‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 63 sur 190 · Bell. GalL, VII, i · texte numérisé non relu

Bell. GalL, VII, i

contrées voisines par des cris qui se transmettent de proche en proche *. »

A propos de cette coutume nous ne pouvons nous empêcher de songer qu'il existe en Bretagne un usage qui la rappelle. Les pâtres qui veulent savoir si leurs camarades sont sur la lande s'écrient : € Hollalka ! HoUafka ! » Ces syllabesqui n'ont aucun sens et dont le seul mérite, pensonsnous, réside dans leur sonorité, s'entendent de fort loin. Les enfants qui les perçoivent répondent en criant de la même façon : Me ia ! ce qui mot à mot signifie : Moi aussi, ou pour parler d'une façon plus intelligible : Je suis là. Une conversation à grande portée s'établit alors à travers l'espace.

César nous dit que grâce à cette télégraphie la prise de Cenabum qui avait eu lieu au lever du soleil fut connue des Arvernes avant la fin du jour. La distance qui sépare cette première ville de Gergovie est de cinquante-cinq lieues.

Yercingétorix n'attendait que ce signal. Il se mit à la tête du clan de son père et marcha sur Gergovie. Dans le texte latin, on lit le mot : clientes. Étant données les habitudes gauloises, nous avons cru devoir le traduire par clan. Gobanition et les principaux Arvernes courent aux armes, Yercingétorix, qui avait pénétré dans la ville, est chassé.

Les légions ne pouvaient se risquer hors des murs de leurs cantonnements pour tâcher d'étoufifer le soulèvement alors qu'il ne faisait que de commencer. Elles étaient de plus sans chef, et l'hiver rendait presque impossible de le prévenir rapidement. C'est beaucoup sans doute à cause de cela que Yercingétorix ne fut point rebuté par son échec. « Il parcourut la campagne, enrôlant une troupe d'hommes perdus et de vagabonds. » C'est par ces termes méprisants que César désigne les premiers compagnons de notre héros national. Nos lecteurs savent trop bien déjà quel homme était le proconsul pour prendre à la lettre ses assertions. Quand il écrivit ses CommentaireSy César était encore sous l'impression de la colère que lui fit éprouver la grande révolte des Gaules. Même quand il eut vaincu Yercingétorix,

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