‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 79 sur 190 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Reddition de Noviodunum. — Combat de cavalerie. — Discours de Ver cingétorix. — Ce qu'il faut entendre par le mot Œdificium, — Les urines et les Oppida. — Lezoux, Tancienne Liusannum, ville industrielie. — César vient mettre le siège devant Avaricum. — Siège de cette ville; sa position. — Travaux des Romains. — Murailles gauloises. — Attaque du camp de Vercingétorix par César. — Le proconsul bât en retraite. — Discours de Vercingétorix, — Sortie désespérée des assiégés. — Ils projettent d'abandonner la ville. — Prise d'Avaricum par surprise. — Massacre des habitants.

Le sac de Cénabum nous montre «bien quel caractère César entendait donner à la campagne qui commençait à peine. Ilvoulaitque la guerre fût une guerre d'extermination. Il voulait par sa conduite frapper les Gaulois de stupeur; il voulait en un mot par les cris des femmes et des enfants égorgés ou emmenés en esclavage^ ébranler le courage de ceux des guerriers qui hésitaient encore et les détourner de la lutte par la crainte de voir leurs familles frappées de pareils maux.

Nous montrerons bientôt quelle conduite Vercingétorix dut tenir pour répondre à celle de son implacable et cruel adversaire.

César, tous les historiens nous rapprennent, avait pour qualité militaire dominante, la détermination. Une s'attarda point à Cénabum, mais il franchit promptement la Loire, impatient de courir au secours de Gorgobina. Dès que le Pen-Tierneut appris la nouvelle de la prise du grand emporium carnute et de la marche en avant du proconsul, il leva le siège de la place qu'il pressait de tous les côtés pour se porter à sa rencontre.

Il ne faut pas être très surpris de la résistance que firent les Bolens. Ce peuple avait jadis émigré des Gaules lors des grandes expéditions qui entraînèrent si loin de notre pays les guerriers qui en faisaient partie. Après avoir traversé la forêt Hercynienne, les Boïens laissèrent les autres tribus leurs alliées poursuivre leur route, et s'établirent sur deux territoires auxquels ils donnèrent leur nom, qui s'est conservé jusqu'à nos jours presque sans altération. Nous voulons parler de la Boioaria et de la Bo'ioheiniy qui sont devenues la Bavière et la Bohême ^ Lors de l'invasion des Helvètes, les Boïens firent cause commune avec eux et pénétrèrent de nouveau dans les Gaules. Après les sanglants désastres que César fit subir à l'armée envahissante, les Eduens, en faveur de qui la guerre avait été entreprise, demandèrent au proconsul la permission, pour les Boïens, de se fixer sur leurs terres. Cet avantage leur fut aisément accordé, et bientôt, nous dit l'auteur des Commentaires, f ils partagèrent tous les privilèges et tous les droits des anciens habitants * ». . ^

On conçoit la reconnaissance des Boïens pour les Éduens. Sans ceux-ci, ils eussent dû retourner ruinés dans leur patrie. Le long séjour qu'ils avaient fait au milieu des tribus germaines avait dû modifier leur caractère. A ce contact, ils avaient appris à détester les Gaules. Si haut qu'on remonte dans l'histoire, on voit que toujours les peuplades d'outre- Bhin ont convoité les richesses des nations plus méridionales qu'elles.

Après avoir levé le siège de Gorgobina, Vercingétorix mit toute la diligence possible pour se porter au-devant de César. Il ne put cependant empêcher l'investissement de Noviodunum, que le proconsul se résolut à prendre. Au sujet de cette ville, nous nous garderons d'entrer dans l'examen de toutes les opinions qui ont été émises, lorsqu'on a voulu l'assimiler à quelque centre de population actuel.

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