celui représenté par nos figures 84, 85 et 86. Il se trouve aujourd'hui au musée de Saint-Germain en Laye; il a
élé féché en 1860 dans le petit bras de la Seine qui tra-
verse Paris, dans la partie située entre le pont de l'Archevêché et le Petit-Pont.
Voici la descriptioa que notre collègue Louis Leguav
a donné de ce casque à notre SociPté d'anthropologie. (Séance du 23 décembre 1864)' : * Deux plaques en bronze de très faible épaisseur forment cette pièce. Planées et cintrées au marteau, elles ont re^u une forme demi-
sphérique, et elles se terminent au sommet par un relief enlevé sur le bord circulaire dont l'un d'eui, beaucoup plus large que l'autre, est rabattu sur le premier, en forme d'agrafe ou de pince réunissant les deun pièces sur
tout le pourtour où elles se louchent. Afin de maintenir cet assemblage, des agrafes en fil de laiton passent au travers de trous pratiqués dans ce relief. » Le bord du casque formant bandeau est consolidé par deux pattes rapportées l'une sur l'autre et maintenues par quatre clous à Ifite conique et rivés intérieurement ; nos figures 85 et 86 montrenl 1. -Voseï h Bulletin de la Soc. d'flnlftropol., t. V.p. 9i7.
en grand les détails de cet assemblage, ainsi que celui du sommet du casque.
Notre figure 87 représente une cuirasse gauloise 'qui se
Fie. st. — Cuinuie gauloisu,
voil au musée d'artillerie aux Invalide D après les un^ cette cuirasse serait d'origine grecque d après le autres elle serait gauloise ; nous partageons cette dernière opi
nion, bien que nous sachions qu en général les Gaulois portaient des zonm (fig. 88), c'est à dire de hautes cem Cures en métal, faites avec de forts anneaux entrelaces Ces ceintures étaient encore fori ées au moyen de plaques de bronze, comme notre figure 89 en fait voir un débris Pour rattacher leurs manteaux ou les serrer autour de leur
COU, pour serrer leur braies (braceœ) ou pantalons collants
Fie. 90 el 91. — Agrafes. FtC. 9j. — Agrafe d« ronne (IrFulatr
autour de leur taille, les Gaulois employaient des Tibules et des agrafes; les femmes devaient aussi en faire un grand
usage. Nos figures 90 et 91 montrent des fibules qui présentent quelque analogie avec celles employées par les
Fie. 9t. ~ Forl crocbcl.
' femmes modernes et appelées broches. Notre figure 92 montre une agrafe de forme circulaire' qui porte des traces
<l'éinailierie, car les Gaulois, nous allons le voir bieutôt, étaient des émailleurs très capables ; la figure 93 représente
une agrafe de forme circulaire également, mais celle-ci était formée à l'aide d'un gros fil métallique; enfin la figure 94
FlG. 99. — Boulon in
fait voir un crocbet qui positivement servait pour agrafer un ceinturon ou ceinlure-cuirasse. L'original du type que nous
montrons ici a été trouvé dans un tumulus de l'Angleterre. Parmi les bijoux de bronze, les Gaulois appréciaient les
lISTOfRE NATIONALE DES GAULOIS.
bagues. Notre figure 95 en montre une qui est aujourd'hui au musée de Saint-Germain. Nous devons ajouter qu'un grand
FIG. toi. — OrnemaDl demi-9plii!r..|u ; ti.ii-kiUi. PiG. 1<H. - Obicisnuillé.
nombre d'objets en bronze avaient des similaires faits en fer. Si nous étudions les verreries et les émaux gaulois, nous
I âmBilM ijanl décoré le hirni
voyons que nos ancêtres fabriquaient des bagues, desserres à boire, des bouteilles, des petits cruchons et des urnes. Ils
faisaient également des colliers avee des perles en verre fondu au milieu desquelles ils intercalaient de l'ambre, des
bronzes émailléB, etc. Sur le mont Beuvray dans V
Bibracte, l'oppidum maximœ auctoritatis de César', à
ingt-cinq kilomètres d'Autun*, on a découvert en 1861 des
Kio. lOS. — Coupe d'Alisa.
1, Danssea Promenade» au musée lU Saint-Germain, M. G. cleMortillet fpagB 50) posa cette question aans oser la résoudre; mais doit-on en conclure que c'est bien la Bibracte de César ? La question peut encore être discutée. En déllnitive, M. de Mortillet inclinerait au contraire pour la négative.
3. La découverte des émaux de Beuvray a été l'ohiel d'un mémoire U
fabriques d'émaillerie gauloise très complètes; car, comme le disent les auteurs de la brochure, V Art de Vémaillerie
chez les Eduéens' : c on n'avait pas seulement mis à jour quelques échantillons isolés, mais tout un centre de fabrica-
Fie. 111. — liucripliDii d'un momuuent FiG. 113. — Bas-relief gallo-romain. B.llo-romaiD.
lion, dont les ateliers, comme dans certaines fouilles de Porapéi, n'auraient paru fermés que de la veille, si l'état d'altération d'un grand nombre d'objets n'eût témoigné d'un long séjour au sein de la terre.
imprima par h sociélé des a ( ii d Fra e ((. XOIII, 1879).