L'Arl de t'émailUrie clie 1 Ed 1 l'ère chrétienne, par
J. Bulliol cl Henry de Fonten ylb h nb de 40 pages, accompagnée de S planches, Paris 1H7S Et t de Mémoires de la Société Edudetme (nouvelle série), t. IV 14 flg d 96 à 103 sont tirées
de cotte brochure.
« Les ustensiles gisaient péle-méle, les fours étaient encore remplis de charbons; à cdlé des spécimens complètement terminés, on en voyait d'autres à peine ébauchés, d'autres en pleine fabrication, l'un même encore enveloppé de terre cuite (page 5). »
Plus loin MM. Bulliot et de Fontenay nous informent que l'émail dans ces fabriques se présente sous trois formes: à l'état brut en petits cuboides, à l'état de pellicules ou calottes vitreuses, et enfin àl'état de bavures ou de rognures. On a trouvé dans l'ancien oppidum des bronzes gravés et
émaillés (fig. 96 & lft3) ; la découverte la plus importante est un pommeau d'épée en bronze (fig, 100) assez bien dessiné. La plupart des objets trouvés au mont Beuvray sont aujourd'hui au musée gallo-romain de Saint-Germain en Laye, exposés dans une vitrine spécialement affectée à l'émaîllerie gauloise ; car on a trouvé dans diverses parties
de la France des échantillons analogues à cens dont nous venons de parler.
Notre figure 104 montre une meule ayant servi à polir les émauK.
Si nous étudions la numismatique gauloise, nous vovons
Fio. 117. — Bas-relief gallo-i
que nos ancêtres frappaient des pièces de monnaie de bronze, d'argent et d'or. Au début de leur civilisation, ils avaient utilisé des sortes de monnaie nommées rondelles; ensuite ils s'étaient contentés de copier plus ou moins bien le type
FiB. 119. — CEBANDS. Fio. lîO. — S1V1ER...0S
de monnaies des pays qu'ils traversaient ; les plus anciennes frappées dans les Gaules sont des monnaies massaliotes. Dans leur invasion en Grèce et en Macédoine, les Gaulois firent un riche butin de monnaies d'or frappées à l'effigie de Philippe, père d'Alexandre le Grand ; elles représentaient an
recto la lête d'Apollon et au verso une victoire conduisant un char à deux chevaux {bigé) avec le nom de Philippe
*iAnnov.
Les Gaulois contrefirent les statères macédoniens. A un moment donné, peu après la conquête, ils eurent trois groupes principaux de monnaies : les gallo-grecques dont les légendes étaient grecques; les gallo-romaines, dont les légendes étaient latines; enfin, les monnaies véritablement gauloises, qui ne portaient pas toujours des légendes, mais souvent les représentations symboliques suivantes : le cheval libre, symbole de l'indépendance ; au-dessous de celui-ci, on voit souvent un vase ; le cheval au repos symbolisait la richesse. — Le bœuf était considéré comme le symbole des travaux des champs. Suivant la localité où étaient frappées ces monnaies, elles portaient une roue (fig. 105), un triangle, un croissant, un cercle, un pentagone, etc. Sur quelques médailles, on retrouve des noms de chefs. On peut voir, par exemple, au musée de Saint- fig. m.
Germain des statères avec le B«-r,ii.f gaïk.-™™», eurises. nom de Vercingétorix; l'un vient
de Poinsat en Auvergne; on a trouvé dans cette localité, enlS49, une suite de médailles avec le nom et la représentation du chef gaulois; l'autre provient d'Alise.
On voit encore à ce même musée une drachme avec ces deux mots en légende, DARIA-DIARILLOS.
Dans la salle du trésor du musée de Saint-Germain, on trouve une magnifique coupe en argent (fig. 109), qui a été découverte dans les fouilles d'Alise-Sainte-Reine (Gôled'Or) aussi l'a-t-on surnommée la coupe d'AUse. C'est dans la même petite salle qu'on peut voir deux bracelets en or massif d'une forme très ordinaire, et qui ont un poids identique d'une valeur d'environ 1000 fr., ce qui fait supposer que ce sont des lingots qui affectaient cette forme dans le commerce de l'or, ou bien que les chefs portaient ce genre^
de bracelets alin de pouvoir les donner en rançon, s'ils iStaient faits prisonniers de guerre. On voit une figuration de ce 'genre de bracelet ou lingot dans notre croquis (lig. 110).
Dans ce qui précède, nous avons donné un ensemble assez complet sur l'art gaulois primitif pour permettre au lecteur
Fin. 4Î3. — Bat-réHut d'Enti
de s'en faire une juste idée. Pour compléter cette étude, nous voudrions jeter un coup d'œil très rapide sur l'art gaulois un peu avant la conquête romaine. Malheureusement pour cette époque,'nous ne pouvons fournir des monuments authentiques, car les Romains, après s'être emparés du territoire gaulois, brûlèrent et saccagèrent tous les bourgs, toutes les bourgades et même les riches villas des brenns ; car nous n'ignorons pas aujourd'hui que beaucoup de colliers d'or possédaient des villas aussi belles et aussi luxueuses que celles des Romains eux-mêmes. Les constructions de ces villas devaient être sans aucun doute fort remarquables et devaient posséder un cerlain confort. Malheureusement on
n'a jamais élabli une délimitation entre l'époque gauloise indépendante, un peu avant la conquête, et l'époque gauloise peu après la conquête ; on a toujours confondu les monu-
Flo. Iî3. — Moeilqua gallo-romaine.
ments qui pouvaient avoir à l'origine un caractère exclusivement gaulois, et les archéologues ont attribué sans distinction aucune à la période gallo-romaine, tous les anciens monuments retrouvés sur notre sol ; aussi ne les connaîl-on
KiQ. 4St. — Hosalquo rillo-ramalpa.
aujourd'hui que sous la dénomination de monuments falloromaîns.
Cependant il est nécessaire de dire que la véritable période gallo-romaine n'a commencé que sous Auguste, et encore devons-nous faire des réserves pour la partie méridionale de la Gaule.
HISTOIRE NATIONALE DES GiDLOIS.
Si Auguste, en effet, lit construire des édifices à Lyon, qu'il aimait beaucoup, puisqu'il y séjourna six années, il n'est
pas' probable qu'il construisit au delà de celte ville. Ce sont les proches et les successeurs de ce prince qui élevèrent dans
Fis. 136. — Hoiaque talla-romiine.
la Gaule méridionale des édifices remarquables
quelques-uns subsistent encore de nos jours dans un étal de conservation plus ou moins grand. Aussi pouvons'
-nous
HISTOIRE NATIONALE DES CArLOIS. 16S
admettre sans crainte d'être démeiili, que blendes monilments dénommés gallo-romains appartiennent en propre à la Gaule indépendante, parce que ce sdnt des œuvres des artistes gaulois.
Nous serions assez porté à considérer comme tels, des pierres tomba les qu'on voit au musée d'Autun, lesquelles nous montrent qu'après la soumission des Gaulois, ceux-ci étaient constitués en corps d'état ou corporations.
L'une de ces pierres indique les attributs d'un fabricant de cuir nommé Sabinianus; une autre la pierre tombale d'un architecte ou d'un conslructeur du nom de Gains, une
troisième porte les instruments d'un verrier; une quatrième, un marcband de vin remplissant un gobelet.
Nous terminerons ce chapitre en mettant sous les yeux de nos lecteurs quelques monuments de l'an gallo-romain. Ce sont des bas-reliefs, des mosaïques, et un hypocausle. Les bas-reliefs représenlés par nos figures, de Hi à 121, ont été découverts dans les fondalions de Notre-Dame de Paris vers 1711 ou 1712; ils sont aujourd'hui déposés au musée de Cluny. Ce sont là des œuvres incontestablement gallo-romaines, puisqu'une inscription de ce monument témoigne qu'il a été construit sous le règne de Tibère. Voici la traduction de l'inscription de notre figure 111 : » Sous Tibère César-Auguste, à Jupiter très bon et très grand, les nauloniers parisiens ont élevé publiquement ce monument. »
Parmi les autres bas-reliefs de cet antique débris, nous
signalerons (fig. 118) une représentation de Castor, une autre de Ceununos (fig, 119), personnage armé décernes,
probablement une divinité champêtre, enfin (fig. 120) SiviER... os, sans doute un Hercule terrassant un serpent.
Ces bas-reliefs, bien que grossièrement sculptés, sont mieux dessinés que les œuvres purement gauloises, ainsi que le lecteur pourra s'en convaincre en jetant les yeux sur un bas-reliefs d'Entremont (fig. 122).
Nous donnons comme de l'époque gallo-romaine les mosaïques représentées par nos figures 123 à 131. Cette dernière formait pour ainsi dire le seuil d'entrée de la
mSTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.
Nos figures J32 et 133 montrent le plan et la coupe d'un hypocauste très ancien découvert à Paris dans l'ancienne me
s. 133. — Plan d'gn li.
de Constantine, aujourd'hui avenue de Lutèce; on croit que cet] hypocauste remonte au premiersièclederère chrétienne.
Fie. 133. — Coupe d'an h^jucuoste gallo- romain.
Enfin notre figure 134 fait voir un guerrier gaulois revêtu d'une manière différente que ceux représentés précédemment (fig. 7 et 8). Ce mannequin du musée d'artillerie a été babillé d'après une restitution faite sur les débris du Gaulois trouvé dans la forêt d'HaIlstRtt(Âulriche). sa main droite, il porte une épée, tandis que sa gauche tient une lance, que nous n'avons pas donnée dans toute sa longueur, pour ne pas trop réduire notre figure.
Ce guerrier est armé de pied en cap; on voit surtout de nombreux objets suspendus autour de sa cuirrasse-ceinture ;
Fio, J34. — Gtmrifr giuloli (nalituiion).
son casque est bien du même type que celui porlé le plus usuellement par les Gaulois.