‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 59 sur 190 · César, Bell. GalL^ I, x · texte numérisé non relu

César, Bell. GalL^ I, x

Gaule. César, qui nous rapporte ce fait, commet encore une erreur volontaire. Les Belges et les Aquitains n'avaient point sans doute de représentants à ces grandes assises dont nous ne savons trop pourquoi les décisions furent secrètes, excepté pour César. Nous serions assez disposés à croire, comme Tout dit plusieurs auteurs, que les Gaulois voyaient en César un libérateur. Ils pensaient qu'à l'abri de sa gloire militaire ils pourraient réaliser cette unité nationale qui leur était si chère.

César, nous venons de le dire, prétend que de toute la Gaule il vint des députés pour prendre part aux délibérations de la grande assemblée. Nous savons que les Aquitains et les Belges durent très certainement se tenir à l'écart. Il en fut de même des Arvernes. Sous la pression du peuple, Gobanition dut s'allier avec les Séquanes, qui levèrent des troupes chez les Suèves. Cette ligue eut lieu pour résister aux Eduens, que l'amitié de Rome rendait trop puissants. La victoire appartint aux Séquanes, mais les mercenaires germains auxquels ils la durent refusèrent de retourner dans leur pays. Les Eduens vaincus appelèrent César à leur aide.

Ariowist, le chef des Germains, pendant le consulat de César avait été honoré du titre de roi et d'ami du peuple romain. Nous ne pouvons nous empêcher de songer que sans doute avant les événements dont nous présentons le récit très succinct. César avait eu quelque idée de s'appuyer sur les barbares d'outre-Rhin. Peut-être bien avait-il songé à se partager les Gaules avec Ariowist, quitte à le déposséder plus tard delà part qui lui serait échue. C'était assez dans les habitudes de César, qui passa sa vie dans les intrigues et dans les complots de toute sorte. Il ne reculait du reste devant aucun expédient. Suétone ne nous apprend-il pas que pendant les premières années de sa carrière politique, il s'allia un instant avec les Ambrons afin de s'emparer à Rome du pouvoir suprême.

Quand il fut en possession du gouvernement de trois grandes provinces dont deux lui donnaient chaque Jour la possibilité de s'immiscer dans les affaires de la Gaule, il renonça à se servir d'Ariowist.

Les terres des Ëduens, ces autres amis de la République, étant envahies par les Germains, César opte en faveur de rallié dont il peut le plus attendre, et somme le roi barbare de repasser le Rhin avec ses hordes. Dans une sanglante bataille, Âriowist fut vaincu. Avec lui disparut la domination des Germains sur une partie assez notable des Gaules.

La majorité de nos ancêtres crut voir encore dans ce service rendu une preuve de Tamitié de Rome pour leur patrie. Yercingétorixneprit aucune part à ces premiers événements. Replié sur lui-même, il étudiait à la fois les moyens de recommencer la lutte, et de désiller les yeux de ses compatriotes. Aussi ne se laissa- t-il point entraîner par Tenthousiasme général. 11 put aisément démontrer à ceux des chefs avec lesquels il était en relations que César ne recherchait avec tant d'empressement toutes les occasions de servir les Gaules, que pour se former un gi*and parti. Le proconsul ne voulait pas agir d'une manière détournée, comme les Romains avaient toujours fait avant lui. Il voulait être amené à frapper quelque coup décisif.

Notre héros dut aussi les mettre en garde contre ces alliances avec l'étranger. La Gaule n'avait aucun secours possible à attendre de la Germanie ; elle avait tout à craindre d'elle au contraire.

Les enseignements devaient se multiplier. Les deux guerres dont nous venons de résumer succinctement les résultats pouvaient faire illusion. De plus. César et ses légions s'étaient couronnés d'une^loire incontestable. Jamais la Victoire n'avait hésité dans aucune bataille; elle avait toujours été du côté des Aigles. On conçoit donc que le découragement ait pu quelquefois pénétrer dans l'âme de Yercingétorix. Avec Dion Cassius ^ nous admettons que, durant cette période, il put avoir des hésitations, mal jugées ensuite <( par les Arvernes du parti romain toujours envieux, et par les partisans extrêmes de la cause nationale comme Critognat *. »

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